
Politique
Après le discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès ce mardi 15 novembre, les acteurs politiques de la Majorité présidentielle (MP) et ceux de l’opposition ont réagi à ses propos.
Tryphon Kinkey Mulumba:"il y a un désir profond, une envie réelle de Kabila"
Tryphon Kinkey Mulumba, ministre des relations avec le parlement et membre de la MP, indique qu’il est satisfait non seulement par les applaudissements du discours mais aussi de son contenu. Il note avoir retenu que le chef de l’Etat respectera la constitution.
« Un discours sur l’état de la Nation aussi applaudi, cela montre qu’au moment où on critique le chef de l’Etat, au moment où il y a cet interventionnisme étranger, il y a un désir profond, une envie réelle de Kabila. C’est le message fort qui est envoyé aujourd’hui », affirme Tryphon Kinkey.
Jean-Lucien Busa :"le président a pris l’engagement d’appliquer l’accord politique"
Du côté des membres de l’opposition qui ont participé au dialogue, Jean-Lucien Busa fait remarquer que dans son discours, le président a pris l’engagement d’appliquer l’accord politique. Il estime que toutes les préoccupations liées à l’alternance politique ont été balayées par le discours de Joseph Kabila.
« Les questions qui préoccupaient les congolais étaient de deux ordres. La première est celle de savoir si l’accord politique va être appliqué. Aujourd’hui, dans le discours du président de la république, il est noté que l’accord reste le choix qui est fait pour baliser l’avenir. La deuxième chose est que le président a parlé de son avenir politique. Il dit très clairement que la démocratie congolaise doit être préservée et que tout va se passer conformément à la constitution de la RDC. Le président a indiqué que la constitution, c’est le seul socle sur lequel le pays va être géré », rapporte Jean-Lucien Busa, président du parti politique CDR.
Pius Muabilu:" il ne faut pas opter pour le chaos."
Pius Muabilu Mbayo soutient de tout cœur l’option levée par le Chef de l’Etat d’entamer l’application des dispositions de l’Accord Politique du dialogue national présidé par l’ancien Premier ministre Togolais, Edem Kodjo, du 1er septembre au 18 octobre 2016. "Nous devons faire de l'altruisme, servir notre peuple, faire de la RDC une nation radieuse, rayonnante, respectée, une nation avec un peuple fort, une nation unie qui vit et aspire au bonheur et à la prospérité, une Nation ouverte vers le monde", lâche-t-il là, un des slogans phares de son parti, le CNC. Le pays se trouve, à ses yeux, dans un tournant décisif. Mais, il estime qu’il ne faut pas opter pour le chaos. ‘’Il est aberrant de voir des fils et filles de la République démocratique du Congo aller se réunir à l’extérieur tant à Gorée qu’à Genval pour revenir avec des discours braqués qui exposent le Congo-Kinshasa, notre patrimoine commun", s’est exclamé le président du Congrès National Congolais. Les congolais doivent être éveillés, pour Pius Muabilu Mbayo.
Clément Kanku profondément déçu !
Pour Clément Kanku, ce langage ne permet pas un climat de confiance. "J’aurais souhaité un langage conciliant, car, ce qui est plus important c’est la stabilité", dit-il. Puisque, à part cette frange de l’opposition, il y a aussi une bonne partie de la population qui ne soutenait pas la démarche de la Cité de l’Union africaine.
Quant aux félicitations adressées à Matata Ponyo, Premier ministre sortant, pour les loyaux services rendus à la nation, il estime qu’il s’agit d’un satisfecit qui contraste avec le sentiment de désespoir de la population. Se fixant sur un seul aspect, le taux de chômage, il estime que celui de la RDC reste le plus élevé de l’Afrique. C’est pourquoi, il s’étonne que le Chef de l’Etat parle des perspectives d’il y a quinze ans à la tête du pays, alors que Matata laisse une situation pire qu’il y a cinq ans, avant son accession à la primature. "Est-ce que la population est satisfaite de sa mission’’, a-t-il recommandé à l’ex Premier ministre de demander au peuple. Pour lui, il fallait plutôt tenir compte du social pour comprendre comment ce bilan est largement négatif. Car, il suffit de lire entre les lignes de la dépréciation de la monnaie nationale, entrainant l’augmentation du prix des produits de première nécessité. "Le Chef de l’Etat n’aurait pas congratulé Matata, parce que la population croupit dans la misère la plus noir’’, lâche-t-il.
Balayant d’un revers de la main le bilan sur la situation sécuritaire du pays, il indique que différents groupes rebelles continuent à sévir dans la partie Orientale créant ainsi des zones d’instabilité. Quant à la réforme de la justice à laquelle le Chef de l’Etat s’est vanté dans son discours, cela ne représente rien, par rapport à l’état actuel de ce secteur. Puisque, aux yeux de Clément Kanku, c’est un facteur de déstabilisation de la société congolaise.
Déception de l’Alliance pour la République
Pour sa part, l’Opposition qui n’a pas participé au dialogue estime que le président Kabila est resté superficiel et n’a pas abordé les questions fondamentales. Le président de la plateforme l’Alliance pour la république (AR) Delly Sessanga, note que le respect de la constitution reste menacée dans le fond. Il plaide pour la mise en place d’un consensus politique beaucoup plus large sur la gestion du pays après le 19 décembre.
« J’ai suivi un président qui faisait son propre bilan et qui était content de celui-ci. Nous n’en avons pas la même perception. A trente jours de la fin du mandat du président de la République, nous l’attendions plutôt sur le terrain de la suite des évènements en ce qui concerne les élections à venir. Et rien de précis n’a été énoncé. Par rapport au compromis politique qu’il faut trouver, il reconnait lui-même que leur accord reste perfectible. Tout n’a pas été fait pour que les fils de ce pays s’entendent et que la paix soit préservée. Nous pensons que la voie d’un dialogue véritablement inclusif est la seule voie qui s’offre comme solution à la paix et à la stabilité de ce pays », recommande Delly Sessanga.
Le leader du Rassemblement
Etienne Tshisekedi, chef de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), a réagi mardi tard dans la soirée au discours prononcé plus tôt par le président Kabila indiquant que son sort était réglé de manière satisfaisante par la Constitution.
L’opposant historique qui est à la tête de la plateforme qui a boycotté le dialogue politique estime, dans un communiqué, que le discours de M. Kabila au « ton agressif », « n’apaise pas les esprits et ne favorise pas la recherche du consensus pour une sortie pacifique de la crise ».
« En d’autres termes à l’expiration de son second et dernier mandat, M. Kabila ne violera pas l’article 220 de la Constitution en ce qui concerne le nombre et la durée du mandat présidentiel », met en garde M. Tshisekedi dans ce communiqué signé de sa main.
Franck Diongo:"nous le tenons à l’œil"
« Lorsqu’il ne dit pas explicitement qu’il quitte le pouvoir le 19 décembre, nous le tenons à l’œil parce que l’explication est qu’il voudrait... nous opposer les arrêts de la Cour constitutionnelle. Voilà pourquoi nous avons relevé l’article 220 qui parle de la durée et du nombre de mandats du président de la République que nous lui demandons de ne pas violer », explique, pour sa part, Franck Diongo, un des sages du Rassemblement
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