
Société
Tout le monde en parle. C’est un secret de polichinelle. Bon nombre de personnes qui sont passées par l’université vous diront qu’elles ont, d’une manière ou d’une autre, entendu parler de la pratique des points sexuellement transmissibles. Des filles sont souvent tombées victimes de cette réalité académique qui consiste à donner les meilleures notes à une étudiante en contrepartie d’ébats sexuels. Ce sujet, qui fait couler encres et salives, a été au cœur de l’entretien avec Henry KOKOLO, Professeur à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication, IFASIC.
Confirmez-vous que la pratique des points sexuellement transmissibles est-elle devenue une réalité dans nos universités ?
HENRY KOKOLO : Là, ce serait une accusation, mais je sais que les déperditions qui sont entrées dans les domaines de l’enseignement ont créé les comportements nouveaux. Certains enseignants font des enseignements un fonds de commerce, c’est-à-dire, ils veulent se faire de l’argent par les sciences qu’ils mettent à la disposition des étudiants. Ces genres de choses perturbent l’enseignement. Le gouvernement a fait des efforts pour améliorer la condition des enseignants.
L’augmentation salariale a sensiblement réduit ces genres des pratiques. Mais, il est important de souligner que le travail d’enseignant n’est pas quelque chose qu’on t’impose. C’est tout d’abord une vocation. Il faut aimer le travail que tu fais, parce qu’il ya un grand plaisir de voir les gens que tu formes évoluer. On est soi-même fière du travail qu’on a fait. Ma satisfaction n’est pas que matérielle. Elle est, tout d’abord, morale. J’ai totalisé 34 ans à l’IFASIC où j’avais commencé à enseigner très jeune alors que je n’avais même pas 30 ans. D’abord retenu assistant, puis Chef des Travaux (CT) et, enfin, Professeur. C’est-à-dire, toute ma jeunesse, je l’ai passée ici dans le milieu universitaire. J’ai une perception de l’enseignement que d’autres ne peuvent pas avoir.
Connaissez-vous quelques enseignants qui font cette pratique ?
HK: Je ne prends pas partie de certaines personnes. Nous savons, nous les voyons quand quelqu’un se met dans cette pratique-là. S’il est plus jeune que nous, on l’appelle, on le conseille. Nous sommes devenus aujourd’hui ce que nous sommes, c’est grâce aux conseils des aînées. Beaucoup pense que je venais dans l’enseignement pour m’amuser. Les filles, je les ai connues quand j’étais étudiant et élève. Une précision, moi j’étais musicien, j’ai fait la musique professionnelle, pose la question à Suzy Kaseya. Car, j’ai joué dans son orchestre. Mais, il y a des gens qui découvrent tout en retard.
Qu’est-ce qui peut pousser un professeur ou un assistant à des telles pratiques ?
HK : C’est à la foi un problème comportementale et sociale. En plus de mes sœurs, ma mère a enseigné au lycée. Donc, les filles venaient chez nous. Moi, je ne vois pas la différence entre une étudiante et un étudiant. Quand ils sont devant moi, je les vois tous comme des apprenants. Avec mes 34 ans passés dans l’enseignement, j’ai vu comment l’IFASIC a évolué. Par exemple, quand je fus étudiant, dans nos auditoires on avait dix garçons et une fille. Les choses se sont inversées des années après.
Est-ce que l’amélioration de la situation sociale de l’enseignant peut-elle influencer son comportement dans le rapport sexe-note ?
HK : Les conditions se sont sévèrement améliorées. Aujourd’hui, les professeurs ont la possibilité grâce aux crédits de banques, de s’octroyer des voitures. Chose impossible il y a quelques années ! Ces éléments qui ont changé la vie économique et sociale des professeurs devraient en conséquence changer leurs comportements. Evidemment, nombreux dans le monde universitaire ont amené leurs habitudes de la cité pour polluer ce milieu réputé être un cadre d’apprentissage et d’excellence.
Y a-t-il une structure qui gère les débordements comportementaux des certains professeurs ?
HK : Dans nos rencontres entre corps enseignants, nous parlons souvent de la nécessité d’avoir une structure qui puisse gérer le côté moral. On ne peut pas être enseignement lorsqu’on a une moralité douteuse. L’université est un milieu d’excellence, nous devrons toujours prêcher par l’excellence. Alors si nous commençons à descendre si bas, nous sommes en train de perdre nos efforts pour rien. N’en déduisez pas que les enseignants sont des surhommes. De la même manière que dans la cité, dans la vie, certains dérivent, il y a des gens qui sont réputés d’avoir une addiction par exemple pour la boisson, le sexe et ce n’est pas l’université qui va leur dire de ne pas se comporter comme cela.
Quel est le sort d’un professeur surpris en pleine pratique avec une étudiante au niveau de l’IFASIC?
HK : Il y a des sanctions. Aucun monde ne peut être comme un monde libre. Le milieu universitaire est hyper régulé. Tout est bien structuré. Même lorsqu’un un étudiant ne s’est pas présenté à un examen et puis nous avons un vade-mecum, malheureusement beaucoup des gens ne le lisent pas. Si vous le lisez, vous verrez qu’il y a beaucoup d’éléments sur le comportement à tenir.
Est-il déjà arrivé qu’une étudiante, victime de cette pratique parvienne à dénoncer son bourreau à l’IFASIC?
HK : Un autre élément. Parfois ce sont elles, les filles, qui sont des provocatrices de par leur façon d’être. Je ne suis pas misogyne. Maintenant, comme je dis c’est un problème comportemental d’un chacun, d’éducation et de conditionnement. Comme on dit : « chasser le naturel, il revient au galop». Il y a une expression qui dit chez nous : «eboka oyo batutela pilipili ata basukoli yango, mukolo mususu bakotutela yango kaka : ndlr (le mortier qu’on utilise pour piler les piments, même si on le lave, il sera encore utilisé un autre jour. Dans ce milieu, si on vient faire l’excellence, on peut le faire. Il arrive que l’on dérive parce qu’on est humain. Peut- être que moi aussi j’ai d’autres dérives, mais il y a des gens qui en ont fait une pratique de tous les jours et ça devient très dangereux et c’est ça que nous déplorons.
Quel remède proposez-vous pour y mettre fin ?
HK : Le Professeur doit se mettre en tête qu’il a choisi un métier, une profession qui lui demande d’aller vers l’excellence. Donc, il faut que tout le monde se mette en tête que le travail que nous faisons, demande à ce que nous allions vers l’excellence. Que nous ne soyons pas les gens qui sommes tirés vers le bas pour aller vers l’excellence. Il y a la moralité, il y a beaucoup de choses, c’est vrai qu’on dit science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Nous ne sommes pas là pour ruiner les âmes.
Avez-vous un conseil à prodiguer aux étudiantes provocatrices et aux victimes de cette pratique ?
HK : Qu’elles se consacrent à la chose qu’elles sont venues chercher à l’Université. Elles ne doivent pas croire qu’à l’université, c’est leur beauté qui compte. Il n’y a pas de place pour celles qui réfléchissent de cette façon. Nous encourageons les filles qui travaillent dure et certaines parmi elles sont très intelligentes que les garçons. Elles ne doivent pas exploiter leurs corps comme monnaie d’échange pour la réussite académique. Un proverbe de chez moi dit : «mikamiambua, qui veut dire : « on traite tout le monde de la même manière». Les critères d’appréciations de mes étudiants ne sont pas partiaux. Celles qui pensent être victimes doivent dénoncer.
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