
Monde
Au Venezuela, la rue ne décolère pas après la tentative du Tribunal suprême de justice de s’arroger les pouvoirs de l’Assemblée nationale et l’inéligibilité pour quinze ans prononcée à l’encontre de l’opposant Henrique Capriles. Ce samedi, des milliers de manifestants se sont donc rassemblés dans le quartier de Chacao. Avant de tenter d'accéder au centre de la capitale. En vain. Gaz lacrymogènes, poubelles brûlées... les heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont été rudes.
Drapeau vénézuélien sur les épaules, Carlos Pinerora n'a manqué aucune des trois manifestations de cette semaine. Pour lui, la seule solution pour sortir de la crise, ce sont des élections : « Nous sommes fatigués, on en a marre : ce gouvernement ne respecte pas la Constitution, lance-t-il. Nous nous battons pour obtenir une élection. Bien sûr, nous demandons la destitution de toutes ces personnes qui nous empêchent d'avoir un scrutin, comme les membres du Conseil national électoral notamment. Pour moi, des élections maintenant, cela nous permettra d'en finir en paix avec ce gouvernement. »
Avec son tee-shirt « Henrique Capriles président » en souvenir de la campagne de 2013, cet autre manifestant dénonce la décision rendue contre l'ex-candidat de l'opposition déclaré inéligible pour quinze ans : « une mesure illégale », selon cet employé de magasin.
« Une décision politique »
« C'est une décision politique : Henrique Capriles, c'est le candidat possible de l'opposition pour une prochaine présidentielle, donc en le rendant inéligible, ils veulent le sortir du jeu pour qu'il ne reste plus que des candidats chavistes mais ça, on ne le permettra pas ! Cela montre que le gouvernement a peur. Il n'a pas de limites, et demain, il fera de même contre tout maire d'opposition car ce sont eux qui disent la vérité au peuple vénézuélien. »
Henrique Capriles, justement, a signalé que son siège de campagne avait été « attaqué à coups de bombes lacrymogènes ». Une partie du bâtiment a été incendié sans faire de victimes.
De son côté, le ministre de l'intérieur a accusé l'opposition « d'avoir une fois de plus imposé son agenda de violence » : les autorités ont tout particulièrement condamné l'attaque contre le siège de la magistrature dans le quartier de Chacao.
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