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Kamuena Nsapu, un nom à la consonance plutôt poétique jusque-là pas très connu du grand public international, mais qui est devenu, hélas, en l'espace de neuf longs mois de crise synonyme d'horreur.
En effet, tout est parti de la révolte de l'ancien chef de cette communauté contre les autorités qui refusaient de le légitimer, amenant le pouvoir central de Kinshasa à le liquider, lui et bon nombre de ses proches, et à raser complètement son palais.

Le chef défunt Kamwena Nsapu
Depuis, la zone est traversée par des violences perlées et marquée par la découverte de fausses communes dans le Kasaï-central, la mort de deux experts de l'ONU venus enquêter sur la situation, sans oublier l'attaque contre des édifices publics et des lieux de culte catholiques.
C'était la crise dans la crise, même si elle avait fini par être occultée par le blocage politico-institutionnel à Kinshasa qui occupait tous les esprits et mobilisait toutes les énergies. On n'en est d'ailleurs toujours pas sorti malgré la nomination d'un nouveau Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenze.
A l'évidence, il faudra sans doute plus que ça pour rabibocher pouvoir et opposition, incapables de s'entendre sur un modus vivendi pour épargner le pays du chaos.
Nomination du nouveau chef Kamuena Nsapu

Le successeur de Kamwena Nsapu s'appelle Jacques Kabeya Ntumba, une satisfaction pour Emmanuel Shadari
Ces derniers jours, c'est plutôt de l'intérieur du pays qu'est venue une bouffée d'oxygène avec la nomination du nouveau chef Kamuena Nsapu, qui était attendu hier à Kananga.
Si l'accord de la Saint-Sylvestre est resté lettre morte, obligeant les évêques à se dépêtrer de ce bourbier où ils menaçaient eux-mêmes de s'engluer, le miracle de la Résurrection se sera au moins opéré dans ce patelin situé au centre de la République démocratique du Congo.
Comme si elle avait été inspirée par la grâce du Triduum et de la fête de Pâques, la famille régnante avait en effet désigné Jacques Kabeya wa Ntumba comme nouveau chef coutumier Kamuena Nsapu.
Avec lui se tourne, il faut l'espérer, la page sombre de neuf mois durant lesquels au moins 500 personnes ont été tuées et 600 000 autres déplacées.
C'est l'occasion donc d'un nouveau départ pour toute la communauté qui a été amorcé en réalité depuis plusieurs semaines avec la remise à sa famille de la dépouille de l'ancien chef, permettant ainsi à celle-ci d'organiser ses obsèques avant de lui trouver un successeur.
Jacques Kabeya wa Ntumba sait maintenant ce qu'il lui reste à faire. Au regard des circonstances dans lesquelles il accède au trône, posé sur 500 cadavres, il n'a sans doute pas d'autre choix que de jouer la carte de l'apaisement.
Si l'on s'en tient d'ailleurs aux déclarations de son frère, la crise n'a plus de raison d'être : « On ne peut pas rester dans cette guerre qui ne profite à personne. Parce que notre guerre avait un objectif, que l'on reconnaisse le pouvoir de Kamuena Nsapu.
Parce que Kamuena Nsapu, ce n'est pas n'importe qui. Nous avons donné notre cahier des charges. L'Etat est en train de l'exécuter. Donc pour nous, c'est la fin du conflit. »
Etant donné que la paix a un prix qu'il faut payer, les anciens miliciens Kamuena Nsapu qui auront rendu les armes pourraient intégrer la police ou l'armée si tel est leur souhait. Une éventualité que le vice-Premier ministre, Emmanuel Ramazani Shadari, n'exclut pas.
Mais s'il tend la carotte, celui qui est aussi ministre de l'Intérieur menace également de manier le bâton, si besoin, contre ceux qui poursuivraient les violences. « Ils seront traités comme des terroristes », a-t-il prévenu. A bon milicien donc, salut...
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