
Monde
Le président des États-Unis Donald Trump a limogé mardi le patron de la police fédérale FBI James Comey, l'homme qui dirigeait l'enquête sur les liens éventuels entre son équipe de campagne et la Russie, provoquant une onde de choc à Washington où des élus ont évoqué le spectre du Watergate. Le directeur du FBI avait été accusé de partialité dans la campagne présidentielle.
James Comey avait informé le Congrès de la découverte de nouveaux éléments dans l'affaire des e-mails d'Hillary Clinton, au risque d'influencer les électeurs. Personnage charismatique au style toujours impeccable, James Comey avait été nommé pour 10 ans en juillet 2013. Le Sénat avait confirmé ce choix de manière écrasante, avec 93 voix pour et une contre.
La recherche d'un nouveau directeur du FBI débute « immédiatement », a précisé la Maison-Blanche. « Le FBI est l'une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd'hui marquera un nouveau départ pour l'agence-phare de notre appareil judiciaire », a indiqué Trump dans un communiqué.
Le FBI enquête actuellement sur une éventuelle « coordination » entre des proches de Donald Trump et des responsables russes pendant la campagne américaine, Comey a estimé que la Russie représentait « la plus grande menace d'un pays sur terre, étant donné ses intentions et ses capacités ».
Il a été viré ? Vous plaisantez

Cette décision du locataire de la Maison-Blanche a provoqué mardi une onde de choc à Washington. Ce limogeage surprise, avec un seul précédent dans l'histoire du FBI, intervient alors que Donald Trump recevra mercredi à la Maison-Blanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui ne devait initialement que rencontrer son homologue américain Rex Tillerson au sujet du conflit en Syrie.
Il s'agit d' « une affaire interne » américaine, a réagi mercredi le Kremlin, disant « espérer que cela n'aura pas d'impact » sur les relations entre les deux pays.
Interrogé pour savoir si cette affaire pesait sur leurs entretiens, Sergueï Lavrov, souvent ironique devant la presse, a demandé : « Il a été viré ? Vous plaisantez, vous plaisantez. »
La porte-parole de la Maison Blanche a quant a elle déclaré que l’éviction n’avait rien à voir avec la Russie et était due aux « atrocités » et aux « faux pas et erreurs » du directeur lors de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton l’an dernier.
« Il [Trump] envisageait de congédier le directeur Comey depuis le jour où il est entré en fonction », a déclaré Sarah Huckabee Sanders. « Le président ne lui faisait plus confiance depuis des mois », a-t-elle dit.
Mercredi matin, Donald Trump a justifié ainsi sa décision : « Il ne faisait pas du bon travail, c’est très simple ».
Motif invoqué : les e-mails de Hillary Clinton

Dans un courrier à James Comey publié par l'exécutif, Donald Trump lui signifie qu'il met fin à ses fonctions « avec effet immédiat ». « Si j'ai apprécié que vous m'ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l'objet d'une enquête, je suis cependant d'accord avec l'analyse du ministère de la Justice selon laquelle vous n'êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », ajoute-t-il.
Ironie de l'histoire : la raison officiellement avancée par l'administration Trump pour ce limogeage est la façon dont James Comey, 56 ans, a géré le dossier des e-mails de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton. Donald Trump accuse en substance James Comey d'avoir mal traité cette dernière en dévoilant à la presse de nombreux détails de l'enquête.... Détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.
WikiLeaks pointé du doigt
La semaine dernière, James Comey a préféré pointer du doigt le site WikiLeaks, devenu le « relais » de la Russie, accusée par les agences américaines de renseignements d'ingérence dans cette campagne et représentant « la plus grave menace » pour les États-Unis, selon lui. Comey a expliqué mercredi lors d'une audition au Sénat qu'il s'est alors trouvé face à dilemme : soit dissimuler cette découverte jusqu'après l'élection du 8 novembre, soit en informer les parlementaires. « Parler n'était vraiment pas bien. Il y avait une élection dans 11 jours », a-t-il rappelé. Mais « la dissimulation aurait été catastrophique », selon lui.
« L'idée que nous avons pu avoir un impact sur l'élection me rend assez malade, mais honnêtement cela n'aurait pas changé la décision », a fait valoir le chef du FBI. Le 28 octobre, James Comey avait annoncé au Congrès que ses enquêteurs avaient trouvé de nouveaux messages d'Hillary Clinton justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent. Ce n'est que deux jours avant le scrutin que James Comey annoncera n'avoir finalement rien trouvé justifiant une inculpation.
« Je prendrais la même décision »

James Comey lors des audiences de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants. (© Reuters/Joshua Roberts)
Mardi, l'ancienne candidate démocrate Hillary Clinton a accusé le directeur du FBI, le président russe Vladimir Poutine et WikiLeaks de lui avoir volé une victoire quasi acquise. « Si l'élection avait eu lieu le 27 octobre, je serais votre présidente », a-t-elle dit. James Comey a défendu sa décision mercredi. « J'ai, pendant toute ma carrière, suivi la tradition selon laquelle, si vous pouvez éviter toute action lors d'une campagne électorale qui pourrait avoir un impact [sur le scrutin, NDLR], vous l'évitez. »
Mais « même avec le recul [...], je prendrais la même décision », a-t-il conclu. Comey s'en est pris cependant avec virulence au site WikiLeaks, accusé par les services américains d'avoir diffusé pendant la campagne des e-mails du Parti démocrate piratés par la Russie, qui ont contribué à discréditer la démocrate. Les agences américaines de renseignements comme le FBI ont dénoncé début octobre « l'ingérence » de la Russie dans la présidentielle, par des piratages et une campagne de désinformation. Ce que Moscou a toujours nié.
Des réactions virulentes
Ce limogeage-surprise, et avec un seul précédent dans la longue histoire du FBI, a fait l'effet d'une bombe au Congrès, une réaction, semble-t-il, sous-estimée par la Maison-Blanche. « Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur », a déclaré le chef de file de l'opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer. Lors d'une conférence de presse au Capitole, il a appelé à la nomination d'un magistrat indépendant pour prendre en main l'enquête russe, actuellement menée par le FBI, jugeant que les Américains étaient en droit de soupçonner que ce limogeage était une tentative d'« étouffer » l'affaire.
Le limogeage « montre à quel point l'administration craint l'enquête sur la Russie », a jugé Tim Kaine, ex-colistier d'Hillary Clinton, y voyant la tendance croissante de l'administration à « cacher la vérité ». Le sénateur démocrate Patrick Leahy a trouvé « absurde » la justification selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité.
« Ce n'est rien de moins que nixonien », a-t-il tonné, dans une allusion à la décision de Richard Nixon de remercier en 1973 le magistrat indépendant Archibald Cox qui enquêtait sur le scandale du Watergate qui allait entraîner sa chute. « Le président a révoqué le patron du FBI au milieu d'une des enquêtes de sécurité nationale les plus critiques dans l'histoire de notre pays, celle qui implique de hauts fonctionnaires dans la campagne et l'administration Trump. »
Troubles chez les républicains
Plus inquiétant pour le locataire de la Maison-Blanche, le malaise se répand également chez les républicains. Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat américain, Richard Burr, s'est déclaré « troublé » par le timing et les raisons avancées pour ce spectaculaire limogeage. Élu du Congrès et fidèle républicain, Justin Amash a qualifié la lettre présidentielle de « bizarre » et a annoncé qu'il voulait « créer une commission indépendante sur la Russie ». Ancien vice-ministre de la Justice, James Comey a longtemps été encarté chez les républicains, mais il avait été nommé par l'ancien président démocrate Barack Obama (2009-2017) à son poste actuel.
Fin mars, lors d'une rare audition publique devant le Congrès, il avait infligé un double revers à Donald Trump. Il avait, d'une part, confirmé le lancement fin juillet 2016 d'investigations sur une éventuelle « coordination » entre des membres de son équipe de campagne et le gouvernement russe. L'affaire est régulièrement reléguée au rang des « fake news » (« fausses informations ») par le président américain, qui nie toute collusion avec Moscou contre Hillary Clinton. James Comey avait, par ailleurs, battu en brèche l'idée que Barack Obama aurait placé sur écoutes la Trump Tower, rumeur lancée par Donald Trump lui-même sur Twitter deux semaines plus tôt.
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