
Société
Faut-il s’attendre à une importante purge dans les services de sécurité après que des hommes en armes ont attaqué la maison de Vital Kamerhe et le Palais de la Nation.
Aux vues des évènements, nous ne pourrons que répondre par l’affirmative.
En effet, Ce dimanche 19 mai, selon plusieurs témoignages, l’opération a débuté dans le quartier de Binza Pigeon, sur les hauteurs de Kinshasa, vers 2 heures 30 du matin des assaillants sont composés d’un groupe d’une vingtaine d’hommes armés, en tenue militaire, arborant le drapeau du Zaïre, l’ancien nom de la République démocratique du Congo (RDC). en passant par les quartiers de Delvaux et Kitambo Magasin puis ils ont fait irruption sur les réseaux sociaux en fin de nuit, paradant dans les couloirs vides du Palais de la Nation de Kinshasa, la résidence de travail du président de la République. Sur les réseaux sociaux, le groupe fustige le pouvoir, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, indique qu’il vient de la diaspora et affirme vouloir « changer des choses dans la gestion de la République ».
Le président de la République ne loge pas dans ce Palais de la Nation, ce qui interroge sur les objectifs des assaillants qui se sont emparés de l’endroit où ils ont pu descendre les couleurs congolaises pour faire flotter le drapeau zaïrois, sans jamais mettre en danger le pouvoir en place en RDC.
La petite cinquantaine d’hommes n’avaient pas vraiment ciblé des sites stratégiques comme la télévision nationale (RTNC), l’aéroport, ou les camps militaires de la capitale, mais plutôt des symboles du pouvoir comme la résidence de Vital Kamerhe ou le Palais de la Nation. Sans doute, espéraient-ils rallier d’autres militaires frustrés par leurs conditions de vie ? Visiblement, l’attaque ne semblait pas coordonnée avec d’autres éléments armés qui aurait pu amplifier l’occupation du Palais de la Nation. Le groupe de putschistes n’a pas vraiment mis toutes les chances de son côté pour atteindre ses objectifs.
Le leader du mouvement, Christian Malanga, abattu en fin de matinée après sa débâcle, il était à la tête d’un parti politique baptisé New Zaïre, présenté aussi comme un ancien militaire, il était déterminé à en finir avec le pouvoir en place et à relancer le Zaïre. Son aventure n’aura duré qu’une poignée d’heures. En fin de matinée, la photo de son corps gisant dans l’herbe a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. La quarantaine d’hommes qui l’accompagnaient a été faite prisonniers, la plupart ayant tenté de se cacher dans les hautes herbes et la boue du fleuve Congo. Parmi les assaillants, deux Américains, un Britannique, le propre fils de Christian Malanga, des Congolais issus de la diaspora et des Congolais de plusieurs régions de la RDC.
Cette attaque ne restera pas sans conséquences. Sécuritaires tout d’abord. Dans les services de renseignements, mais aussi dans l’armée.
Exécution sommaire et extrajudiciaire des partisans de Christian Malanga par la Garde républicaine.

Il sied de dénoncer les exécutions extrajudiciaires commises par les gardes républicaines, nous demandons à l’auditeur général des FARDC de procéder à l’arrestation des éléments de l’armée, auteurs de l’exécution sommaire et extrajudiciaire des partisans de Christian Malanga lors des attaques armées contre le Palais de la Nation et la résidence de Vital Kamerhe tôt le matin du dimanche 19 mai.
Deux jours après ces faits, des images apparaissent sur la toile. Un bateau sur le fleuve Congo. Des hommes de la garde républicaine, béret rouge sur la tête, arme au poing. Dans le bateau, les assaillants qui ont été arrêtés alors qu’ils tentaient vraisemblablement de se cacher. L’un d’eux est abattu à bout portant par un béret rouge. Un autre tente de fuir à la nage. Il est repéré, les cris fusent, les tirs éclatent, les balles crépitent. L’homme remonte deux fois à la surface avant de disparaître dans le fleuve. “Ces images sont terribles, explique l’avocat Alexis Deswaef, vice-président de la fédération internationale des droits de l’homme. “Ce sont des exécutions extrajudiciaires. En temps de guerre, cela relève du crime de guerre”.
Comment expliquer que ces images ont été filmées ? “C’est de la bêtise, explique le Bob Kabamba, politologue à l’université de Liège. Je suis convaincu que celui qui a filmé pense faire du bon boulot. Cela rappelle les images du massacre de Goma”. En effet, le 30 août 2023, à Goma, dans la province du Nord-Kivu placée en état de siège, la garde républicaine a mené une répression sanglante contre un mouvement politico-religieux qui préparait une manifestation contre les troupes onusiennes, tuant plus de 50 personnes.
En avril 2020, la garde républicaine a perpétré un autre massacre au Kongo central, à Songololo, tuant au moins 55 personnes, selon une enquête menée par l’ONG Human rights watch.
À chaque fois, la garde républicaine, à chaque fois de nombreuses victimes, à chaque fois, jusqu’ici, l’impunité pour ces assassins qui appartiennent à une troupe d’élite qui apparaît de plus en plus comme un escadron de la mort.
L’ONG Justicia Asbl indique avoir suivi, à travers les réseaux sociaux, une vidéo où “ visiblement les éléments des FARDC en tenue de la Garde républicaine, tirent sans sommation sur des personnes sans défense se trouvant dans le fleuve”, lors de ces événements.
Pour l’ONG, bien que ces attaques soient des faits infractionnels graves - lesquelles elle condamne -, “tous les présumés auteurs bénéficient de la présomption d’innocence”, et n’auraient pas dû être exécutés si sommairement.
L’attaque de ce dimanche révèle d’importantes failles sécuritaires, même si le pouvoir n’a pas vacillé. Comment sont-ils entrés dans le pays ? Comment les assaillants ont-ils pu se rendre aussi facilement au Palais de la Nation ? Les services de renseignements civils et militaires, ainsi que la direction générale des migrations (DGM) ont clairement montré des défaillances, dans des pays qui se respectent ; il y aurait déjà des démissions.
De son côté, l’opposition redoute un raidissement sécuritaire du pouvoir qui pourrait servir de prétexte pour multiplier les intimidations et les arrestations arbitraires d’opposants ou de membres de la société civile. L’attaque du Palais de la Nation tombe en effet en plein vide institutionnel, où 5 mois après la réélection de Félix Tshisekedi, le pays attend toujours l’installation de l’Assemblée nationale et la sortie du nouveau gouvernement.
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