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À Kikwit, dans la province du Kwilu, le discours du président de la République, Félix Tshisekedi, sur l’organisation d’un dialogue national continue de susciter de vives réactions. Si certains acteurs sociaux soutiennent cette initiative, de nombreuses voix plaident plutôt pour une réponse militaire face à l’insécurité persistante dans la partie est du pays.
Pour Alain Lawi, activiste des droits humains, le dialogue ne peut à lui seul ramener la paix. Il estime que le pays doit avant tout renforcer les capacités des Forces armées de la RDC (FARDC) afin de dissuader toute agression extérieure.
« Dialoguer est important, mais améliorer l’armée est indispensable pour que la RDC soit respectée et cesse d’être agressée », soutient-il.
Un avis partagé par Grégoire Nsangamputu, opérateur économique à Kikwit, qui rejette catégoriquement l’option du dialogue. Selon lui, cette approche a montré ses limites et ne fait que retarder une solution durable.
Il appelle les autorités à assumer une réponse militaire claire, allant jusqu’à proposer un renforcement des alliances stratégiques pour mettre fin aux conflits armés et au pillage des ressources du pays.
D’autres intervenants reconnaissent l’importance du dialogue, mais doutent de son efficacité si les groupes armés n’y prennent pas part. Pour Julienne Nsaka, femme leader à Kikwit, l’absence des rebelles armés au dialogue risquerait de prolonger la guerre. Elle appelle néanmoins à une grande vigilance face à leurs éventuelles revendications.
Dans ce contexte, le projet de dialogue national annoncé par le chef de l’État apparaît, pour une partie de l’opinion à Kikwit, comme insuffisant sans une action militaire forte et dissuasive, jugée essentielle pour restaurer durablement la paix et la souveraineté du pays.
D’un autre avis, le professeur ordinaire Jacques Tiarina, de l’université de Kikwit, estime que le dialogue national est une revendication de longue date, mais insiste sur la nécessité d’identifier clairement les participants.
Selon lui, les précédents dialogues ont parfois été marqués par la participation de personnes dont la nationalité ou la légitimité étaient contestées, avec des conséquences lors du partage des responsabilités.
De son côté, Laurent Bwenia Muhenia, président de la société civile de Kikwit, salue l’initiative présidentielle, tout en appelant à la sincérité des participants.
Il recommande également que l’organisation du dialogue repose sur des ressources nationales, afin d’éviter toute influence extérieure.
« La main qui donne est souvent celle qui commande. Nous ne voulons pas que la RDC tombe dans ce piège », a-t-il déclaré.
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