
Monde
La tempête Harvey continue de ravager le Texas et la Louisiane aux Etats-Unis. L'ouragan a été rétrogradé en tempête samedi dernier et pourtant la pluie continue d'inonder la région. Pour l'instant, le bilan est de six morts, mais il pourrait s'alourdir.
De plus en plus d'habitants de Houston appellent au secours devant la montée des eaux et les évacuations se poursuivent dans des conditions difficiles. Dallas, située à quelque 400 kilomètres au nord de Houston, se prépare à une arrivée massive de personnes évacuées.
Le déluge s'abat sans relâche sur Houston, mais aussi sur les autres villes situées sous le lent passage de la tempête Harvey, rappelle notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet. Plusieurs localités ont émis le 28 août des ordres d'évacuation.
Cela n'a pas été le cas à Houston où les garde-côtes ont annoncé avoir secouru 3 000 personnes depuis le samedi 26 août. Mais ils ne sont pas les seuls à intervenir. Les autorités appellent les particuliers qui possèdent des bateaux à se mobiliser et incitent vivement les habitants à se prendre en charge.
A Houston justement, la situation ne fait qu’empirer avec désormais la menace de voir deux réservoirs déborder ce qui pourrait avoir pour conséquence d'inonder une autre partie de la ville jusqu’à présent épargnée.
Les deux réservoirs avaient été construits dans les années 1930 après d’importantes inondations, précisément pour prévenir le genre de catastrophe qui vient de frapper la quatrième ville des Etats-Unis. Mais devant la violence de la tempête Harvey qui a provoqué des pluies torrentielles et continues, les réservoirs sont sur le point de déborder. Le génie militaire vient donc d’ouvrir le déversoir du premier barrage, Addicks, afin d'évacuer une partie des eaux vers un bayou voisin.
Mais avant que l’excédent d’eau n’atteigne la rivière, tous les quartiers aux abords des réservoirs seront inondés. Un nombre supplémentaire de résidents vont devoir être hébergés. Or, le Centre des conventions de Houston, transformé en abri, est déjà saturé : il accueille près de 10 000 réfugiés, le double de ce qu’il peut normalement accueillir.
Les sinistrés – il pourrait y en avoir jusqu’à 30 000 – commencent à être envoyés dans d’autres villes situées dans les terres et qui n’ont pas été affectées par l’ouragan. Pour ajouter aux malheurs des Houstoniens, les autorités viennent d’ordonner l’évacuation dans le sud de la ville à cause d’une brèche dans une digue. L’ordre est clair : « Partez immédiatement ».
Sur les flots qui recouvrent désormais les rues du centre de Houston, toutes sortes d'arrimages sur des canots pneumatiques, bouées, barques ou bateaux plus élaborés sont visibles. Il y a des moments de panique : un capitaine de la marine cajun, venue de Louisiane, a raconté que son embarcation avait dangereusement été prise d'assaut par des rescapés effrayés par la montée des eaux.
Les autorités demandent aux personnes en difficulté d'étendre des draps ou des serviettes pour être repérées. Huit mille personnes dorment déjà dans des abris à Houston et, selon des estimations fédérales, ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 30 000.

Mini-ville de réfugiés à Dallas
Les trois centres d'accueil installés pendant le week-end à Dallas, à quelque 400 kilomètres au nord de Houston, affichent déjà complet, note notre envoyée spéciale sur place, Anne Corpet. La ville a ouvert ce mardi 29 août les portes de son centre des congrès : 5 000 personnes pourront y être accueillies. Cela ne sera pas forcément suffisant, prévient le maire de Dallas qui se dit prêt à recevoir des dizaines de milliers de sinistrés. « Personne ne sait combien de familles vont être contraintes de quitter leur foyer. Nous les attendons les bras ouverts », assure-t-il.
Selon les termes employés par l'édile, « une mini-ville » est en train de se monter derrière les murs du centre des congrès. Dans cette immense structure en béton, les volontaires s’activent. Ils sont d’ailleurs nombreux à se présenter pour offrir leurs services.
Un espace médical est prévu avec accès gratuit aux médicaments, fait peu habituel aux Etats-Unis, mais aussi différents endroits pour recharger les batteries des téléphones et des ordinateurs, et bien sûr des lits, des douches et des toilettes.
Le centre dispose d'une capacité d’accueil de 5 000 places mais pour l’instant, il est quasiment vide. Les 250 bus attendus ne parviennent tout simplement pas à quitter Houston du fait des inondations. Trois centres d’hébergement, qui accueillent très précisément 543 personnes, ont été ouverts à Dallas dans le courant du week-end et affichent complet.
Ces personnes sont toutes arrivées entre le 25 août au soir et le 26 août après-midi soit avant que le déluge ne s'abatte sur Houston et que les routes ne soient coupées. « Nous avons fait le bon choix » explique un père de famille, son bébé dans les bras, avant d’ajouter : « J’ignore complètement dans quel état est ma maison, mais au moins nous sommes en vie ».
L'incertitude est ce qui pèse le plus sur ces réfugiés, que ce soit sur le temps nécessaire avant de rentrer, sur la manière dont ils vont bien pouvoir reconstruire leur vie et pour certains sur le sort de proches qui habitent dans des secteurs isolés et dont ils n’ont plus de nouvelles faute simplement, espèrent-ils, de réseau téléphonique.
Mais côté du ciel, aucune accalmie n'est annoncée : la tempête Harvey a du mal à s'arracher du littoral du golfe du Mexique, ce qui suscite cet exceptionnel cumul de pluies. « Ce qui fait le caractère exceptionnel d’Harvey c’est que le phénomène est plutôt stationnaire et très peu mobile ». Les hautes pressions à l'ouest bloquent l'évacuation de la tempête, explique Christelle Robert, prévisionniste à Météo France, « Ça lui permet d’être encore alimenté avec l’apport d’eau chaude et humide... (et) de poursuivre cette activité pluvieuse ». Harvey progresse en effet très lentement, à la vitesse d'un homme qui marche à pied.
Donald Trump est arrivé ce 29 août au Texas avec la volonté d'afficher l'unité des Etats-Unis face à cette catastrophe d'une ampleur historique. Le président américain a salué la coordination de l'action d'urgence menée par son gouvernement et les autorités du grand Etat du Sud, face à la montée des eaux qui a selon lui « pris une dimension épique ». « Personne n'a jamais vu quelque chose de semblable, a déclaré Donald Trump. Dans cinq ou dix ans, on veut pouvoir entendre dire qu'on a agi comme il le fallait. On se félicitera mutuellement une fois que tout cela est derrière nous ».
La Garde nationale mobilisée
Face à l'ampleur de la catastrophe, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a finalement mobilisé lundi 12 000 soldats de la Garde nationale. Cette force militaire de réserve intervient aussi bien sur les terrains extérieurs qu'en cas d'émeutes ou de catastrophes naturelles aux Etats-Unis.
La Garde nationale est constituée d'environ 460 000 hommes et femmes répartis en forces terrestres et unités aériennes. Elle réunit en son sein toutes les compétences de l'armée régulière, de l'artillerie à la frappe aérienne, du génie à la police militaire, du ravitaillement au transport. Sauf que ces postes sont occupés par des réservistes civils qui s'engagent pour 8 ans après avoir reçu des formations spécifiques.
La plupart du temps, la Garde nationale est déployée à la demande d'un gouverneur, comme actuellement au Texas. De fait, il n'existe pas une mais des Gardes nationales, puisque chaque Etat des Etats-Unis en dispose d'une. Le gouverneur du Texas a ainsi mobilisé la totalité des 12 000 soldats de la Garde texane. Mais des Gardes nationales de New York, de l'Utah, du Nebraska et de la Caroline du Nord ont également envoyé des moyens, notamment aériens, dans les zones sinistrées par Harvey.
Ces dernières années, la Garde nationale a été déployée en Irak où elle représentait la moitié des effectifs de l'armée américaine en 2005. La même année, 42 000 de ses membres étaient mobilisés à la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina.
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Un père et son enfant réfugiés dans le centre de convention de Houston après les inondations causées par la tempête Harvey, le 29 août 2017.