
Afrique
L'opposant kényan Raila Odinga a prêté serment, ce mardi 30 janvier 2018, comme «président du peuple» malgré sa défaite électorale en 2017 et les avertissements des autorités qu'une telle investiture constituerait une acte de «trahison». Les forces de l'ordre ont choisi, pour l'instant, d'éviter la confrontation.
Le ton se voulait solennel. «Moi, Raila Amolo Odinga (...), je prends la fonction de président du peuple de la République du Kenya», a déclaré l'opposant après avoir prêté serment, bible en main, devant des milliers de partisans rassemblés dans le centre de Nairobi, lors d'une cérémonie dont la diffusion par les médias avait été interdite. L'annonce de l'investiture, trois mois après le scrutin boycotté par l'opposition et où l'opposant affirme que la victoire lui a été volée, avait fait craindre des violences, la police ayant averti qu'elle l'empêcherait. Les forces de l'ordre gardaient toutefois leurs distances alors que des milliers d'opposants étaient réunis dans le parc Uhuru de Nairobi.
Raila Odinga, 72 ans, est un vétéran de la politique kényane qui affirme que des fraudes l'ont privé de la victoire à la présidentielle à plusieurs reprises dans le passé et qui refuse d'accepter la réélection l'an dernier du président sortant Uhuru Kenyatta après des mois de troubles où, selon des défenseurs des droits de l'Homme, 92 personnes ont été tuées.
Un premier tour avait eu lieu le 8 août 2017, remporté par Uhuru Kenyatta, mais le résultat avait été annulé par une décision historique de la Cour suprême et un nouveau scrutin avait été organisé le 26 octobre. Affirmant que l'élection ne serait pas honnête, Raila Odinga avait boycotté le vote et M.Kenyatta l'avait emporté avec 98% des voix.
Le bras de fer avec le pouvoir s'annonce rude, l'opposition promet d'aller jusqu'au bout. Les forces de l'ordre ont choisi, pour l'instant, se se faire discrètes. «Nous voulons organiser un évènement pacifique en total respect de la Constitution et de la loi», a affirmé un communiqué de la coalition d'opposition, la Nasa. Elle a toutefois averti les autorités qu'elle irait de l'avant, «quoi qu'il advienne».
Depuis son boycottage de l'élection d'octobre, la Nasa a eu pour stratégie de contester la légitimité du président Kenyatta en cherchant à créer des structures de gouvernement parallèles. Des «assemblées du peuple» se sont réunies dans certains comtés et l'investiture de M.Odinga comme «président du peuple» doit marquer l'apogée du processus.
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Des milliers de sympathisants ont participé à l'investiture de leur «président».