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Politique

Entre Fayulu et l’UDPS, c’est la guerre ouverte

2026-05-11
11.05.2026
2026-05-11
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Martin Fayulu president de l'Ecide et Augustin Kabuya , secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS @Photo Droits tiers.

Les déclarations fracassantes de Martin Fayulu ont visiblement mis le feu aux poudres. En affirmant publiquement avoir « ressuscité » le parti d’Étienne Tshisekedi après une longue traversée du désert entre 2006 et 2010, le président de l’Ecidé a provoqué une colère noire dans les rangs de la mouvance présidentielle. Une sortie jugée outrageante, irrévérencieuse, voire blasphématoire par plusieurs caciques du camp au pouvoir, lesquels y voient une atteinte directe à l’histoire ainsi qu’à l’héritage politique du défunt Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, le père de l’actuel chef de l’État.

Face à la presse vendredi dernier à Kinshasa, Martin Fayulu avait complètement abandonné toute retenue verbale. Balayant les critiques sur la supposée faiblesse de l’opposition congolaise, l’opposant s’était attribué un rôle majeur dans la survie même du parti présidentiel. « C’est moi qui ai ressuscité l’UDPS », avait-il lancé, avant de remonter la chronologie des années 2006 à 2010, période durant laquelle, selon lui, la formation chère à Étienne Tshisekedi aurait disparu des radars politiques nationaux.

Le leader Lamuka avait notamment expliqué être allé personnellement rencontrer Étienne Tshisekedi afin d’organiser avec lui des manifestations politiques communes. Martin Fayulu cite même Albert Moleka comme témoin de cette collaboration politique. Une affirmation qui, au sein de l’UDPS, passe extrêmement mal.

Parmi les premiers à dégainer figure Déo Bizibu. Le secrétaire général adjoint chargé des questions politiques et administratives de l’UDPS/Tshisekedi n’a pas mâché ses mots. Au micro de nos confrères d’infos7.cd, le cadre du parti présidentiel a qualifié les propos de Martin Fayulu de véritable sacrilège.

Manifestement ulcéré, Déo Bizibu peine à digérer ce qu’il considère comme « un manque de considération envers la mémoire d’Étienne Tshisekedi ainsi qu’envers le parcours historique de l’UDPS ». Pour lui, prétendre avoir réveillé une formation aussi enracinée dans l’histoire politique congolaise relève tout simplement d’une énormité politique.

Le dirigeant de l’UDPS rappelle d’ailleurs qu’en 2006, la communauté internationale s’était fortement mobilisée afin de ramener l’UDPS dans le processus politique congolais. Une réalité qui, d’après lui, démontre que le parti conservait déjà un poids considérable sur l’échiquier national.

« Si l’UDPS ne représentait plus rien, comment expliquer cette mobilisation ? », s’est-il interrogé avec véhémence. Dans une autre salve particulièrement acérée, Déo Bizibu a également minimisé l’influence politique de Martin Fayulu avant 2018. À ses yeux, l’opposant n’aurait véritablement émergé qu’à travers la dynamique née du conclave de Genève. Le responsable de l’UDPS considère qu’aucune comparaison n’est possible entre Martin Fayulu et Étienne Tshisekedi, figure emblématique de l’opposition congolaise pendant plusieurs décennies.

Derrière cette querelle de légitimité historique se cache surtout un affrontement beaucoup plus vaste. Car depuis plusieurs jours, Martin Fayulu intensifie ses attaques contre Félix Tshisekedi. Il accuse ouvertement le pouvoir de préparer un coup d’État constitutionnel à travers le projet de loi référendaire porté par Paul-Gaspard Ngondankoy.

Lors de sa conférence de presse tenue le 8 mai dernier, Fayulu a dénoncé une stratégie destinée, selon lui, à ouvrir la voie à un éventuel maintien de Félix Tshisekedi au sommet de l’État au-delà des limites fixées par la Constitution. Les récentes déclarations du chef de l’État, affirmant être prêt à briguer un autre mandat si le peuple le demande, ont manifestement aggravé la colère de l’opposant.

Devant les journalistes, le président de l’Ecidé s’est montré particulièrement offensif. « Que Tshisekedi veuille ou non, il devra partir », a-t-il asséné. Fayulu estime que plusieurs mécanismes contenus dans la proposition de loi référendaire pourraient permettre de contourner certaines dispositions constitutionnelles pourtant considérées comme intangibles.

Le patron de Lamuka réclame ainsi le retrait pur et simple des articles allant de 87 à 90 du texte incriminé. Il évoque également le précédent de janvier 2015, lorsque le Sénat avait bloqué une disposition controversée de la loi électorale sous la pression populaire.

Dans cette bataille de plus en plus électrique, l’UDPS refuse désormais de laisser prospérer ce qu’elle considère comme des « contre-vérités » relayées volontairement afin de semer la confusion dans l’opinion publique. C’est dans cette atmosphère inflammable que Augustin Kabuya a annoncé une grande mise au point ce lundi 11 mai à 14 heures. Le secrétaire général et président intérimaire du parti présidentiel entend clarifier les propos tenus par Félix Tshisekedi lors de sa récente conférence de presse organisée à la Cité de l’Union africaine. L’objectif est de rétablir, selon l’UDPS, la vérité des faits face aux interprétations et accusations propagées par plusieurs figures de l’opposition.

Au-delà du duel entre Fayulu et le camp présidentiel, c’est dorénavant une large frange de l’opposition qui monte au créneau contre toute perspective de révision constitutionnelle. Ensemble pour la République parle déjà de haute trahison, de dérive dictatoriale ainsi que de présidence à vie. Le parti de Moïse Katumbi affirme que le nombre et la durée des mandats présidentiels demeurent intangibles et qu’aucun référendum ne saurait remettre ces dispositions en cause. Le parti appelle également à une mobilisation populaire ainsi qu’à la création d’un Front républicain de résistance afin de défendre l’alternance démocratique prévue en 2028.

De Joseph Kabila à Delly Sessanga, en passant par Matata Ponyo, Claudel Lubaya, Jean Claude Vuemba ou encore Franck Diongo, plusieurs ténors de l’opposition affichent désormais une convergence contre toute initiative susceptible de modifier les règles du jeu constitutionnel. Le bras de fer promet donc d’être redoutable pour le régime.


Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 1 jour
Cher Félix, comme tu le repetais quand tu etais à la conquete du pouvoir, nous acceptons que les Congolais ne représentent rien à tes yeux et que nous soyons des imbéciles que tu peux piétiner comme bon te semble. Néanmoins, lorsque tu réponds aux questions, pense au moins à ces trois choses : la RDC en tant que pays, à l’institution du Président de la République que tu représentes, mais aussi au serment que tu as prêté de défendre la Constitution. La manière dont tu malmènes cette Constitution suscite des interrogations sur la capacité de tes conseillers à comprendre ce qu’elle représente. Entre-temps, pendant que Moïse Katumbi et Martin Fayulu continuent à te faire des passes en or avec des déclarations isolées, sans même chercher à unir l’opposition, nous constatons que l’AFC/M23 reste l’alternative qui sauvera cette Constitution. La patrie ou la mort, le peuple gagne toujours.

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Il y a 1 jour
Fayulu a compris qu’il ne peut pas se sacrifier pour les Congolais, car beaucoup d’entre eux sont ingrats. Alors, il fait du bruit d’abord pour lui et sa famille. Si Tshilombo lui offre de l’argent ou un poste, il se tairait aussitôt…

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