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Société

Répression en RDC : retour sur la mort tragique de Rossy Mukendi

2018-02-28
28.02.2018
2018-02-28
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http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/09-septembre/4-10/rossy_tshimanga_18_003_1.jpg -

La troisième marche du Comité laïc de coordination contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila a pris une tournure tragique, dimanche 25 février, dans la paroisse Saint-Benoît, où un homme de 35 ans a été tué par la police.

Ce dimanche matin, plusieurs dizaines de fidèles s’apprêtent à défiler pacifiquement aux abords de la paroisse Saint-Benoît, dans la commune de Lemba. Vers 10h, les forces de sécurité font irruption devant la grille de la bâtisse. Des tirs de gaz lacrymogène fusent aussitôt dans la foule, qui fuit pour se mettre à l’abri. La scène – visible sur une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux – dure une poignée de secondes.

Sur le sol, un jeune homme hurle de douleur et implore de l’aide, en tendant le bras au ciel. Rossy Mukendi Tshimanga vient d’être fauché par au moins une balle, qui l’a atteint sur le flanc de la poitrine. 

Après l’avoir traîné à l’abri, on lui appose un chiffon pour stopper vainement l’hémorragie. Son frère et quelques badauds improvisent une civière pour le transporter dans un centre de santé. Ils ne veulent pas le confier aux « soins » des forces de l’ordre.

« Sur le trajet, il ne cessait de prier »

Mais le centre de santé est vide, ce dimanche matin. Et rebelote dans un deuxième, puis dans un troisième centre. Le désespoir commence à gagner le groupe, lorsqu’apparaît enfin une voiture. « J’ai supplié en pleurant son propriétaire de nous aider, mois et trois autres amis, explique le frère de Rossy Mukendi. Il a finalement accepté. »

Après quelques hésitations, décision est prise d’emmener Rossy à l’hôpital Saint-Joseph, à quelques kilomètres de la paroisse Saint-Benoît. « Sur le trajet, il ne cessait de prier, raconte Arsène Tshimanga. À un moment donné, il m’a imploré de prendre soin de ses deux enfants. Ce sont les derniers mots que j’ai entendu de mon frère. »

Arrivés à Saint-Joseph, un médecin lui confirme la mort de Rossy Mukendi. Il avait 35 ans.

Une image prise par John Wessels, un photographe de l’AFP, montre son corps sans vie gisant sur un carrelage tacheté de sang à la morgue de l’hôpital.

La mort de Rossy Mukendi suscite l’indignation de l’opinion publique. D’autant plus qu’après la violence de la répression des deux dernières marches (une quinzaine de morts selon l’Église, deux selon les autorités), la police congolaise s’était donnée pour objectif de faire « zéro mort ».

Pour désamorcer les critiques, le commissariat provincial de Kinshasa a diffusé lundi un communiqué qui relate l’arrestation d’un brigadier soupçonné d’avoir « tiré des balles en caoutchouc à moins de 20 mètres sur Mukendi Kadima Rossi ». Le policier en question aurait agi ainsi en « voulant défendre son commandant d’unité, en la personne du ComSupAdjt (sic) Lokeso Koso Carine devant une foule hostile qui les agressait ». 

"Je suis catégorique sur le fait que les impacts ont été causés par une ou deux balles réelles, et non en caoutchouc"

Le même jour, sur les ondes de Radio Okapi, le colonel Pierrot Muanamputu, porte-parole de la police, qualifie le jeune homme de « fauteur de troubles ».

Des photos montrent le tireur présumé, pieds nus et assis à même le sol, face à un parterre d’officiers assis dans des chaises en plastique – on reconnaît notamment Sylvano Kasongo, le chef de la police à Kinshasa. À droite du policier mis en cause est disposée l’arme qui aurait servi à tuer Rossy Mukendi et son chargeur rempli de balles en caoutchouc.

Mais Rossy Mukendi a-t-il vraiment succombé à des tirs de balles en caoutchouc ? La version de la police est sérieusement mise à mal par les constatations du docteur-directeur François Kajingulu, de l’hôpital Saint-Joseph. Interrogé par Jeune Afrique, celui-ci indique « avoir procédé à l’inspection visuelle du cadavre, qui présente deux orifices ». « Je suis catégorique sur le fait que les impacts ont été causés par une ou deux balles réelles, et non en caoutchouc », déclare-t-il.

Autre interrogation : le brigadier arrêté a-t-il réellement tiré pour protéger sa supérieure d’une foule hostile ? Bien que sujettes à caution, les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des fidèles pacifiques et non armés, à l’image des manifestants des 31 décembre et 21 janvier.

Des témoins, interrogés par Jeune Afrique, livrent également des versions contradictoires sur l’origine des tirs, l’un affirmant que c’est le supérieur lui-même qui a tiré sur Rossy Mukendi, l’autre déclarant que le brigadier a agi sur ordre direct de sa hiérarchie.

Le virus de la politique

« Aujourd’hui, j’éprouve un profond sentiment de désarroi, déclare le frère de Rossy Mukendi, qui affirme recevoir des menaces et vivre caché depuis dimanche. Mon pays a tué un père de deux enfants, rigoureux et passionné, qui avait à cœur de redorer l’image de la RDC tant sur le plan scientifique, sportif et politique. »

Membre du parti Scod de l’opposant Jean-Claude Muyambo, Rossy Mukendi s’était éloigné de la politique au début des années 2000 pour se consacrer à ses études universitaires  il devient assistant au département relations internationales à l’Université pédagogique nationale de Kinshasa.

À la même époque, il remporte une médaille d’or en arts martiaux lors d’une édition des Jeux africains au Cameroun et est sacré à trois reprises champion en RDC de jujitsu. Mais le virus de la politique le rattrape en septembre 2016, lorsqu’il crée le « Collectif 2016 » qui se donne pour mission de contribuer à l’organisation de l’élection présidentielle et appelle au départ du président Joseph Kabila.

Son engagement lui vaudra d’avoir maille à partir avec les autorités congolaises. En avril et en mai 2017, il est arrêté à deux reprises et emprisonné pendant près d’un mois dans les geôles du renseignement militaire. « On avait l’ambition de vraiment changer les choses, explique Arsène Tshimanga, également membre du Collectif 2016. Rossy disait souvent qu’il ne s’était pas engagé par haine, mais par conviction et patriotisme pour son pays. » 


Jeune Afrique / MCN, via mediacongo.net
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Tarzan moteur bis @RQPQFD5   Message  - Publié le 01.03.2018 à 11:32
Que son âme repose en paix !! Pitié pour sa famille( la veuve et ses deux enfants).

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Loup qui ne dort @4J8SNI2   Message  - Publié le 01.03.2018 à 10:12
Si les faits tels que décrits dans cet article sont avérés, alors il faudra tout de suite requalifier ce crime. Ce n'est plus un assassinat ou un meurtre au premier ou second degré. La personne de Rossy Mukendi n'était pas un inconnu pour la Police congolaise et les services de renseignement du gouvernement Kabila. Il a été visé. L’assassinat a été prémédité. Il y a lieu de parler d'un crime d'Etat. Et les responsabilités vont au-delà de la personne qui a tiré jusqu'au nouveau ministre de l'Intérieur, l'exécuteur du plan macabre de monsieur Kabila et de son clan. Il faudra que les internautes continuent de documenter ce dossier pour une action d’envergure à la CPI. A bon entendeur, salut!

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Loup qui ne dort @4J8SNI2   Message  - Publié le 01.03.2018 à 09:52
Si les faits tels que décrits dans cet article sont avérés, alors il faudra tout de suite requalifier ce crime. Ce n'est plus un assassinat ou un meurtre au premier ou second degré. La personne de Rossy Mukendi n'était pas un inconnu pour la Police congolaise et les services de renseignement du gouvernement Kabila. Il a été visé. L’assassinat a été prémédité. Il y a lieu de parler d'un crime d'Etat. Et les responsabilités vont au-delà de la personne qui a tiré jusqu'au nouveau ministre de l'Intérieur, l'exécuteur du plan macabre de monsieur Kabila et de son clan. Il faudra que les internautes continuent de documenter ce dossier pour une action d’envergure à la CPI. A bon entendeur, salut!

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Anabelle YOKA @NZH2E8F   Message  - Publié le 01.03.2018 à 09:20
"Fauteur des troubles", telle est la version d'un haut cadre de la police nationale congolaise. Quiconque lit cet article reste sur le choc de la disparition d'un être cher à la République. Pensez-vous que des actes comme celui de mettre fin à la vie de quelqu'un resteront impunis? Certes, vous êtes au pouvoir et vous en abusez à outrance mais la justice de Dieu vous rattrapera un jour, tôt ou tard

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Albert Ilunga @8559SO5   Message  - Publié le 01.03.2018 à 09:15
Peut-on s'engage en politique uniquement pour le départ de JKK qui est pourtant passager? C'est regrettable mais faisons la part de chose.

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Lufualuandonga @IPB1BT9   Message  - Publié le 01.03.2018 à 09:01
RIP et que les assassins lisent les signes du temps!

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Christopher Columbus @VLQA7LZ   Message  - Publié le 01.03.2018 à 09:00
Ma peine se porte surtout sur sa veuve et ses deux enfants qu’il a confiés à son frère quand il a senti la vie le quitter. Au-delà du sentiment de révolte, il serait à mon avis très significatif que soit créé un compte (M-pesa ou Airtel money ou Orange money pe esi ekoma n’ango) où chacun de nous pourrait jeter 3000 ou 5000 FC pour tous ces martyrs de la dictature moyenâgeuse kanambéenne fauchés depuis le 31 décembre 2017. On sacrifie une ou deux bières chaque mois. « UNE BIERE POUR LES ENFANTS DE ROSSY » !!! (Que ça ne soit pas détourné bien sûr!!!)

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Notre Congo_Rdc @D354S4K   Message  - Publié le 01.03.2018 à 08:53
DEUTÉRONOME 28:15,26 Paix à son âme, malheureusement il est parti à la fleur d'âge. La non observation du livre de ROMAINS 13:1-2 nous conduira toujours en ce désastre dit l’Éternel.

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Peace @4DEAO6C   Message  - Publié le 01.03.2018 à 08:17
Repose en paix ô illustre disparu. Tu laisses derrière toi un héritage grand et fort. Nous tacherons de nous en montrer digne. Que Dieu assiste toute ta famille en ce moment très pénible.

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Sull @9EZFP4Q   Message  - Publié le 01.03.2018 à 08:14
RIP

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MWIN MANGAND @WIU5GXD   Message  - Publié le 01.03.2018 à 08:05
Que ton Ame repose en paix

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Jean Kabumbanyungu @HBBYW8Y   Message  - Publié le 01.03.2018 à 07:43
CHERS JEUNES ET ESTIMES COMPATRIOTES, IL EST PLUS QUE TEMPS DE COMPRENDRE QUE NOTRE SANG NE SERA TOUJOURS PAS MARCHANDE POUR FAIRE VALOIR LES POSITIONS DES UNS ET DES AUTRES!!! NOUS DEVONS FAIRE LA PART DE CHOSES ET VOIR LA OU NOTRE INTERET PESE!!! SURTOUT PAS DERIERE LES POLITICIENS DE GAUCHE OU DE DROIT, QUI UNE FOIS AU POUVOIR, NE CONSIDERENT AUCUN JEUNE. REVEILLONS NOUS POUR DES ACTIONS REPUBLICAINES ET NON CONCOURIR COMME DES MOUTONS DE PANURGE POUR ACCOMPAGNER LES GENS QUI N'ONT PAS DANS LEUR PRIORITE LES BESOINS DES JEUNES. QUE L'AME DE NOTRE COMPATRIOTE REPOSE EN PAIX ET SON SANG ET CEUX DES AUTRES CONTINUENT A CRIER VENGENCE.

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VERITE' @MYBMKJD   Message  - Publié le 01.03.2018 à 07:40
LE PEUPLE GAGNE TOUJOURS (ROSSY MUKENDI TSHIMANGA). BOT95PARIS, tu as tout dit mon frère.

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basonye@gmail.com @69C2XAU   Message  - Publié le 01.03.2018 à 07:39
Médiocre qu'est que tu rencontre CARINE là tu sait ce qu'elle est d'entre de faire elle avait volé le coffre fort de la banque au niveau de l'intendance à l'UNIKIN et qu'elle a été couvert bien, nous la population on bientôt s'en charge d'elle comme elle couvert par les logorrhées

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judas_jordan @EKY77VC   Message  - Publié le 01.03.2018 à 07:23
repose en paix, mais le combat continue.

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Catholique @XB6QQGL   Message  - Publié le 01.03.2018 à 01:48
RIP

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BOT95PARIS @NIN7L19   Message  - Publié le 28.02.2018 à 23:51
GLOIRE A TOI FRERE NOUS T'OUBLIERONS JAMAIS ET TE PROMET DE CONTINUER LE COMBAT JUSQU'A LA VICTOIRE ET LA LIBERATION DE TON CHER PAYS QUE TU TE SACRIFIE GRAND RESPECT FRERE COMBATTANT MUANA MBOKA . INGETA !INGETA ! INGETA ET NOUS SERONS LA POUR REPONDRE MASSIVEMENT A LA COTISATUON DE LA DIASPORA POUR VENIR EN AIDE A TA FAMILLE, TA TENDRE FEMME ET TES ENFANTS PROMIS FRERE.

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