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Infos congo - Actualités Congo - Premier-BET - 08 avril 2024
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RDC: qui fournit les armes de la répression?

2018-03-01
01.03.2018
2018-03-01
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Après la répression des marches des laïcs chrétiens, des ONG ont interpellé l'Union européenne et la France. Elles s'interrogent sur la nature de leur coopération avec les forces de sécurité congolaises. Les Européens ont-ils un lien direct ou indirect avec cette répression ? Mercredi 28 février, l'UE et la France ont répondu.

L'UE dit conserver un programme d'appui à l'armée, mais essentiellement dans le domaine de gestion et administration. Bruxelles est claire : elle ne fournit aucun soutien en armes. La France, elle, n'accorde plus d'autorisation d'exportations d'armes depuis novembre. Une coopération militaire réorientée sur la formation, pas sur l'opérationnel. Aucun coopérant français n'aurait de lien avec le maintien de l'ordre. Alors qui fournit les armes nécessaires à la répression des manifestations ?

Dans trois des villes où la répression des marches des laïcs chrétiens a été la plus violente depuis janvier 2018, les douilles que l'on retrouve autour ou dans les églises sont des munitions de fabrication chinoises 7,62 x 39 mm pour Kalachnikov.

A Mbandaka où un manifestant, Eric Bokolo, a été tué le 25 février 2018 - les douilles portaient une numérotation bien connue au Congo : 61/98. « 98 » pour l’année de fabrication et « 61 » donne une idée de l'usine de fabrication. En l'occurrence, il s'agit de China North Industries Corporation (Norinco).

Si ce stock de munitions de Kalachnikov est bien connu des experts en armements, c'est qu'on le retrouve chez les principaux groupes armés de l'Est depuis 2013. Sans surprise le M23, qui était composé pour l'essentiel d'officiers ayant fait défection de l'armée congolaise, mais aussi chez les FDLR, les rebelles hutus rwandais, les Nyatura, l'APCLS.

Mais si l'on regarde à Kinshasa, près de la paroisse Saint-François de Sales où la jeune Thérèse Kapangala a été tuée le 21 janvier 2018, on retrouve là aussi des munitions chinoises bien connues, 911/77, présentes chez une bonne dizaine de groupes armés, du M23 aux ADF en passant par les FDLR et même des milices qui ont tué à Mutarule en juillet 2014.

A Kisangani où il n'y a pas eu de morts mais des blessés, les mêmes types de munitions ont été retrouvées, de fabrication chinoise, mais plus récentes. Certaines datent de 2007, 821/07. Et là encore, ce sont des munitions que l'ONU et d'autres ont retrouvées ces dernières années chez les M23, les ADF, les FDLR et ces mêmes milices auteurs du massacre de Mutarule au Sud-Kivu.

Des stocks de l’Etat aux réserves des groupes armés

Comment expliquer que l'on retrouve ces munitions chez les forces de sécurité à l'ouest et dans les groupes armés qui sévissent dans les Kivus ? Depuis la fin de la deuxième guerre du Congo, il y a un embargo sur les armes à destination de la RDC qui, depuis 2008, ne concerne que les groupes armés. Le gouvernement congolais peut acheter ce qu'il veut, mais le matériel doit être notifié par les Etats concernés au Conseil de sécurité. Pour vérifier le respect de cet embargo, il y a deux structures onusiennes, la Monusco et surtout le groupe d'experts de l'ONU sur la RDC.

Claudio Gramizzi était l'un des experts sur les armes de ce groupe. Il travaille aujourd'hui pour Conflict armement research, une ONG spécialisée dans la traçabilité des armes : « Il y a eu énormément d’épisodes d’écoulement et d’évaporation des stocks de l’Etat vers des groupes armés, au sens où, finalement, elles ont pu récupérer de l’armement auprès de l’Etat congolais de manière directe ou indirecte, avec des degrés de participation et d’implication plus ou moins avérées, plus ou moins immédiates et plus ou moins volontaires de la part des autorités. Mais c’est certain que lors des premières années de la décennie 2000-2010, il y a eu énormément de tonnes de matériels qui sont passées du contrôle de l’Etat congolais directement aux réserves, je dirais, des groupes. »

"La plupart des approvisionnements des groupes armés, même ceux qui se battent contre le gouvernement, proviennent des FARDC. […] Les groupes armés achètent auprès des individus, des soldats FARDC qui essaient de profiter, leurs armes, leurs munitions. On se trouve dans une situation où les centaines de soldats FARDC qui sont tués chaque année en RDC meurent des balles qui proviennent du stock gouvernemental." Jason Stearns

 

Des minutions rarement notifiées

Concernant les balles en caoutchouc, officiellement non létales, qui auraient servi à tuer, selon la police congolaise, l'activiste Rossy Tshimanga le 25 février 2018, elles ont bien été notifiées. En 2017, un million de ces balles ont été livrées par la société serbe Mile Dragic. RFI n’a pas pu joindre cette société pour savoir si elle avait donné des précisions sur l'utilisation de ces balles aux forces de sécurité congolaise.

Quand des jeunes ont été enfermés le 21 janvier dernier dans une église et que des grenades ont été jetées, c'était des grenades de fabrication suisse, marquées avec le code de l'entreprise bien connue dans le maintien de l'ordre Brügger & Thomet. La Suisse dit n'avoir fait aucune notification au Conseil de sécurité depuis plus de 20 ans et ne pas avoir connaissance de cette livraison d'armes. Même chose pour la société elle-même, qui dit avoir une cinquantaine de revendeurs à travers le monde mais aucun contrat en Afrique.

La Suisse et la société Brüger & Thomet affirment ne jamais avoir livré ces grenades (retrouvées après la répression des marches des laïcs chrétiens) à la police nationale congolaise. © Sonia Rolley/RFI

 

La société brésilienne Condor, qui a livré elle aussi le même type de grenades dites non létales, n'a pas non plus fait de notification. Si l'on en croit les informations confidentielles transmises au Conseil de sécurité, le gouvernement de la RDC n'a reçu sur les deux dernières années aucune des armes et munitions qui tuent au Congo, mais quasi exclusivement des armes non létales

Deux exceptions : la Biélorussie qui a notifié avoir livré quatre avions Soukhoï d'occasion en septembre 2016 et l'Ukraine qui a fini par notifier la livraison de chars T64 en mars 2016, plusieurs jours après que ces chars ont été photographiés sous tous les angles et embarqués sur le fleuve Congo à Kinshasa. Bien que la Russie, la Corée du Nord ou même le Burundi aient été souvent épinglés pour un défaut de notification, cette entorse à l'embargo reste généralement sans conséquence.

L'Ukraine a notifié en mars 2016 au conseil de sécurité la livraison de chars à la RDC quelques semaines après l'embarquement remarqué de chars à Kinshasa. © Sonia Rolley/RFI

RFI / MCN, via mediacongo.net
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myrene62@yahoo.fr @4SO127A   Message  - Publié le 02.03.2018 à 02:59
Cette connivence est orchestrée par Kabila et ses complices Rwandais et Ougandais.

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Zairois @Y5GIOO8   Message  - Publié le 01.03.2018 à 20:34
On a besoin de tous ces armes à l'Est du pays où vous déclarez des multiples groupes armées, les agressions des armées Rwandaises et Ugandaises. Vous gardez ça à Kinshasa pour tuer la population inutilement.

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Mukumbane @357333X   Message  - Publié le 01.03.2018 à 19:20
La corée du Nord.

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"Justice" ya mboka n @TYE1YEX   Message  - Publié le 01.03.2018 à 18:12
:COMMENT justifier l'envoi de matériel répressif à des dictatures qui tuent leur propre peuple?

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"Justice" ya mboka n @TYE1YEX   Message  - Publié le 01.03.2018 à 18:06
Face à la situation d'abattoir humain,chaque fournisseur cherche à se défiler (On oublie souvent qu'il y a plusieurs résolutions de l'ONU qui ont été adoptées sur la nature des responsabilités des entreprises et la traçabilité des armes) Au niveau des démocraties,il faut continuer à faire connaître notre drame; Ca marche,ça fait bouger l'opinion!ça me rappelle l'expertise en maintien de l'ordre que se proposait d'apporter la ministre de la défense française(ventes d'armes) pendant la répression de Ben Ali en Tunise et la grosse honte ,sa crédibilité entamée face à l'opinion publique et les nouvelles autorités:COMMENT justifier du matériel répressif à des dictatures!!!

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Salima @TTYVYQL   Message  - Publié le 01.03.2018 à 16:53
De plus en plus les fournisseurs se révèlent. À la diaspora dans tous les coins et recoins du monde de mettre la main dans la pâte pour questionner et agir contre les fabricants de ces armes en premier lieu. Pas la peine pour ceux-ci de se cacher dans le dos des 'tiers intermédiaires'.

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kawasaki @8JMJEOW   Message  - Publié le 01.03.2018 à 16:50
C'est Joseph KANAMBE Andrien Alias JOSEPH KABILA K qui en ai la réponse. Rien ne sert à aller de gache ou droite.

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zebu @MSRPVC1   Message  - Publié le 01.03.2018 à 16:40
Quand on vous dit que la même personne que vous appelez commandant en chef des FARDC est en même temps a la tête de toutes les milices a l'est, vous doutez C'est lui qui fournit les munitions a l'est et entretien ses frères tutsi qui tuent les congolais A part la libération il n'y a pas d'autres remèdes. Je suis Kapangala Mukendi.

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Kolo Mboka @IMDUO2Q   Message  - Publié le 01.03.2018 à 16:32
La réponse est claire et nette. Le Rwanda en a encore le droit de s'armer sans problème. Alors Kagame achète et à tour, il fournit à son cousin Kanambe. N'allez pas chercher la réponse trop loin

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Anonyme @ILLIO62   Message  - Publié le 01.03.2018 à 15:49
Quant il a été question des élections dans le délai constitutionnel, que n'avions-nous pas entendu parler, de blablabla mais pour tuer sa propre population, vite on sort l'argent pour s'acheter des armes. Attendez,bientôt, ça va retourner contre vous-même.

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