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Technologie: l’intelligence artificielle n’existe pas ! (Tribune)

Technologie: l’intelligence artificielle n’existe pas ! (Tribune) 2018-04-13
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Il est certaines idées dont on essaie de nous convaincre même si elles ne correspondent à rien et ne veulent rien dire. L’« intelligence artificielle » (ou IA) fait partie de celles-ci. Ceux qui nous parlent d’intelligence artificielle n’ont jamais réfléchi à ce qu’est l’intelligence.

En effet à quoi ce concept fumeux se résume-t-il ? Un ordinateur qui bat un champion de go et quelques voitures qui roulent seules et sont « si intelligentes » qu’on en vient sérieusement à dire qu’elles devraient bénéficier de voies réservées (comme les trains ou les métros). Et de cela, on nous rebat les oreilles : « L’IA fait d’immenses progrès », « bientôt les robots gouverneront », « les hommes n’auront qu’à se plier à leurs lois » etc. On a même inventé un terme pour cela : la « singularité » qui est le moment où l’intelligence artificielle est censée devenir supérieure à l’intelligence humaine.

Je me pose souvent la question : les hommes sont-ils devenus à ce point bête qu’ils ne réfléchissent plus aux mots qu’ils emploient ? Je prédis une chose : il n’y aura jamais d’intelligence artificielle au sens de l’intelligence dont peut faire preuve un homme. Les esprits forts vont se dire : « quel est cet imbécile qui ne comprend rien à notre société, qui ne voit pas la révolution qui s’opère : l’intelligence artificielle est le prochain pas, la prochaine révolution vers l’autonomie des machines ». Je réponds à ces esprits forts (et pénétrants) qu’il n’est pas besoin d’être médaille Fields ou prix nobel pour réfléchir. Il faut toujours commencer au commencement et définir les termes : qu’est-ce que l’intelligence ? Voilà où devrait débuter toute réflexion.

Si par intelligence on entend chose autonome, au sens où un animal est autonome, alors je dis oui : on peut bien créer des ordinateurs qui pourront se déplacer seuls, effectuer des tâches de plus en plus compliquées, voire conduire un véhicule ou tuer des humains à la demande.

Si par intelligence au contraire, on entend sensibilité, créativité, art, capacité à découvrir, et à s’interroger sur sa condition, alors je dis non : aucun ordinateur ne sera jamais capable de cela. La raison ? Elle est simple. Qu’est-ce que l’âme, qu’est-ce que la volonté ? A-t-on réfléchi sérieusement à cela avant d’utiliser des mots à tort et à travers ? Si nous connaissions les secrets de l’âme peut-être serait-on capable de créer des machines dotées de cette âme. Une machine sera-t-elle capable un jour, comme Alexandre, de refuser de boire avant de traverser un désert ? A ce qu’il me semble, ce n’est pas le cas.

La machine n’a pas de volonté, pas d’instinct, pas d’attrait, si ce n’est ce qu’on lui dit de faire

 

La victoire de l'IA de Google AlphaGo sur le champion de go, Lee Se-dol, en mars 2016, avait été salué comme une percée technologique pour les logiciels capables d'imiter le comportement et le raisonnement humains.

Le cerveau n’est pas qu’un ensemble de synapses connectés les uns aux autres qui échangent des informations sous forme de décharges électriques. Cela c’est la partie superficielle du cerveau, ce n’est que le « circuit intégré » si l’on veut filer la métaphore. Par contre, la partie noble du cerveau, c’est celle qui permit à Démocrite de deviner l’atome sans microscope électronique à balayage, celle qui souffla à Balzac la Comédie Humaine, celle qui permit le coup de Jarnac, le mot de Cambronne, etc. Tout cela est et restera inaccessible à la machine.

La volonté, l’âme c’est « ce qui refuse » disait Alain. L’ordinateur ne refuse pas. Il n’a pas de volonté, pas d’instinct, pas d’attrait, si ce n’est ce qu’on lui dit de faire.

Car ce à quoi n’ont jamais réfléchi les experts (qui sont tout sauf des humanistes et encore moins des humains), c’est que l’homme est capable de développer une pensée en nommant les choses et en réfléchissant sur les choses ainsi nommées ; or jamais une machine ne pourra faire autre chose que de compiler des données sur les choses qui existent déjà. La querelle des universaux, par exemple, ne sera jamais accessible à un ordinateur, eût-il compilé huit pétaoctet de données ; pour cela, il faudrait qu’il soit capable de penser des catégories, et ensuite de se demander si cela a un sens de dire qu’une catégorie de choses est « rouge » par exemple et si oui, si ces choses partagent des caractéristiques communes et alors : qu’est-ce que cela implique ? Ce rouge existe-t-il en soi ?

Les machines ne seront jamais rien d’autres que des auxiliaires perfectionnés, infaillibles et zélés

 

Mais une intelligence artificielle peut apprendre me rétorquera-t-on. Certes et c’est ce que les informaticiens nomment le « deep learning » et dont ils se font les gorges chaudes. A les entendre : ils ont découvert la pierre philosophale. Sauf qu’une machine apprend selon les cadres qui lui sont données, un ordinateur bien programmé peut compiler les données de wikipédia et faire un cours de philosophie, mais pourra-t-il pour autant dire s’il est plutôt nominaliste ou plutôt réaliste ? Saura-t-il créer une logique ?

L’homme réfléchit hors des cadres. C’est Liebnitz se demandant « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », ou Descartes qui en méditant se dit « cogito ergo sum ». Peu importe la réponse qui est apportée à cette question, elle est posée et a brisé le cadre. Les mystiques du moyen-âge disaient que pour poser une question, il fallait être apte à recevoir la réponse.

Pensée incompréhensible pour un ordinateur, eut-il deux milles tera-octets de RAM et huit milliards de processeurs. L’homme, grâce à son âme, est capable de briser le cadre et de comprendre plus subtilement les choses, de voir avec des yeux neufs des couleurs qu’il regardait depuis des décennies sans jamais les avoir vues. Mais de cela, les hommes d’aujourd’hui ne veulent entendre parler, car parler ainsi c’est donner une autre dimension, supérieure et transcendantale à l’Homme. Parler comme cela c’est croire en l’Homme et lui donner une place de choix dans l’ordre de la Création. Pensée sacrilège aux zélotes de la Sainte Science.

Les machines ne seront jamais rien d’autres que des auxiliaires perfectionnés, infaillibles et zélés de ceux qui possèdent le pouvoir. Elles ne serviront rien de plus que la volonté de puissance sans limite des quelques seigneurs qui règnent sur notre Terre.

L'« intelligence artificielle », une machine pour répéter des tâches monotones

 

D’ailleurs j’attends le jour (qui n’arrivera probablement jamais) où un ordinateur découvrira quelque chose auquel l’humain n’aurait pas pensé pour me laisser impressionner par l’« intelligence artificielle », d’ici là je ne prédis qu’une seule chose : l’ordinateur nous remplacera de plus en plus que ce soit dans nos emplois et dans nos fonctions quotidiennes (pourquoi augmenter le thermostat de sa chaudière alors que l’ordinateur peut le faire à votre place ?) pour la bonne raison qu’il est infaillible pour répéter des tâches monotones, qu’il revient moins cher que l’homme car il ne demande pas de salaires et qu’il n’a pas de revendications sociales.

C’est du pain bénit pour les capitalistes de tout poil qui sont prêts à nous raconter n’importe quoi sur l’« intelligence artificielle » (y compris qu’elle existe) afin de nous faire croire que la machine nous est supérieure et que nous devons nous prosterner devant elle. Le pire est que cela fonctionne : il s’agit de flatter quelques imbéciles, polytechnicien de préférence, de leur donner une chaire sur le sujet dans une école prestigieuse pour qu’ils croient - dur comme fer - être en train de jouer à Dieu et de créer un homme ex nihilo ; alors qu’ils ne réalisent qu’une programmation un peu poussée. [...] Ce qui prouve bien que dès qu’il s’agit de montrer que l’ordinateur nous est supérieur, même les plus fins et distinguées esprits en arrivent à raisonner aussi bêtement que les machines, comme pour nous montrer que l’intelligence a migré du carbone au silicium.

C’est la singularité à l’envers : puisqu’il faut que l’ordinateur nous gouverne, soyons plus bête que lui et essayons de le comprendre. C’est la servitude habituelle des esprits faibles face à leur tyran ; c’est aussi la morale de la fable des abeilles : « les vices privés font les vertus publiques ». Le paradoxe érigé au rang de vérité. La révolution en somme : revolvere, mettre sens dessus-dessous.

A ce niveau-là de raisonnement, nous ne pouvons plus rien, si ce n’est de rire de ceux qui profèrent de telles insanités, surtout quand elles sont sorties de notre plus brillant cerveau et répéter notre acte de foi : longue vie à l’Humain déconnecté de la machine. Je préfère l’intelligence réelle de l’homme à celle virtuelle de la machine.

Sébastien A. (Extrait)
Agora Vox / MCN, via mediacongo.net
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2 commentaire(s)
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Steve D. - 13.04.2018 12:44

Ce que l'homme oublie est que ce qui fait de lui un Homme ce n'est pas sont cerveau ou sa capacité de raisonner encore moins son niveau d'intelligence, C'est son esprit. Son esprit tel que Dieu veut qu'il soit.

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TONTON i - 13.04.2018 11:07

Bien le bonjour chez vous Cher Professeur et chercheur, il est facile à mon esprit de déduire que vous l'êtes à lire votre article qui devrait rester du domaine de l'IA sans chercher à se comparer à ses bases empiriques vers ses perspectives ! Vous accepteriez que si les bases sont fausses le résultat le sera aussi ? Votre thèse devrait toute fois pour être vraisemblable joindre les conclusion des frères Dreyfus (pionniers à avoir écrit le correctif sur l'Intelligence Artificielle qui est en elle même la source parfaite de ce à quoi est l'intelligence humaine). Vous croyez en l'âme humaine, définissez, et donc non au subconscient animal (instinct de vos mots de simple...

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