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Disparition : la RDC rend hommage à André Bo-Boliko Lokonga

Disparition : la RDC rend hommage à André Bo-Boliko Lokonga 2018-04-16
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André Bo-Boliko Lokonga Monse Mihomo

Le Palais du peuple de Kinshasa a été le cadre choisi pour témoigner la reconnaissance de la nation tout entière au sénateur décédé le 30 mars dernier à Bruxelles, en Belgique, à l'âge de 83 ans.

La dépouille du patriarche politique est arrivée à Kinshasa, le 12 avril. Le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a ordonné des funérailles dignes du rang de l'illustre disparu dont le parcours politique force le respect. C’est à juste titre que diverses personnalités nationales ont haussé de leur présence la cérémonie d'adieu organisée au Palais du peuple.  Le Premier ministre, Bruno Tshibala, les présidents des deux chambres du parlement, Léon Kengo wa Dondo, pour le Sénat; et Aubin Minaku, pour l’Assemblée nationale; le directeur de cabinet adjoint du président de la République, Jean-Pierre Kambila; des sénateurs; des députés nationaux; des membres du gouvernement; des chefs d’entreprises publiques, etc., tous ont été là.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a lu l’oraison funèbre du gouvernement. « Toute la classe politique congolaise est en deuil, elle vient de perdre un acteur exceptionnel de l’histoire politique de la RDC », a-t-il dit. Il a relevé que Bo-Boliko Lokonga a fait montre de sagesse et d’expérience politique remarquable, ayant été un serviteur exemplaire, repère digne et respectable pour les générations futures. L'illustre disparu, a-t-il ajouté, personnifiait la grandeur dans la simplicité, un homme politique simple et non conflictuel qui laisse le souvenir d’une personne vertueuse et intègre, un serviteur infatigable de la République. Bref, un exemple à suivre.

Les hommages de Minaku et Kengo...

Pour sa part, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a débuté son adresse par le passage du livre de l’Ecclésiaste dans la Bible qui dit qu’il y a un temps pour rire et un temps pour pleurer. « Pour nous, le temps de pleurer a sonné, le ciel sur nos têtes s’est assombri car un monument, un baobab de l’histoire de notre pays est tombé par la force du destin (…) Le son lugubre et impitoyable de la trompette de l’ange de la mort a, dans un langage obscur, annoncé le nom de l’honorable sénateur André Bo-Boliko Lokonga Monse Mihomo ! Quelle grande perte pour cette nation, surtout pour la classe politique, les masses ouvrières et le monde syndical, les témoignages d’anciens fonctionnaires survivants de l’Assemblée nationale, l'ayant connu comme président de la chambre législative sont plus qu’éloquents à son sujet », a indiqué le président de la chambre basse du Parlement. Et de laisser entendre : « J’ai appris qu’il fut un speaker hors pair, doté, de par la nature, d’un sens très aigu de l’État, d’un calme imperturbable, quelles que soient les tensions et les divergences éclatées au cours des débats parlementaires. Par son aura, il jouissait de la part de tous, honneur, considération et respect ».

Aubin Minaku a, par ailleurs, fait mention de l’ouvrage "Lexique des assemblées politiques délibérantes",  édité en 2015, rédigé avec son collègue François Bokona Mwipa et dédié à André Bo-Boliko. « Nous avions décidé de le lui dédier, nous lui avions annoncé cette intention au cours d’une rencontre à sa résidence et c’était la dernière fois que je l’ai rencontré. Il nous avait remercié et s’était dit très honoré… », a-t-il confié.

Son président et collègue au Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a été un plus bref, certainement très ému. Il a rappelé que quatre ans auparavant, André Bo-Boliko avait perdu son fils, sa belle-fille et ses deux petits-fils dans des conditions dramatiques. Cette tragédie l’avait anéanti. Et il ne s’en est pas remis jusqu’à ses derniers instants sur terre. Léon Kengo a succinctement brossé la biographie politique de cette personnalité en ces termes : « C’est une illustre personnalité nationale que la mort vient de nous arracher. Déjà à l’aube du Congo indépendant, la présence d’André Bo-Boliko se fait distinguer dans la lutte pour le mieux-être de la classe laborieuse. Syndicaliste de carrière et de renom, il finit par élever son combat social au niveau politique. Il entre au Sénat en 1965 pour assurer la défense du souverain primaire. En 1970, il se retrouve à l’Assemblée nationale alors Conseil législatif, son savoir-faire le porte la présidence du Parlement qu’il conduira de 1970 à 1979. Toujours remarquable dans sa carrière politique, il est nommé premier commissaire d’État (Premier ministre selon l’actuelle appellation) en 1979. En 1994, il fait son retour au Parlement comme conseil de la République. De 2003 à 2006, il est député de la transition ».

Le président du Sénat a, en outre, évoqué le passage d’André Bo-Boliko dans cette chambre, où il a été activif jusqu’à la fin de sa vie. « En 2007, il est réélu sénateur. Ses interventions dans l’hémicycle se faisaient toujours à bon escient pour faire entendre la voix de la sagesse. La défense des faibles a été le dénominateur commun de sa vie. Aujourd’hui, il a traversé la gloire du monde, il a accompli tout ce qu’il devait donner à la nation, il s’en est allé, comblé du travail bien fait... », a-t-il témoigné.

Après ces différentes interventions, André Bo-Boliko a été élevé au rang de dignitaire de la République par la Chancellerie nationale. Ensuite, diverses autorités et personnalités du pays ont déposé des gerbes de fleurs, à commencer par le Premier ministre, Bruno Tshibala. La dépouille d'André Bo-Boliko a été amenée à la cathédrale Notre-Dame pour une messe de requiem, lui qui avait été un fervent catholique. Elle a été ensuite conduite en sa dernière demeure au cimetière Benseke-Futi à Kinshasa.

Qui était Bo-Boliko ?

Né le 15 août 1934 à Lobamiti, dans le territoire de Kutu (l’actuelle province de Mai-Ndombe), André Bo-Boliko fait ses études primaires à la Mission catholique à Kutu, dans l’ex-province de Bandundu, et à Saint-Anne de Kinshasa. Il obtient le diplôme de l’École moyenne à Saint-Raphaël, toujours à Kinshasa, avant d'aller poursuivre ses études en Belgique où il décrochera, en 1958, son diplôme d’assistant social de niveau 1. Alors qu’il est en terre belge, il participe à la table ronde de 1960 à Bruxelles. C’est l’un des pères de l’indépendance qui vient tirer sa révérence. De retour à Kinshasa, il fait partie de la commission constitutionnelle mise en place pour l’élaboration de la loi fondamentale à Lualuabourg (actuelle Kananga).

De 1960 à 1961, il est commissaire général au Travail et à la prévoyance sociale au sein du gouvernement des commissaires généraux. André Bo-Boliko est élu sénateur de la deuxième législature de la première République en 1965, président de l’Union nationale des travailleurs du Congo en 1967. Président des parlements africains en 1968, il est membre du bureau politique du Mouvement populaire de la révolution, président du conseil législatif (1970 – 1979), premier commissaire d’État (1979-1980), président du conseil exécutif (1989), président du conseil consultatif permanent pour le développement de 1989 à 1990. Il crée, en 1990, le Parti démocrate et social-chrétien, un mouvement de l’opposition, et prend part aux travaux de la Conférence nationale souveraine de 1990 à 1992. En 1994, il revient au Parlement comme conseiller de la République et est député de la transition de 2003 à 2006, avant d’être réélu sénateur en 2007.

Marié et père de huit enfants, André Bo-Boliko a forcé l’admiration, ses mérites ont traversé les frontières nationales, ayant été décoré au Congo Brazzaville (où il avait des proches et dont une importante délégation dépêchée par le président Denis Sassou N'Guesso a assisté aux obsèques), au Cameroun, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Mauritanie, en Tunisie et en Roumanie.

Martin Enyimo
Adiac-Congo / MCN
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BOZINDO - 17.04.2018 07:59

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