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Burundi : référendum pour permettre à Nkurunziza de se maintenir au pouvoir

Burundi : référendum pour permettre à Nkurunziza de se maintenir au pouvoir 2018-05-15
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2018_actu/05-mai/14-20/nkurunziza_pierre_18_00001.jpg Bujumbura, Burundi-

Pierre Nkurunziza, président Burundais

Les Burundais se prononcent ce jeudi 17 mai 2018 par référendum sur une réforme de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en place jusqu'en 2034, confortant ainsi un pouvoir de plus en plus autocratique.

Avec des opposants impuissants, en exil pour la plupart, sous la coupe d'un régime brutal pour les autres, il ne fait guère de doute que le texte qui permettrait à M. Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020, sera adopté.

Quelque 4,8 millions d'électeurs, soit environ 40% de la population, voteront pour le "oui" ou le "non" ("Ego" et "Oya", en kirundi). Peu de voix devraient manquer à l'appel, car une peine d'"un à trois ans de prison" est prévue pour quiconque appellerait à l'abstention.

Comme depuis la candidature controversée en avril 2015 de M. Nkurunziza à un troisième mandat, qui a plongé le pays dans une crise politique ayant fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, la campagne pour le référendum a été marquée par les intimidations et la répression.

Le pouvoir a prévu un fort déploiement sécuritaire, par crainte que des groupes rebelles n'essaient de perturber la consultation. Des hommes armés non identifiés et aux motivations inconnues ont ainsi tué 26 personnes samedi dans le nord-ouest du pays.​

Au total, 26 partis, pour beaucoup proches du parti au pouvoir CNDD-FDD, et la coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi ("Espoir des Burundais") ont été autorisés à faire campagne.

Le CNDD-FDD a défendu le "oui" pour soutenir "l’indépendance et la souveraineté du Burundi", et en expliquant que "le projet de Constitution est une émanation de la volonté populaire".

"Arrêt de mort"

Le Cnared, la principale plateforme de l'opposition en exil, a appelé au boycott. A ses yeux, le texte, qui introduit des modifications d'ampleur, bouleverse l'architecture institutionnelle du pays, en signant "l'arrêt de mort" de l'Accord de paix d'Arusha.

Signé en 2000, il avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi. Il spécifie qu'aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans.

Les partis d'opposition intérieurs et Amizero y'Abarundi, conduite par le leader des ex-rebelles hutu des FNL, Agathon Rwasa, et représentée par cinq membres au gouvernement, sont aussi opposés à cette réforme.

Mais ils appellent à voter "non" plutôt qu’au boycott, par crainte de possibles représailles. Tous ont regretté de n’avoir reçu que très tardivement le texte définitif, officiellement publié le 8 mai seulement.

Populaire, M. Rwasa a réussi à mobiliser du monde, malgré l'arrestation de 30 de ses militants pendant la campagne. Lundi, "une véritable marée humaine" selon des journalistes sur place, a déferlé dans les rues de Gitega (centre), la deuxième ville du pays, pour son dernier meeting.

Le projet de révision a été critiqué par la communauté internationale, notamment l'Union africaine qui n'a pas envoyé d'observateurs. Les organisations de défense des droits de l'Homme ont également dénoncé la répression qui accompagne ce référendum et l'absence de réel débat démocratique.

"Campagne de terreur"

Le pouvoir "mène depuis fin 2017 une campagne de terreur pour contraindre les Burundais(es) à voter +oui+", constate, dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), qui dénonce les enlèvements, meurtres, passages à tabac ou arrestations arbitraires d'opposants présumés.

Ceux-ci ont été décrits, au plus haut sommet même de l’État, comme des ennemis de la Nation. Cela a amené les évêques de l'influente Église catholique à dénoncer un climat de "peur" et à juger que "le moment n'est pas opportun" pour une telle modification de la Constitution.

Pour accentuer son contrôle, le régime a aussi multiplié les mesures de rétorsion à l'égard des médias. Les radios britannique BBC et américaine VOA ont ainsi été interdites de diffusion pendant six mois.

Pour nombre d'observateurs, cette réforme risque surtout de radicaliser les positions des uns et des autres et de rendre encore plus difficile un retour au dialogue que la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) tente péniblement de favoriser depuis des mois.

Remanier la Constitution pour se maintenir au pouvoir est une pratique populaire parmi les dirigeants africains et ceux de la région des Grands lacs en particulier.

Au Rwanda, Paul Kagame, homme fort du pays depuis 1994, a été réélu président en 2017 grâce à une semblable réforme. En Ouganda, la limite d'âge pour devenir président a été changée en 2017, pour permettre à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se représenter en 2021.


AFP / VOA / MCN
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8 commentaire(s)

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bob | 65TAKTN - posté le 15.05.2018 à 22:37

Encore une fois, ah ah ah ce continent est maudit franchement, en tout chez cela n'est pas possible la RDC c'est la RDC, qu'il vienne ici chez nous c'est là où il va comprendre que la RDC n'est pas facile à gérer

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Bondekwe | 7Q9HYP3 - posté le 15.05.2018 à 17:44

Le malheur de l'Afrique vient de ses dirigeants. Ce monsieur est un grand fan du foot. Quand il joue, il est interdit de s'approcher de lui quand il a le ballon à pieds. Deux jeunes congolais sont emprisonnés depuis des mois à Bujumbura pour lui avoir arraché le ballon des pieds au point de le faire tomber sur un terrain de foot. A ce point, vous dites que vous avez un bon dirigeant ? Et la RDC tente de copier cela. RIDICULE

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judas_jordan | EKY77VC - posté le 15.05.2018 à 17:07

Pierre Nkurunziza, un autre médiocre qui ne merite meme pas qu'on mentionne son nom.

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AZARIAS RUBERWA | DQK5DYT - posté le 15.05.2018 à 15:49

Il faut prendre les armes et reprendre les guerres partout et dans tous les pays du grand lac, car ceux qui sont au pouvoir des ces pays ne veulent pas la démocratie, la voix du peuple est celle de Dieu dit on, mais dans le grand lac, c'est la loi du plus fort qui triomphe, pour le moment, armons nous et entretuons nous come des animaux , si possible que les blancs viennent encore nous recoloniser même pendant 50 ANS encore, car entre nous nous ne sommes capable de rien pour le progrès de nos frères et sœurs, la voie de l’égoïsme demeure en nous, impossible de prendre la voie de la raison

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Past DSK | T9DTBCG - posté le 15.05.2018 à 15:28

Sasa bango, même si ta tête ne plait pas aux gens!!!!!

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Adolphe | M53ATP7 - posté le 15.05.2018 à 15:08

Le référendum au Burundi est un non événement pour la grande partie de burundais! Seuls les partisans du pouvoir en place jubilent. Tout homme est mortel, il n'y a que Dieu qui soit Éternel! Président à vie, et après! La mort ne respecte personne! Vive la DICTATURE!

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Mwana Inchi | 5XPIN43 - posté le 15.05.2018 à 14:27

Des médiocres de la pire espèces

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Anonyme | J4TI6QP - posté le 15.05.2018 à 14:26

Vanité des vanités. L'Afrique de grands lacs retourne aux mêmes causes qui ont introduit l'instabilité des régimes à savoir l'accommodation des textes et la dictature pour se maintenir au pouvoir par défi

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