
Monde
L'ancien ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson a dénoncé une fois de plus les propositions de Theresa May pour le Brexit, estimant que Bruxelles sortira « victorieuse » des négociations avec Londres.
« Je crains que le résultat inévitable soit une victoire pour l'Union européenne, avec le Royaume-Uni mis au tapis, 12 étoiles tournant symboliquement autour de notre tête à moitié étourdie », écrit l'ancien ministre conservateur dans l'édition de lundi du quotidien The Telegraph.
Boris Johnson avait claqué la porte du gouvernement dans la foulée du ministre responsable du Brexit, David Davis, en désaccord avec le « plan de Chequers » proposé par Theresa May, qui prévoit le maintien d'une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) après le Brexit.
Avec ces propositions, la cheffe du gouvernement a provoqué la fureur des partisans d'un Brexit « pur et dur », mais aussi le scepticisme des dirigeants de l'UE, qui ont mis en doute la viabilité de ce plan.
« Il peut y avoir certains aspects des propositions de Checkers qu'ils prétendent ne pas aimer [...]. Mais, en réalité, dans cette négociation, l'UE a jusqu'à présent remporté toutes les manches importantes », estime Boris Johnson.
Pour ce fervent « Brexiter », avec les propositions de Checkers, Londres s'est lancé dans la bataille « en agitant un drapeau blanc ».
Tandis que les négociations entre Londres et Bruxelles patinent, en particulier sur la frontière irlandaise, Boris Johnson a accusé le gouvernement de « n'avoir même pas essayé » de régler cette question.
Ses propos font écho à ceux de David Davis, qui a estimé dimanche que le « plan de Chequers » était « presque pire que de rester dans l'UE ».
La première ministre a, elle, promis de maintenir son projet, affirmant préférer une absence d'accord à des concessions accordées à Bruxelles.
Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a de son côté appelé Londres à détailler en urgence sa proposition sur l'Irlande.
S'il a ouvert la porte à une prolongation des négociations, qui étaient censées aboutir d'ici à un sommet des dirigeants des pays de l'UE le 18 octobre, M. Barnier a prévenu qu'un accord devait être trouvé « d'ici la mi-novembre », pour avoir le temps d'être ratifié par les parlements britannique et européen avant le Brexit, programmé fin mars 2019.
« C'est possible. Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas du temps, mais des décisions politiques », a-t-il déclaré dimanche au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
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