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Depuis quatre ans, on ne compte plus les morts : qui tue à Beni ?

Depuis quatre ans, on ne compte plus les morts : qui tue à Beni ? 2018-09-25
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Dans cette tragédie qui se déroule depuis quatre ans au Nord Kivu et particulièrement dans la ville de Béni et ses environs et qui prend de plus en plus les allures d’un génocide, les principaux accusés, à savoir d’une part, les rebelles du mouvement politico-militaire dénommé ADF-Nalu et d’autre part, les Maï- Maï défraient régulièrement la chronique nationale et internationale. Le sang coule à flots sous les yeux de la communauté internationale et surtout de la Cour Pénale Internationale ainsi que d’autres institutions judiciaires internationales.  A chaque attaque ou incursion, ce sont des dizaines pu des centaines des compatriotes qui sont massacrés sans ménagement comme des animaux sauvages.

Accusations croisées

On assiste aussi à des accusations croisées. D’un côté, les FARDC accusent les populations autochtones d’être complices de ces Maï-Maï et ces rebelles d’origine ougandaise en les cachant dans leurs villages, en leur fournissant des vivres et surtout en refusant de les dénoncer aux autorités politico-militaires.

Pour leur part, les autochtones et particulièrement les différents activistes des Ong de défense des droits de l’homme  ne cessent de pointer du doigt les FARDC, dont certains éléments sont soupçonnés d’entretenir des accointances criminelles avec ces éléments de l’ADF-Nalu ou Maï-Maï pour semer la mort et la désolation à travers le territoire de Beni et ses environs.

Questions de fond

Face à ce tableau apocalyptique marqué par cette tragédie délibérément entretenue et inimaginable caractérisée par ces massacres, viols massifs, destructions méchantes et déplacements répétitifs des populations civiles non armées, la question est de savoir pourquoi ces éléments de l’armée régulière, à savoir les FARDC ainsi que ceux de la Monusco qui patrouillent constamment dans cette partie du Congo démocratique, ne parviennent toujours pas à mettre fin à cette insécurité récurrente.

Alors qu’ils disposent des équipements militaires de pointe, dont des aéronefs appelés «Drones», des hélicoptères, des véhicules blindés ultramodernes, des chars de combat et d’autres appareils sophistiqués de guerre.
Avec un dispositif militaire aussi puissant que dissuasif, sans oublier les appuis diplomatiques avec en pointe la présence depuis près de quinze ans d’une force militaire de l’ONU, il est difficile de faire admettre à l’opinion que l’insécurité continue à régner à Beni et ses environs. Pourquoi ces deux armées ne parviennent toujours pas à reprendre le contrôle effectif de cette partie du territoire national ?

Agenda caché à Kinshasa ?

Si l’on ergote en cachette sur le silence gêné de la communauté internationale face à cette tragédie d’un genre nouveau, l’attention des observateurs est tournée vers la classe politique et particulièrement le pouvoir. Existerait-il au niveau de Kinshasa un agenda caché destiné à entretenir un no man’s land à l’Est pour pouvoir torpiller, le moment venu, le processus électoral ? Sinon, à qui profiteraient les centaines des milliers des morts, le trafic illégal des matières précieuses, les déplacements répétitifs des populations civiles innocentes et non armées, les viols massifs et les destructions méchantes des infrastructures économiques, industrielles et commerciales ?

Discours officiel déphasé

Il ne se passe plus une semaine sans que des compatriotes ne soient surpris nuitamment par des éléments armés, tantôt en tenues ou déguisés. Cela, dans leurs maisons aux champs et parfois sur des routes menant vers Beni et ses environs. Or, c’est là où patrouillent régulièrement les éléments de l’armée nationale régulière ainsi que ceux de la Monusco.

Sur le plan politique, on remarque que l’opinion est sevrée de discours des officiels vantant à cor et à cri le règne et l’existence de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Or, outre le Nord Kivu, la paix et la sécurité demeurent encore un leurre à travers le pays. Au Kasaï, au Nord-Katanga, en Ituri et au Sud Kivu, le sang des congolais continue à couler à flot.
En un mot comme en mille, le pays réunit toutes les caractéristiques d’un champ d’expérimentation des crimes de tous genres depuis l’avènement du régime de l’AFDL-CPP en 1977.

Il est aussi navrant de constater le silence bizarre des ressortissants de ces parties endeuillées face au génocide qui se perpétue jusque dans leurs habitations, n’épargnant personne et touchant surtout des être faibles et sans défense.


Le Phare
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