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Santé

Tolérance zéro : nécessité de réglementer le fonctionnement des bars, terrasses et hôtels

2014-03-28
28.03.2014 , Kinshasa
Santé
2014-03-28
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A en juger par la manière dont les bars, les terrasses et les hôtels fonctionnent dans la ville province de Kinshasa, il y a de quoi reconnaître que notre société est mal embarquée, à telle enseigne que si le fonctionnement de ces lieux devenus de prédilection pour bon nombre d'entre nous n'est pas réglementé, ce sera le suicide.

Les bars et les terrasses implantés à Kinshasa fonctionnent pour la plupart en marge des prescrits en la matière : un certain libertinage quant aux heures d'ouverture et de fermeture. Ce qui pousse d'ailleurs certaines langues à déclarer que les bars et terrasses fonctionnent 24 h/24 h. Avec eux d'ailleurs, le bruit distillé à plusieurs décibels sans tenir compte de son impact négatif et sur la  productivité et sur la santé.

Un autre mal que le fonctionnement à contre courant des bars et terrasses véhicule avec lui, c'est l'alcool. Certains de nos compatriotes estiment que la leçon sur les méfaits de l'alcool ne peut être mieux donnée par l'Eglise, et mieux, les Eglises de réveil qui semblent avoir fait de cette matière leur cheval de bataille. Que c'est non ! Je m'en veux pour preuve cette démonstration : les Eglises de réveil les mieux peuplées de Kinshasa (et elles ne sont pas plus de 10) ne comptent pas chacune plus de 500 âmes. Quant aux autres, elles sont chacune en deçà de 1.000 fidèles. Or, la ville de Kinshasa compte à peu près 11.000.000 d'habitants. Ainsi donc, le message lancé par les églises contre la consommation de l'alcool est loin d'atteindre même le 1/3 de kinois.

A une certaine époque, une certaine réglementation était mise sur pied : les bars et terrasses ne pouvaient pas ouvrir avant 18 h 00. Avec ce qui se passe actuellement, la criminalité est en hausse, les accidents de la circulation (surtout avec les fameux 207) ne sont plus à compter.

Les tenanciers des bars et terrasses pouvaient pourtant aider leurs clients à consommer sur mesure. Malheureusement, pendant le jour, ils regardent des gens s'intoxiquer en ingurgitant plusieurs ml d'alcool, comment peut-on, au nom de l'argent, laisser quelqu'un consommer seul 5, 6 bouteilles d'alcool ? Il y a là de quoi évoquer la "non assistance à personne en danger". Avec comme conséquence en aval : les enfants alcooliques, idiots ou débiles, tout simplement puisque les parents avaient pris la grande tasse.

Pour ce qui est des hôtels, c'est toute une histoire. Ces bâtiments, appelés communément lieux d'aisance sont les véritable siège d'antivaleurs. Avec l'argent, pas question que le gérant ou le garçon de chambre sache qui est qui. Des vieux papas entrent bras dessus-dessous avec des mineures, des épouses d'autrui bien fichées sont reçues à bras ouverts, des voyous à peine vêtus ne se voient pas fermer la porte au nez, bref, pas de conditions lorsqu'on a l'argent. Les pièces d'identité ne sont ni contrôlées, ni gardées à la réception. Conséquence : ce sont les fœtus qu'on ramasse chaque jour dans les ruisseaux et dans les dépotoirs ; ce sont des décès des filles et des femmes à cause des avortements provoqués et non réussis ; c'est aussi et surtout le sida distribué à grande échelle, et donc la mort.

Que faire ?

Il n'y a pas à tergiverser. Les autorités doivent être très regardantes si on veut que ce mal soit jugulé. Jacques Batigne, homme des lettres français du XXe siècle a, à ce sujet, écrit dans son livre « Un juge récidive » : « Si on veut qu'il y ait de moins en moins des crimes, il faut arrêter de plus en plus des criminels ». En clair, pour notre cas, les autorités doivent être regardantes avec les tenanciers des bars, terrasses et hôtels, les mettre à contribution et surtout réglementer (tout en assurant le suivi) le fonctionnement de ces maisons. Si on ne peut le faire, notre société aura choisi la voie du suicide.


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