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Le géant chinois des télécoms, qui risque de perdre son accès à Android du fait des sanctions américaines, a présenté vendredi un nouveau système d'exploitation qui doit équiper ses téléphones portables.
Huawei, numéro deux mondial des smartphones, s'est retrouvé piégé en mai par les rebondissements de la guerre commerciale entre Pékin et Washington sur fond de rivalité technologique.
Le géant chinois des télécoms, considéré comme le leader de la technologie 5G, s'est vu inscrire sur une liste noire par l'administration Trump, soupçonné de fournir des portes dérobées aux services de renseignement chinois, ce que le groupe dément. Résultat, les entreprises américaines ne sont, en théorie, plus autorisées à lui vendre des produits technologiques. Mais une période d'exemption de trois mois - qui doit prendre fin la semaine prochaine - a été accordée par Washington.
Cette interdiction concerne également Google et la fourniture de son système Android, notamment des puces de smartphone et des éléments clés du système d'exploitation Google Android, qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde, dont ceux de Huawei. Le groupe s'est toujours publiquement défendu de vouloir remplacer sur ses téléphones Android par un système d'exploitation maison. Huawei affirme y être contraint par les sanctions américaines.
HarmonyOS, la parade de Huawei

Ainsi, ce vendredi, 9 août 2019, en introduction de la Huawei Developers Conference, le constructeur chinois a officiellement annoncé HarmonyOS, son système d’exploitation maison. Compatible avec les smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisions, montres et objets connectés, il sera proposé sur un premier appareil, une TV, avant la fin de l’année 2019. Puis en 2020, on le verra débarquer sur les montres et bracelets connectés de la marque, ainsi que sur certains modèles d’ordinateurs portables.
"Nous voulons apporter davantage d'harmonie dans le monde", a déclaré le directeur exécutif de la firme, Richard Yu lors d'une conférence du groupe à Dongguan (sud de la Chine).
Huawei envoie un message fort : son écosystème peut être étendu à absolument tous les appareils (c’est le rêve de Google avec Fuchsia) et est capable de remplacer à moyen terme les solutions des géants de la tech américains, à commencer par Android et Windows. Le groupe a fait savoir qu’il souhaitait conserver Android pour ses smartphones et tablettes, mais qu’en cas de soucis avec l’administration des États-Unis, il était prêt à basculer vers HarmonyOS.
De plus, si le Play Store et les services Google ne seront forcément pas disponibles, les applications Android seront quant à elles bien compatibles. Les développeurs n’auront donc pas créer une version spécifique de leur app pour HarmonyOS, ce qui garantit un catalogue d’applis bien fourni dès le lancement. Les utilisateurs ne seront ainsi pas perdus et pourront continuer à utiliser leurs apps favorites. Une excellente nouvelle alors que les anciens concurrents d’Android (Windows Phone, Palm OS…) se sont effondrés notamment à cause du choix restreint d’application. Ici, il faudrait bien sûr changer ses habitudes, mais rien de rédhibitoire.
Par ailleurs, Huawei a confirmé ce que laissaient entendre plusieurs rapports : grâce à son architecture unique, son système d’exploitation est plus rapide et moins gourmand en ressources que ce que propose la concurrence. Bref, le constructeur crie haut et fort : nous n’avons pas besoin des technologies américaines et nous pouvons même faire mieux.
Huawei a encore du chemin à faire

Le nouveau système d'exploitation présenté par le géant chinois ne vient pas de nulle part. La firme de Shenzhen (sud de la Chine) planche en effet depuis 2012 sur son propre système d'exploitation, initialement conçu pour l'internet des objets.
Et il semble y avoir de l’espoir pour HarmonyOS si toutes les promesses sont tenues. Mais si les sanctions américaines à son encontre se confirment, cela ne suffira pas. Car Huawei reste pour l’instant dépendant des États-Unis vis-à-vis du hardware.
On pense notamment à ses SoC Kirin basés sur la technologie ARM, en principe britannique mais qui reprend elle-même quelques éléments technologiques détenus par des entreprises américaines, empêchant ainsi Huawei d’y avoir recours si l’interdiction pure et simple de collaborer avec des sociétés américaines ou des sociétés internationales sous contrat avec des groupes américains est validée.
On ne sait pour l’instant pas quelle va être la décision des États-Unis, qui utilisent Huawei comme levier de pression dans sa guerre commerciale contre les États-Unis. Pour l’instant, le groupe chinois est placé sur la liste des entités, réduisant largement son champs d’action. Un répit de trois mois lui a été octroyé mi-mai et s’achève donc mi-août. Si Huawei desserre l’étau et peut un peu mieux respirer grâce à HarmonyOS, il est donc encore loin d’être 100% indépendant.
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Huawei a officiellement présenté Harmony OS. Le système d’exploitation, compatible avec tous les appareils connectés, ordinateurs portables et smartphones inclus, qui lui permet de s’offrir une certaine indépendance vis-à-vis d’Android, de Windows, et des