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Nouveau gouvernement : éclairage partiel sur les ministres nommés

Nouveau gouvernement : éclairage partiel sur les ministres nommés 2019-08-27
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Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier ministre de la RDC

Le nouveau gouvernement congolais est constitué aux trois quarts de personnes qui n’avaient jamais été ministres. Certains sont peu connus et il est donc difficile de les présenter. La Libre Afrique.be donne quelques éléments biographiques des plus connus des membres du nouveau gouvernement.

Vice-Premier ministre et ministre de la Justice: Célestin Tunda ya Kasende. Né à Bukavu en 1954 dans une famille d’ethnie Songye, il a fait ses études chez les jésuites et obtenu une licence en Droit à l’université de Kinshasa en 1983. Avocat (1983-2002) et assistant à l’Unikin, il devient directeur puis administrateur directeur général adjoint à la Cohydro. Durant la transition sous Mobutu, il a approché l’UDI, selon Jean Omasombo (« Biographies des acteurs de la Troisième République »), avant de se rapprocher des Kabila et devenir député PPRD pour Lubao en 2007.

Vice-Premier ministre et ministre du Budget: Jean Baudouin Mayo (UNC) est un cadre supérieur du parti de Vital Kamerhe, qu’il n’a pas hésité à critiquer publiquement à l’occasion. M. Mayo a été un député apprécié pour son sérieux et ses interventions intelligentes et critiques devant l’Assemblée nationale. 

Vice-Premier ministre et ministre du Plan: Elysée Munembwe. Née en 1960 et originaire du Nord Kivu, Mme Munembwé est licenciée en Sciences de l’Education et Psychologie du Travail de l’Université de Kisangani. Elle est membre fondatrice du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie, rébellion contre Laurent Kabila) en 1998, qu’elle quitte deux ans plus tard pour passer, avec Alexis Thambwe, au MLC (alors encore rébellion armée) de Jean-Pierre Bemba en juillet 2000. En 2003, elle devient ministre de l’Enseignement primaire et secondaire du gouvernement de transition sur le quota du MLC et, en 2005, est nommée administratrice directrice générale adjointe de la SNEL. Elle sera députée élue de Walikale (Nord-Kivu) en 2006, poste qu’elle conservera ensuite. Elle a réussi à se faire « élire » (les élections ont été frauduleuses) à toutes les élections de 2018-19: députation provinciale, députation nationale, sénat, pour le camp Kabila. D’ethnie Lega par son père et Havu par sa mère, elle est considérée comme un important dirigeant du Sud-Kivu. Elle passe pour avoir beaucoup investi au Kivu, notamment dans les mines au Nord-Kivu.

Aux Affaires étrangères, on trouve Marie Ntumba Nzenza (UDPS) qui annonce sur Linkedin une licence en Sciences sociales de l’ULB (1974). Elle fut chargée des Relations internationales de l’UDPS par Etienne Tshisekedi, avant que ce poste échoie à Félix Tshisekedi.

Ministre de la Décentralisation: Azarias Ruberwa. Un second couteau du camp kabiliste, qui aura fait allégeance à presqu’autant de chefs différents que Lambert Mende au cours de sa vie politique. Tutsi Munyamulenge du Sud-Kivu né en 1964, M. Ruberwa a obtenu une licence en Droit de l’université de Kalemie en 1989 et devient avocat au barreau de Lubumbashi en 1990. Il entre en politique en 1997, comme directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Bizima Karaha et membre fondateur du RCD en 1998; il y occupera plusieurs postes dirigeants et passe, parmi les Banyamulenge, pour pro-Rwandais (par opposition aux partisans d’une plus grande indépendance de cette ethnie vis-à-vis des encombrants voisins). « Born again christian », M. Ruberwa est aussi pasteur. En 2002, il représente le RCD au Dialogue intercongolais mais s’opposera aux accords de Sun City, rappelle Omasombo (ouvrage cité). En 2003, il est porté à la tête du RCD-Goma, au nom duquel il devient vice-Président de la République lors de la transition « 1+4 ». A l’élection présidentielle de 2006, il n’obtiendra que 1,7%. Dans les années qui suivent, il s’allie aux uns ou aux autres, selon les circonstances, le plus souvent au profit de Joseph Kabila.

On retrouve, parmi les noms connus, Pius Mwabilu à l’Urbanisme. Directeur de publication du journal kabiliste L’Avenir et propriétaire d’une télévision, RTG , il était député pro-Kabila pour Kinshasa (Mont Amba). Il avait toutefois quitté le PPRD pour créer son propre (petit) parti, le CNC, membre de la coalition pro-Kabila, après que la garde présidentielle eut tabassé ses journalistes.

A la Défense, on retrouve le kabiliste Aimé Ngoy Mukena. Ce Lubakat, docteur en Philosophie de l’université de Lausanne muni d’un diplôme en Théologie (il est pasteur pentecôtiste), est un membre fondateur du PPRD, dont il a été député pour Malemba Nkulu (Nord-Katanga) depuis 2006. Au sein du parti, il a été chargé de l’Intérieur et de la Décentralisation. Gouverneur du Katanga de novembre 2001 à mai 2004, ce parent de John Numbi (ancien chef de la police kabiliste, frappé par des sanctions américaines et européennes depuis 2016 en raison de son rôle dans la répression sous Kabila fils), est aussi parent du chef Makabe, dont il a favorisé la milice, tout comme celle du tueur Gédéon Kyungu; ces deux derniers sont connus au Katanga pour leurs exactions sanglantes contre des populations civiles. En 2003, la Commission Justice et Paix de Lubumbashi avait accusé Aimé Ngoy Mukena d’avoir réorganisé les milices de Makabe et Gédéon et de s’être comporté « en chef des Maï Maï ». Selon la Monuc (Mission de l’Onu au Congo), comme gouverneur, il avait nommé en 2003 Makabe responsable de la Sécurité dans le territoire de Malemba Nkulu, alors que John Numbi – à l’époque commandant de la Force aérienne congolaise – ordonnait à l’armée de quitter la zone.

Dans une vidéo parue sur Jambo News Channel (6 déc. 2015), M. Ngoy Mukena dit avoir construit l’image de Joseph Kabila comme Katangais et fils de Laurent Kabila, notamment en ajoutant « Kabange » (« jumeau ») comme post-nom pour lui donner l’identité katangaise qui lui faisait défaut (ses adversaires accusent Joseph Kabila d’être Rwandais).

En décembre 2014, Ngoy Mukena est devenu ministre de la Défense du gouvernement Matata II, ce qui avait été vu comme une tentative de Joseph Kabila de contrôler les Maï Maï. En 2015, il devient ministre des Hydrocarbures, poste qu’il gardera sous l’éphémère gouvernement Badibanga.

Au Commerce extérieur, on trouve Jean-Lucien Busa, originaire de l’ex-Equateur né en 1962, qui avait été ministre du Plan dans le gouvernement Badibanga (2016-2017). Il avait, avant cela, travaillé à la Snel, été assistant du directeur de cabinet du président Mobutu puis directeur administratif et financier de ce cabinet, avant de passer au cabinet du ministère des Sports. En 2006, il avait été élu député MLC de Budjala. Membre de la coalition pro-Kabila, il était fâché, dernièrement, après l’invalidation par la Cour constitutionnelle de ses « élus » (les élections ont été largement fauduleuses).

Aux Postes, Telecoms et Nouvelles Technologies, voici Augustin Kibasa Maliba, né en 1971, (UDPS/Kibasa, dissidence très minoritaire de l’UDPS, moins centrée sur les Kasaïens que le courant majoritaire, l’UDPS/Tshisekedi et plus « intellectuelle »; fondée par Frédéric Kibasa Maliba, père du nouveau ministre, décédé en 2003). L’UDPS/Kibasa avait rallié la Majorité présidentielle kabiliste lorsqu’en mai 2015, elle s’en retira pour protester contre le « flou » entretenu autour d’un possible troisième mandat – interdit par la Constitution – pour Joseph Kabila. La sœur d’Augustin, Isabelle, est députée provinciale socialiste en Belgique et mariée à un frère du président Félix Tshisekedi.

Le nouveau ministre de l’Environnement, Claude Nyamugabo, est un Shi de Kabare (Sud-Kivu), ayant étudié le Droit à l’université de Lubumbashi. Avocat à Kinshasa, il devient en 2005 vice-ministre des Droits Humains dans le gouvernement de transition « 1+4 ». En 2008, il sera ministre des PME dans le gouvernement Muzito. Il était gouverneur du Sud-Kivu lors des élections de 2018, ayant succédé à Marcellin Cishambo.

L’Emploi est confié à Mme Nene Nkulu, qui s’était fait connaître il y a quelques mois en conduisant une dissidence pro-Kabila de l’AFDC-A, lorsque cette plate-forme kabiliste dirigée par Modeste Bahati a rompu avec le PPRD (parti de Kabila), l’accusant de monopoliser les postes à son profit alors que l’AFDC-A avait « remporté » (les élections de 2018-2019 ont été frauduleuses) 41 sièges de députés, contre 56 au PPRD. Mme Nene Nkulu a été suivie dans cette dissidence par Steve Mbikayi (voir ci-dessous). Ces deux personnes pourraient avoir été, par ces postes ministériels, remerciées pour ce « service » alors qu’elles risquent d’être privées de siège. En effet, au Congo, lorsqu’on quitte un label politique, on perd son siège; or, la dissidence n’a gagné que 13 des 41 « élus » de l’AFDC-A; Modeste Bahati gardant le contrôle du parti, ils risquent donc l’exclusion du parti, donc l’invalidation.

Steve Mbikayi devient ministre des Actions humanitaires. Luba du Kasaï oriental né en 1964, il fut cofondateur du syndicat Solidarité à l’Onatra, puis son président. En 2003, il est désigné pour représenter la société civile au sein du parlement de transition, jusqu’à sa nomination comme administrateur directeur technique à l’Onatra; l’année suivante, le comité de gestion dont il est membre est dissout, accusé de mauvaise gestion. Fin 2016, il devient pour quelques mois ministre de l’Enseignement supérieur universitaire dans le bref gouvernement Badibanga avant d’être repris par son successeur Bruno Tshibala, Premier ministre sortant.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire est confié à Thomas Luhaka, un originaire du Maniema licencié en Droit et en Sciences politiques qui fut secrétaire exécutif puis secrétaire général du MLC. Il est connu pour son sang chaud: en mars 2006, il avait tenté de prendre de force le bureau d’Olivier Kamitatu, président de l’Assemblée nationale, avec des hommes en armes; ayant trouvé les lieux fermés, il était reparti et quand Kamitatu s’était présenté devant les députés, celui-ci avait été acclamé par ses pairs. En 2014, Luhaka avait été ministre des Postes et Télécoms du gouvernement Matata II, ce qui lui avait valu son exclusion du MLC. Lui aussi fut ministre de Badibanga, aux Travaux publics. Il est – surtout, disent les mauvaises langues – le mari d’une cousine de Maman Sifa, la mère de Joseph Kabila.

A l’Industrie, on trouve Julien Paluku, pilier du PPRD kabiliste et ancien gouverneur du Nord-Kivu. Ce Nande né en 1968 est gradué en Développement rural et licencié en Santé et Développement. Il occupe diverses fonctions administratives dans son Lubero natal avant de devenir maire de Béni en 2005, élu député provincial pour Butembo en 2006 et gouverneur de la province en 2007. Julien Paluku n’y a pas fait d’étincelles, aux yeux de la population, puisque celle-ci, après avoir voté largement pour Joseph Kabila en 2006, est ensuite devenue anti-Kabila. Julien Paluku avait, il est vrai, avoué qu’il était plus dévoué au Président qu’à ses électeurs puisqu’il avait déclaré, lors d’un meeting, le 23 avril 2016 (8 mois avant la non-organisation de l’élection présidentielle due en décembre 2016): « Nous inventons tous les moyens pour rester le plus longtemps possible au pouvoir ». On peut se demander comment il s’entendra avec son collègue Rubens Mikindo, nouveau ministre des Hydrocarbures, militant UDPS qui a longtemps été le souffre-douleur du désormais ex-gouverneur du Nord-Kivu, qui le faisait jeter en prison à chaque manifestation à Goma.

Enfin, on note la présence de deux membres du Palu (le parti de feu Gizenga; pro-kabila) au gouvernement: le ministre des Transports, Didier Mazengu, et le vice-ministre à la Coopération internationale, Valery Mukasa. A noter que ce dernier fut le directeur de cabinet de l’inamovible ministre Palu des Mines depuis 2007, Martin Kabwelulu. Il faut ajouter qu’au Nord-Kivu, le nouveau gouvernement a suscité la colère des Hutus qui n’y ont aucun représentant bien qu’ils soient la seconde ethnie après les Nandes.

Marie-France Cros
La Libre Afrique / MCP, via mediacongo.net
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L'unité | 5O7OOY8 - posté le 28.08.2019 à 08:56

La libre Afrique...

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Bin Richard | LQEACAR - posté le 28.08.2019 à 06:06

Shaka, anaonyme rêve ! Laisse-le rêver,il se rendra compte

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SHAKA | 2ZKD172 - posté le 27.08.2019 à 16:45

ANONYME : tu expert quoi avec ça ? cela n'auras aucun effet FELIX resteras président malgré les publications qui seront balayer d'un revers de la main ,regarde l'exemple du Venezuela ou GUAEDO avez gagnés les élections mais changé par MADORU,GUAEDO malgré le soutien de la presse dont tu parle des USA et le président TRUMP en personne, tout les pays occidentaux et la population mais cela n'as aucun effet sur le président MADURO qui garde le pouvoir

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anaonyme | 92D3XD4 - posté le 27.08.2019 à 14:57

TSHILOMBO est mal barre : trop de gens possèdent sous forme éléctronique les VRAIS s résultats des élections et parmi eux beaucoup non repris dans le gouvernement. Bientôt la presse internationale et les réseaux sociaux seront inondés par les PV bureau par bureau des présidentielles montrant que THSILOMBO n’ a eu que 15pc.Parmi le mécontents LES PLUS A CRAINDRE : FILS MOKOKO , Peter KAZADI , Jacmin SHABANI , BILLI KAMBALE , François MWAMBA ,Yves Kisombe, Francis Kalombo,Papy TAMBA , Claude MASHALA ,FIOU NDONDOBONI ,Eleizer Tambwe, Alain Atundu, Frank Diongo,Diomi NDONGALA , BOSHAB ,SHADARY KOKONIANGI ,MINAKU ,KALEV ,KIKAYA BIN KARUBI,JP KAMBILA ,NEHEMIE MYLANYA ces...

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