Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



mediacongo
Retour

Musique

Abeti Masikini demeure la « tigresse aux griffes d’or » forever

2019-09-28
28.09.2019
2019-09-28
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2019_actu/09-sept/23-29/abeti_masikini_19_000.png -

Abeti Masikini, la tigresse de la musique congolaise

Abeti Masikini, de son nom de famille Elisabeth Finant, est l’une des artistes-musiciennes africaines à avoir révolutionné la musique sur le continent en fusionnant les différents rythmes du monde au folklore de la province de la Tshopo, dont elle est originaire, affirme-t-on, dans plusieurs milieux culturels artistiques, en marge du 34ème anniversaire de sa mort, le 28 septembre 1994.

Elle figure parmi les rares chanteuses d’Afrique à avoir eu une carrière internationale en influençant plusieurs femmes africaines par son style de maquillage, de coiffure à la mode et d’habillement, qui continue à faire d’elle, la « femme actuelle et celle de tous les temps », même après sa disparition sur « La terre des hommes ».

Une voix soutenue par une inspiration des œuvres ont permis à la diva d’être elle-même à travers son identité bien qu’elle a eu des références comme Miriam Makeba, Utabela et Bella Bellow – autres femmes chanteuses africaines s’étant démarquées avant elle à travers le monde.

« Tantine Abeti », comme l’appelaient ses admirateurs, a été l’une des femmes congolaises à s’imposer professionnellement dans le monde musical de la RDC, dominé par des hommes. Elle est une figure marquante et un modèle d’émancipation de la femme dans la musique africaine contemporaine.

Son style musical, très éclectique, est teinté de diverses tendances à savoir la rumba congolaise les bleus, le soul le folk et le soukous.

Elle a produit ses premiers albums en 1973 avec des titres phares comme « Mutoto wangu », « Bibile », « Aziza », « Miwela », « Safari » et « Papy yaka », permettant ainsi à son manager Gérard Akweson de lui décrocher un contrat juteux à l’Olympia de Paris durant la même période, avant même la sortie de ses premiers 33 tours.

En route vers la célèbre salle parisienne, elle proposera un spectacle intitulé « Soleil à Dakar », au Sénégal, devant feu le Président poète Léopold Sédar Senghor dont les recettes de ce concert avaient été versées à la caisse d’aide aux populations victimes de sécheresse dans ce pays.

Les Kinois et le monde entier se souviennent encore qu’en octobre 1974, elle avait partagé la scène avec James Brown, Myriam Makeba, à New York, et avec Luambo Makiadi Franco au spectacle d’ouverture du combat du siècle Mohamed Ali contre George Foreman, au stade du 20 Mai (redevenu stade Révérend Raphaël de la Kethulle de Ryhove), à Kinshasa.

L’année suivante, la cantatrice sort son deuxième album intitulé « La voix du Zaïre», avec des titres tels que « Likayabu », « Yamba Yamba », « Kiliki Bamba », « Nakupenda », « Ngoy aye », « Bella Bellow ». A cet effet, sa popularité surtout en Afrique de l’ouest ne sera plus à démontrer et sa prestation marquante à l’Olympia en 1973, lui vaudra une seconde invitation pour deux soirées, en avril 1975, dans le même music-hall.

Le tout commence pour Abeti en 1971 lorsqu’elle participe à un concours de la chanson, organisé par l’artiste-musicien Gérard Madiata, où elle se classe troisième. Elle laisse alors libre cours à sa passion pour la musique, à la grande surprise de sa famille. Elle modifiera sa date de naissance en y ajoutant trois années de plus alors qu’elle n’a que 17 ans. Elle se fait appeler Betty Finant et se produit dans des petits clubs.

De temps en temps, on la voit en lever de rideau de Zaïko Langa Langa, en matinée, à la boîte La Fontaine, au croisement des avenues Kanda-Kanda et de la Kethulle – devenue avenue de l’Enseignement -, dans la commune de Kasa-Vubu.

Plus tard, elle montera, avec l’aide de quelques proches, un groupe dont le guitariste est son jeune frère, Jean Abumba. L’orchestre portera le nom de « Redoutables » avant de recourir au concours du chorégraphe Jeff pour monter, autour de Jackie Olandjo, une demi-douzaine de danseuses appelées « Les Tigresses ».

Elle fut mariée au célèbre manager togolais, Gérard Akweson, avec qui elle eut quatre enfants : un fils, Gérard, et, trois filles, Yolande, Harmony et Germaine (fille adoptive). Lors de son passage à Kinshasa, celui-ci joue le rôle de plaque tournante dans la planification de ses productions et des contrats

En compagnie de tout son monde, elle sillonne l’Afrique de l’Ouest avec un spectacle époustouflant de deux heures. Le Bénin l’accueillera ainsi que la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, la Guinée, le Sénégal, le Ghana et le Nigeria, où elle rencontre Fêla Kuti, le roi de l’afro-beat, et enregistre dans le même studio que lui.

Née le 9 novembre 1954 à Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) dans la province de la Tshopo, dans une famille bourgeoise de huit enfants. Elisabeth Finant Masikini est morte d’un cancer le 28 septembre 1994, à Villejuif, en France.

Le triomphe à l’Olympia…

Son premier passage à l’Olympia de Paris, le 19 février 1973, âgée alors de 19 ans, fut un succès sans précédent dans la mesure où il lui a permis de rencontrer plusieurs vedettes de la chanson française notamment Mireille Mathieu, Hugues Auffray. Elle côtoie les plus grands du monde, tels que Mohamed Ali, James Brown, Myriam Makeba, le Roi Pelé, Bruno Coquatrix – le patron de l’Olympia – et tant d’autres.

Abeti puisait dans la musique traditionnelle et folklorique. Elle chantait en swahili, sa langue maternelle, en lingala, ensuite en français et en anglais, cela en signe d’ouverture sur le monde en vue de mieux communiquer avec le public de plus en plus hétéroclite, qui appréciait sa musique résolument avant-gardiste.

L’année 1976 sera un challenge car, pour la première fois depuis le début de sa carrière, elle rencontre, sur le plan discographique et scénique, une « rivale » du nom de M’Pongo Love (1956-1990). Laquelle a fait intrusion sur le hit-parade kinois ainsi que les ondes de la radio nationale, avec son titre « Pas possible Maty ».

En avril 1977, Gérard Akweson pousse sa pouliche à accepter un concert en compagnie de M’Pongo Love au ciné Palladium, à Kinshasa. Les deux artistes, chacune dans son style, portera très haut le flambeau de la musique féminine africaine et pavera le sentier pour les futures chanteuses.

Toutefois, Abeti devra remettre sa carrière en question. Le style plus blues-folk africain qu’elle faisait jusque-là ne plaisait pas à certains. Elle se battra désormais pour plaire à ce public. Certains la critiquèrent en disant que son répertoire, plus destiné aux swahiliphones, ne touchait pas l’ensemble des Congolais qui apprécient plus les chansons populaires chantées en lingala, l’une des quatre langues nationales du pays.

Par contre, ce même répertoire lui avait ouvert les portes du succès hors du pays. En septembre 1977, Abeti s’envole pour Paris enregistrer un nouveau disque produit par Slim Pezin, arrangeur et producteur très connu dans le monde musical français. Avec son manager, Gérard Akweson, qui se charge aussi de la direction artistique de l’album intitulé « Visages », Abeti se lance dans la nouvelle tendance qu’est le disco.

Elle ne perd pas pourtant son originalité, car les chansons sont en swahili, en lingala mais, aussi, en français. Elle hésite, malgré les critiques sévères dont elle est victime, de faire une musique totalement congolaise.

Pendant cette période, on écoutera les tubes comme « Assa Mubire, Motema pasi, Bisuivra-Suivra, Musampa, Unipé, Mateso ya Dunia », etc. Un grand changement s’opère aussi dans ses spectacles qui deviennent plus modernes.

La chorégraphe-chanteuse franco-sénégalaise Manow Balé vient à sa rescousse pour former les Tigresses, son groupe de danseuses. Le disque est un succès non seulement à Kinshasa mais, aussi, dans tous les hits afro-caraïbéens de l’époque durant des mois. Ses spectacles également affichent complet tant en soirée qu’en matinée. Abeti n’est plus seulement la « Tantine » des enfants, mais celle de tout le monde.

À la fin de l’année 1978, elle récidive avec un autre opus arrangé et produit par Slim Pezin. Elle offre la chanson intitulée « Glimbo » à ses petits fans et se souvient de sa ville natale, Kisangani, à travers le morceau « Singa Mwambé ». Ce sixième album compte aussi des chansons comme « Amitié », « Kupepe Suka », « We Muloko Wangu », etc.

En 1979, Abeti se produit à Londres dans la salle Royal Albert Hall. Profitant du succès de ses deux albums précédents, elle cherche, dès son retour à Kinshasa, à élargir son public et s’associe, pour la première fois, à une grande formation musicale de la place, le Tout Puissant OK Jazz de Franco Luambo Makiadi, pour l’enregistrement de deux singles. Il s’agit de « Napesi yo mboté » et « Bifamuri », avec des arrangements musicaux purement congolais. Le premier titre sera un succès populaire sur les deux rives du Congo (Kinshasa et Brazzaville) et permettra à Abeti d’asseoir définitivement sa popularité dans son pays.

Arthur Kayumba
ACP / MCP, via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 1 commentaire
9489 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Poster un commentaire, réagir ?

Les commentaires et réactions sont postés librement, tout en respectant les conditions d’utilisation de la plateforme mediacongo.net. Vous pouvez cliquer sur 2 émojis au maximum.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise

MediaCongo – Support Utilisateurs


Il y a 2383 jours
Merci pour l'histoire émouvante que beaucoup ne connaisse pas. L'artiste ne meurt pas

Réagir

Répondre
right
Article suivant
left
Article précédent

Les plus commentés

Politique Crise à l’Est de la RDC : William Ruto appelle Kinshasa à assumer un problème congolais

05.04.2026, 18 commentaires

Religion Le président Félix Tshisekedi élève Nkamba au rang de Ville Sainte lors de la commémoration de Simon Kimbangu

06.04.2026, 8 commentaires

Politique Rodrigue Ramazani sur les jeeps offertes par Félix Tshisekedi aux Léopards : « Faire le généreux avec l’argent du contribuable n’est pas un exploit, c’est une faute »

06.04.2026, 6 commentaires

Politique Pâques 2026 : le cardinal Fridolin Ambongo alerte sur la crise nationale et appelle à l’unité

06.04.2026, 6 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance