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Coronavirus : une première contamination en Chine dès novembre 2019

Coronavirus : une première contamination en Chine dès novembre 2019 2020-03-16
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Le Covid-19 a commencé à contaminer des individus en Chine bien plus tôt que ce qui était officiellement admis par Pékin jusqu’à présent, d’après des documents gouvernementaux consultés par le South China Morning Post.
 
Il avait 55 ans et habitait la région du Hubei, en Chine. Cet homme a été diagnostiqué le 17 novembre 2019 avec ce qui, plus tard, allait être appelé le Covid-19, devenant ainsi le "patient 1" de l'épidémie, d'après des documents officiels consultés par le quotidien hongkongais South China Morning Post, vendredi 13 mars.

Ces rapports gouvernementaux n'indiquent pas si ce premier patient provenait de Wuhan – qui est considéré comme l'épicentre de la pandémie – ou d'une autre ville de la province du Hubei, dans le centre de la Chine.

Des contaminations par dizaines

À partir du 17 novembre 2019, les autorités ont enregistré entre un à cinq nouveau cas par jour d'individus ayant besoin de soins pour des symptômes de détresse respiratoire, tels que des pneumonies, dans la région du Hubei. La cadence semble s'être accélérée après le 15 décembre, et les nouvelles contaminations commencent alors à se compter par dizaines. D'après ces documents officiels, entre le 20 et le 27 décembre, le nombre d'infections enregistrées a été multiplié par trois pour atteindre 180 cas déclarés. Au premier janvier, la région du Hubei comptait déjà 381 individus infectés par ce nouveau virus.

La plupart des diagnostics ont été classifiés comme des contaminations au Covid-19 a posteriori, car avant mi-janvier, les autorités sanitaires ne savaient pas à quoi elles avaient affaire.

Ces nouvelles révélations indiquent que l'apparition du coronavirus remonte à plus loin dans le temps que ce qui était officiellement admis jusqu'à présent et qu'il avait très tôt pris une ampleur certaine. Pékin a indiqué à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), fin février, que le premier cas avait été identifié le 8 décembre 2019, tandis que les autorités de Wuhan maintiennent que ce nouveau virus n'avait contaminé que 40 personnes dans la ville et ses environs au 20 janvier.

Temps perdu

La publication de ces informations appuient aussi là où ça fait mal à Pékin : le manque de transparence durant les premières semaines de l'apparition du nouveau virus qui s'est, depuis, propagé à plus de 100 pays, et a entraîné la mort de 1 470 personnes sur plus de 137 000 individus contaminés. C'est en effet au début d'une épidémie que tout se joue : "Plus le nombre d'individus contaminés est grand, plus on peut être sûr que l'épidémie va exploser. C'est la loi des grands nombres", expliquait à France 24 fin février, Jean-Stéphane Dhersin, directeur adjoint scientifique de l'Institut nationale des sciences mathématiques et spécialiste de la modélisation d'épidémies.

Pourtant, dans la région du Hubei, des médecins avaient commencé à avertir les autorités locales de la présence d'un nouveau coronavirus dès mi-décembre, rappelle le South China Morning Post. Fin décembre, les alertes sur le risque épidémique commençaient à se multiplier, mais le gouvernement local affirmait, encore mi-janvier, ne pas savoir s'il s'agissait d'une forme particulière de pneumonie ou d'un nouvel agent pathogène. Ce n'est que le 21 janvier que l'existence d'un nouveau coronavirus capable de se transmettre d'homme à homme a été officiellement reconnue.

Ce manque initial de transparence rend aussi plus ardu la recherche du fameux "patient 0". Ce n'est en tout cas pas la personne de 55 ans contaminée le 17 novembre, d'après les documents consultés par le South China Morning Post. Le retrouver permettrait de mieux comprendre comment le coronavirus est passé de l'animal à l'homme, d'identifier si le pangolin, la chauve-souris ou un autre animal en est l'hôte initial et comment le virus s'est propagé au début. Mais le silence radio imposé par les autorités du Hubei jusqu'à mi-janvier participe au fait qu'il est "très probable que ce patient 0 soit jamais identifié", regrette dans The Guardian l'épidémiologiste américain Jonathan Meyer.


France 24 / MCP, via mediacongo.net
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