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Coronavirus: Samy Badibanga préconise un plan Marshall

Coronavirus: Samy Badibanga préconise un plan Marshall 2020-03-31
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Le premier vice-président du sénat et Premier ministre honoraire appelle, par ailleurs, le Gouvernement à porter à six, au lieu de 3 mois, la durée des mesures prises le jeudi 27 mars.

"Le virus Covid-19 a contaminé la population et l'économie mondiales. Il va frapper la santé de la population, nos entreprises, notre économie et nos finances publiques. Il faut impérativement venir au secours des entreprises menacées par la paralysie de leurs activités, en leur facilitant d'importer les biens alimentaires de première nécessité, les intrants et produits pharmaceutiques ainsi que les équipements médicaux. L'objectif est d'assurer le maintien des emplois et le bien de la population par une baisse notable des prix des biens de première nécessité sur le marché", déclare Samy Badibanga à la presse.

Tout en soutenant les mesures prises le jeudi 27 mars par le Gouvernement, le premier vice-Président du Bureau du Sénat invite, cependant, l'Exécutif national à aller plus loin. Le plus important dans le contexte actuel étant la protection de la population congolaise et des finances publiques. Aussi, Samy Badibanga suggère-t-il que ces mesures soient portées à six, en lieu et place des trois mois initialement requis par le Gouvernement.

Le Premier ministre honoraire est convaincu que dans l'état actuel de sa structure économique, la RD Congo ne peut pas prétendre mener seule, la transformation de son économie de façon à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Partant, il plaide pour un véritable Plan Marshall pour arriver à un véritable développement et transformer ainsi l'alternance politique en un changement fort et durable.
"Le plan Marshall que je préconise doit être basé, au-delà de la résolution de la crise humanitaire, sur des réformes structurelles profondes, importantes et précises en matière de fiscalité, de gestion des finances publiques et contre la corruption, des politiques publiques essentielles ; des appuis forts aux investissements publics et privés d'ampleur susceptibles de transformer la RDC dans les quatre directions prévues par le Plan national stratégique de développement (PNSD) ", renchérit-il.

SOUTENIR L'ECONOMIE ET AGIR POUR LE SOCIAL

Réagissant aux mesures rendues publiques le jeudi 27 mars par le Gouvernement, Samy Badibanga se fait l'avocat de la population. Il part ainsi du principe que l'économie doit d'abord être au service du peuple. Pour le coup, les Congolais ne disposant pas de filets sociaux et qui passent déjà des moments difficiles, avec la flambée de prix des produits de première nécessité sur le marché de consommation, due à la rareté de ces denrées et à la spéculation.

Selon lui, il faudrait que le Gouvernement porte d'abord ces mesures à 6 mois et non trois. Il l'argumente. Première raison : tenir compte de plusieurs paramètres dont le ralentissement des activités au niveau mondial, les délais de livraison, la planification dans le chef des importateurs. La deuxième motivation est le fait que la partie orientale du pays n'a pas de port et dépend de ce fait, des ports des pays voisins. Ce qui, selon le numéro 2 du bureau de la Chambre haute du Parlement, aura le mérite de rallonger les délais de livraison estimés en moyenne de 45 jours.

Par ailleurs, le Premier vice-Président de la chambre haute du Parlement demande au Gouvernement de suspendre immédiatement et pour six mois, une série d'exigences afin de faciliter l'importation des produits de première nécessité. Il s'agit, selon lui, de surseoir le contrôle Bivac, la souscription d'une licence d'importation, le numéro d'import-export et l'obligation du numéro d'impôt. A cela, Samy Badibanga ajoute la mise sur pied d'un taux unique de taxation de 3% à l'entrée.

Les denrées de consommation courante concernées sont, entre autres, la farine de maïs locale ou importée, la farine de froment locale ou importée, le riz, le sucre local ou importé, les haricots, le poisson salés, les poissons surgelés, l'huile locale et importée, la volaille, le sel marin, la viande de bœuf, de porc, les tomates concentrées, les sardines à huile, la sardine pilchard, le lait en poudre, les boissons alcoolisées locales, les boissons gazeuses, l'eau minérale, les fruits, le savon, les détergents et les allumettes.

VIVEMENT UN APPUI FINANCIER INTERNATIONAL

Pour Samy Badibanga, les mesures de soutien à la population, aux entreprises et à l'économie vont coûter très cher aux finances publiques déjà faibles. Par conséquent, il appelle l'Exécutif national à se tourner rapidement vers les institutions financières de Bretton Woods. En l'occurrence le FMI et la Banque mondiale pour solliciter des prêts sans condition à hauteur de 10% du PIB. Soit, un montant minimal de 5 milliards de dollars américains.

Outre l'appui des institutions financières mondiales, le commandeur de la plateforme politique "Les Progressistes" suggère à l'équipe Ilunkamba de solliciter des emprunts et de l'aide auprès des partenaires bilatéraux ? Ce, dans l'objectif vital de faire face à la lutte contre la pandémie de Covid-19 en RD Congo. Selon Samy Badibanga, plusieurs raisons justifient l'octroi de ces prêts. Premièrement, la RD Congo considérée par les Nations Unies comme pays à haut risque, est en proie à une grave crise humanitaire, la deuxième du monde actuellement, avec entre 16 et 20 millions de personnes en besoin d'aide alimentaire et médicale d'urgence.

"En effet, il est à craindre que la crise sanitaire liée au Covid-19 n'aggrave cette crise humanitaire et ne l'étende sur l'ensemble du territoire national. Il y a actuellement, un risque de crise économique majeure en RD Congo découlant des facteurs endogènes et exogènes. L'économie congolaise n'est pas diversifiée et dépend essentiellement de l'exportation des matières premières d'une part et, de l'autre, la crise du Covid-19 est en train de plonger l'économie mondiale dans la récession", prévient Samy Badibanga qui, cependant, ne cède ni à la panique ni à la peur.

Par ailleurs, le prédécesseur du Premier ministre honoraire Bruno Tshibala note également que l'impact sur l'économie nationale pourrait s'avérer catastrophique pour l'Etat congolais, qui selon lui, peine à assurer la mobilisation des ressources. "Même si nous parvenions à éviter un désastre sanitaire et humain, Il est quasi-certain que la chute des prix des matières premières et le ralentissement de l'économie mondiale s'inscrira dans la durée et affaiblira le budget national", alerte Samy Badibanga.

Considérant le fait que l'économie congolaise soit à 90% dans le secteur informel qui fait vivre la majorité du peuple congolais, Samy Badibanga soutient qu'il faille, par conséquent envisager des stratégies adaptées à la situation actuelle du pays. Il conseille ainsi au Gouvernement d'aller au-delà de l'impératif du paiement des salaires des fonctionnaires, policiers et militaires, du financement massif l'éducation et la santé. Tout cela, dans le but de soulager le budget des familles et mettre en place des allocations "filets sociaux" pour atteindre les populations les plus démunies. A savoir les Congolais dont le revenu journalier est inférieur à 2 dollars américains et qui se chiffrent, rien que pour la ville province de Kinshasa, à plus de 7 millions sur les 15 millions d'habitants.

D'ores et déjà, Samy Badibanga estime qu'il est urgent de soutenir financièrement les plus vulnérables dont les moyens de survie auront disparu suite à la crise sanitaire, économique, sociale et financière qui se pointe à l'horizon.

Pour le leader de "Les Progressistes", le grand avantage de sa proposition sera, d'une part, de faciliter aux hommes d'affaires, aux Congolais de la diaspora ainsi qu'aux ONG, l'importer tous les produits importants dont le pays a besoin en ce moment crucial, pour maintenir l'activité économique, tout en allant chercher le soutien financier international. Question de résister à la "tempête" qui secoue actuellement les économies du monde en général, et celle de la RD Congo en particulier.

D'autre part, Samy Badibanga est convaincu que cette démarche aboutira à la réduction des coûts et, par ricochet, des prix sur le marché de ces denrées de première nécessité. L'idéal étant d'éviter une aggravation de l'insécurité alimentaire, voire des émeutes de la faim. "Ne nous voilons pas la face. Les difficultés budgétaires et le risque de faillite d'un Etat fragile pouvant entraîner des contestations sociales d'une ampleur inimaginable sont réels. Ils risquent d'avoir des conséquences sur la sécurité du pays", déclare M. Samy Badibanga.

On rappelle qu'au cours d'une séance de travail technique présidée le jeudi 27 mars, par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba avec des ministres sectoriels et le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo, une batterie de mesures avait été prise. Elles ont essentiellement porté sur l'exonération, pour une durée de six mois, de tout impôt, droit, taxe et redevance sur l'importation et la vente des intrants et produits pharmaceutiques ainsi que sur les matériels et équipements médicaux ; l'enlèvement d'urgence des intrants et produits pharmaceutiques actuellement sous douane.

Par ailleurs, l'Exécutif national avait également suspendu, pour une période de trois mois, l'application des pénalités en cas de retard dans le dédouanement des marchandises et des produits de première nécessité. A ces premières mesures s'ajoutent la suspension, pour une durée de trois mois, du paiement de l'impôt sur les revenus locatifs à charge des entreprises, le soutien pour la relance des activités des entreprises au moyen d'un financement du Fonds pour la Promotion de l'industrie (FPI) à taux zéro et la suspension durant une période de trois mois de certaines missions de contrôle fiscal, parafiscal et économique dans les entreprises.


Forum des As / MCP, via mediacongo.net
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3 commentaire(s)

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JUSTICIER | 4TZW14P - posté le 01.04.2020 à 01:10

Bonnes propositions Mais qu est ce qui en empêche la mise en application ? Réponse : Felix; A SOLUTION: comme les 13 parlementaires lancez une pétition pour le départ " civilisé" de Félix Tsh qui est celui qui par son incompétence,laxisme et entêtement expose 85 Milions de Congolais au Tsunami dévastateur CoronavirusCOVID 19; DE QUOI AVEZ VOUS PEUR ? DE LA MORT ? Elle est inévitable avec COVID19 qui approche!!!

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Salima | TTYVYQL - posté le 31.03.2020 à 15:59

Il n'a pas embarqué celui-là avec les autres qui sont en train d'être évacués du Congo, leur lieu de prédations? Il a certainement évacué comme les autres sa progéniture et cie.

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Søgnnæß | 82JGCX8 - posté le 31.03.2020 à 15:49

Est-ce que c'est difficile de présenter quelqu'un à partir de ce qu'il est ? Pourquoi ne pas dire «le premier vice-président du sénat...», le premier ministre honoraire, vous aimez des titres vides, lokumu ya pamba, flatteries ya ba journalistes ya nzala

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