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États-Unis : tollé après la proposition de Donald Trump de reporter la présidentielle

États-Unis : tollé après la proposition de Donald Trump de reporter la présidentielle 2020-08-01
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Donald Trump a évoqué dans un tweet un éventuel report de la présidentielle de novembre. Une proposition condamnée jusque dans son propre camp.

"Reporter l'élection jusqu'à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité???" Dans un tweet provocateur dont il est coutumier, le président américain Donald Trump a envisagé jeudi 30 juillet un report de l'élection présidentielle de novembre en raison de la crise sanitaire du Covid-19. Une suggestion qui a provoqué un tollé des deux côtés de l'échiquier politique américain.

"C'est le Congrès qui fixe la date des élections"

La Constitution américaine est claire : le président n'a pas le pouvoir de décider du report d'une élection. La date des élections étant fixée par une loi fédérale, seul le Congrès peut prendre une initiative en ce sens. Le fait que le président lui-même évoque cette hypothèse pourrait cependant contribuer à alimenter, au sein de sa base électorale, les doutes sur la légitimité du scrutin.

Le tweet est aussi un aveu de fébrilité de la part de Donald Trump, qui redoute une humiliante défaite qui ferait de lui le premier président d'un seul mandat depuis plus d'un quart de siècle.

"Nous sommes en Amérique. Nous sommes une démocratie, pas une dictature. La Constitution fixe la date des élections en novembre. Rien de ce que le président dit, fait ou tweete ne peut changer cela", a réagi Dale Ho, de l'organisation de défense des droits civiques ACLU.

Les Républicains se désolidarisent

Fait notable, plusieurs ténors républicains ont rapidement et clairement marqué leur désaccord avec le président, écartant un éventuel report du scrutin.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a rappelé que "jamais dans l'histoire" des États-Unis une élection n'avait été repoussée, que ce soit pendant la guerre civile ou au cœur de graves crises économiques. "Nous nous assurerons que cela soit de nouveau le cas le 3 novembre", a-t-il ajouté.

Son homologue à la Chambre des Représentants, Kevin McCarthy rejete également l'idée.

Le vote par correspondance a déjà été utlisé (et sans soucis) 

Les élections devraient donc se dérouler le 3 novembre dans un contexte exceptionnel assorti de mesures qui le seront tout autant. Cinquante États ont déjà mis en place des politiques pour protéger au mieux leurs électeurs, dénombre l'institut Brennan Center for Justice de la New York University Law School.

Parmi elles : l'envoi de bulletins de vote à tous les électeurs inscrits sur leur territoire et la possibilité pour ces derniers de les poster ou de les retourner en personne dans divers bureaux de vote. La pratique, qui diverge sensiblement selon les territoires, a été mise en place dans plusieurs états, dont la Californie, le Colorado et l'Utha.

Une démarche qui n'est pas nouvelle souligne Vox (en anglais) : "L'Oregon a été le premier État à adopter cette pratique en 2000", et "n'a documenté que 12 cas de fraude" depuis lors. Le média américain note également qu'en "2018, Kirstjen Nielsen, alors secrétaire à la sécurité intérieure (nommée par Donald Trump) s'est adressée aux responsables des élections du Colorado et a fait l'éloge du vote par correspondance comme un modèle d'élections sûres et sécurisées".

L'ancien président démocrate Barack Obama a lui aussi donné de la voix. "Peu d'élections ont été aussi importantes que celle-ci à de nombreux niveaux", a lancé Barak Obama lors des funérailles de John Lewis, icône de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis.

"Les votes par courrier seront cruciaux dans ce scrutin", a-t-il ajouté, dénonçant, sans jamais le nommer, l'attitude de Donald Trump.

Interrogé lors d'un point de presse en fin de journée à la Maison Blanche, le président américain a entretenu l'ambiguïté sur le scrutin.

"Est-ce que je veux une autre date ? Non. Mais je ne veux pas voir une élection truquée", a-t-il répondu, assurant redouter, en raison du vote par courrier, de devoir attendre les résultats pendant "des semaines", "des mois" voire "des années".

"Jamais dans l'histoire n'ont été annulées des élections fédérales. Nous devons aller de l'avant avec notre élection," a-t-il déclaré.

Steven Calabresi, co-fondateur de l'organisation conservatrice "Federalist Society", qui précise avoir voté pour Trump en 2016 et pour tous les candidats républicains à la Maison Blanche depuis 1980 s'est dit "atterré", évoquant, dans une tribune dans le New York Times, un tweet "fasciste".

La représentante démocrate, Zoe Lofgren, qui préside la commission de la Chambre chargé de la sécurité électorale, a également rejeté un délai

"En aucun cas, nous n'envisagerons de [décaler l'élection] pour s'adapter à la réponse inepte et désordonnée du président en matière de Covid-19. Nous ne voulons pas donner de crédit aux mensonges et aux informations erronées qu'il répand", a-t-elle déclaré dans un communiqué envoyé à Reuters.

Le calendrier est très contraignant

Même en tenant compte du contexte sanitaire critique actuel et de la faisabilité technique d'un report, un accord du Congrès dans ce sens reste très peu probable, souligne la BBC (en anglais), qui invoque aussi une raison technique : un report trop important ouvrirait la voie à un complexe imbroglio juridique. Car les mandats du président et du vice-président américain durent quatre ans et prennent fin le 20 janvier, à midi, selon le 20ème amendement de la Constitution.

Si l'élection présidentielle était reportée après cette date, il faudrait un autre amendement, approuvé à la majorité des deux chambres du Congrès et ratifié par au moins 38 États fédéraux, pour modifier cette date. Un report plus minime imposerait également au Congrès de reporter d'autres échéances fixées par des lois fédérales, comme la réunion du Collège électoral le 14 décembre et la réunion du Congrès du 6 janvier.


AFP / France 24 / MCP, via mediacongo.net
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