
Monde
Relativement épargnée au début de la pandémie, Bruxelles est devenue son épicentre en Belgique. Les tests de dépistage y sont à 17 % positifs, contre 10,4 % au niveau national.
Place Flagey, le café Belga, logé dans un bâtiment art déco, une adresse courue de la capitale européenne, affiche fermé. Depuis le 8 octobre, ses chaises de fer rouge ont déserté sa grande terrasse extérieure, sur ordre des autorités, qui ont de nouveau fermé les cafés.
La cause ? Une augmentation alarmante des cas de Covid-19, au rythme de 4125 nouvelles contaminations par jour entre les 2 et 8 octobre en Belgique. Soit une hausse de 89 % par rapport à la semaine précédente. Le petit royaume, l’un des plus touchés au monde en termes de létalité du virus (plus de 10 000 morts pour 11 millions d’habitants), est le deuxième pays d’Europe, après la République tchèque, a connaître le plus fort rebond de la pandémie, juste avant les Pays-Bas, l’Islande et la France.
L’un des pharmaciens de la place Flagey hausse les épaules : « Le rebond correspond à la rentrée des classes et surtout la rentrée universitaire. Dans ma province, le Brabant wallon, un couvre feu a été instauré de 1 heure à 6 heures du matin, qui vise surtout à empêcher les fêtes des étudiants de l’Université de Louvain-la-Neuve ».
Que faire, lorsqu’on croise, dans un petit fast-food à l’américaine de l’avenue de la Chasse, à Etterbeek, deux serveuses aux masques baissés préparant des sandwiches et un client sans masque ? « Appeler la police pour faire verbaliser l’établissement, avec une amende de 750 euros, et 250 euros pour le client sans masque, ce n’est pas pour moi une manière de faire, estime un homme qui a fait demi-tour devant la porte du fast-food, renonçant à y entrer. Chacun doit prendre ses responsabilités ».
Un tiers des Belges prêts à suivre les gestes barrière
Selon le Centre de crise mis sur pied par le gouvernement, le nombre de cas diagnostiqués double tous les deux jours, et frappe surtout dans la classe d’âge 20-29 ans, qui montre dans les lieux publics à Bruxelles une certaine réticence à respecter les gestes barrières. On se bouscule aux caisses des night-shops pour se payer une bière ou du tabac le soir, les masques plus ou moins remontés ou baissés, tandis qu’un laxisme règne dans des supermarchés, où aucune distance sociale n’est plus respectée depuis des mois.
À la mi-août, selon le baromètre de l’Université de Gand, à peine 35% des personnes interrogées indiquaient suivre volontairement les gestes barrières et la « bulle sociale » – c’est-à-dire le nombre de personnes fréquentables sans masques et distance sociale en dehors du foyer. Cette bulle est passée de quatre personnes début mai à 10 en juin, puis 15 en juillet, avant de retomber à 5 fin juillet, puis 4 le 6 octobre. « Un nombre que plus personne ne compte, par lassitude des changements incessants des mesures », indique un médecin généraliste d’Ixelles.
Difficile, en effet de comprendre les règles à Bruxelles : le port du masque, obligatoire dans les rues les plus commerçantes depuis le 25 juillet, ne l’est plus depuis le 1er octobre… Sauf dans certaines rues commerçantes, qu’il faut donc connaître dans le détail.
Des mesures changeantes et difficiles à comprendre
De même, les bars et restaurants sont censés fermer à 23 heures partout en Belgique depuis le 6 octobre. À Bruxelles, les bars ont été fermés, mais pas les restaurants – une mesure vécue comme discriminatoire par les cafetiers. Dans le quartier africain de Matonge, Nancy Mbaye, la patrone du restaurant sénégalais « la Signare », explique ne plus pouvoir ne servir qu’à boire à ses clients, qui doivent donc manger, par tables n’excédant pas quatre personnes. Elle ferme à 23 heures en semaine et à 1 heure du matin le week-end.
La police, qui ne verbalise plus à tour de bras comme au mois d’avril, ne suit plus la politique de « tolérance zéro ». Elle n’est déployée dans aucune gare de Bruxelles pour contrôler les voyageurs censés avoir rempli un formulaire s’ils reviennent de l’étranger. En ville, elle tente de mettre fin à des fêtes clandestines, qui rassemblent des dizaines de personnes dans des lieux privés ou privatisés. Une descente dans un hôtel du centre-ville de Bruxelles a permis d’arrêter 54 fêtards, dans la nuit de samedi à dimanche.
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