
Politique
Félix Tshisekedi a reçu seul le serment de trois juges constitutionnels. Une séance boycottée par les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, membres du FCC.
Ce devait être une cérémonie ordinaire de prestation de serment de trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle en République démocratique du Congo. Mais, ce mercredi (21.10.2020), la scène ressemblait fort à un bras de fer entre le camp du président Félix Tshisekedi et celui de son prédécesseur et allié, Joseph Kabila.
Les deux présidents de l'Assemblée nationale, Jeanine Mabunda et du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, membres du Front commun pour le Congo (FCC), coalition politique dont Joseph Kabila est l'autorité morale, ont boycotté comme ils l'avaient menacé, la séance qui se tenait pourtant au Palais du peuple où siège le Parlement.
Violation des textes
Le camp FCC reproche au chef de l'Etat, une violation de la Constitution dans la procédure de désignation des trois juges : Kalume Yasengo Alphonsine, Kaluba Dibwa Dieudonné et Kamulete Badibanga Dieudonné.
Selon le chercheur et membre de la société civile congolaise, Jean-Claude Mputu, derrière cette querelle, c'est un bras de fer pour le contrôle des institutions qui se joue dans la perspective de la présidentielle de 2023.
"Le combat aujourd'hui sur la Cour constitutionnelle est la même bagarre sur la CENI (Commission électorale nationale indépendante, ndlr). Les responsables politiques ne sont pas à la recherche de résultats pour convaincre le peuple de voter pour eux mais ils sont à la recherche de pouvoir sur les institutions qui sont chargées de valider ou d'organiser les élections", analyse-t-il.
Les trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle ont été nommés par ordonnances du président Tshisekedi en juillet. Mais, les partisans de l'ancien président, Joseph Kabila, affirment qu'ils n'ont pas été consultés sur ces choix.
Parmi ses attributions, la Cour constitutionnelle a le pouvoir de valider ou d'invalider les résultats de l'élection présidentielle proclamée par la Commission électorale. Le prochain scrutin est prévu en 2023.
Le politologue Jean-Claude Mputu rappelle qu'il y a quelques mois, lors d'une autre crise au sein de la coalition au pouvoir, "le président Tshisekedi menaçait le parlement de dissolution et la présidente du parlement a menacé (à son tour) le président de destitution... Donc ce qui se joue aujourd'hui, ce n'est pas seulement en prélude du contrôle du scrutin présidentiel de 2023 mais il y a aussi un combat plus présent entre les deux alliés".
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