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En dépit des accords signés, des engagements pris et des efforts de médiation internationale en vue d'un cessez-le-feu permanent et d'un retour à la paix dans l'Est de la République démocratique du Congo (RD Congo), rien n'enraye la spirale des violences qui frappent aussi les civils. Les récents développement des opérations militaires tendent plutôt vers une escalade dans une région convoitée pour ses minerais stratégiques.
Dans l'Est de la RD Congo, en dépit des accords de cessez-le-feu entre les belligérants, la situation sécuritaire s'est dégradée sensiblement au cours des derniers jours. À tel point que le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède et qui inclue notamment les États-Unis et l'Union européenne, a publié déclaration conjointe ce jeudi 5 mars.
Certains développements sur le terrain inquiètent particulièrement. "Ces violations comprennent l’utilisation de drones dans des attaques militaires, qui font également peser un risque grave sur les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent se réengager de manière urgente et sans équivoque à cesser les hostilités et à reprendre les négociations", déclare le GCI.
Les États-Unis se joignent aux gouvernements de la Suède, de l'Allemagne, de la Belgique, du Danemark, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suisse et de l'Union européenne pour exprimer leur profonde préoccupation concernant les violations continues et récentes dans…
— U.S. Embassy Kinshasa (@USEmbKinshasa) March 6, 2026
Le M23 dénonce dans un communiqué "une guerre totale" imposée par Kinshasa qui ferait de [leurs] soldats et de nos populations civiles la cible principale de ses drones en dehors des lignes de front. Le groupe armé anti-gouvernemental soutenu par le Rwanda et son armée avait lui-même revendiqué précédemment avoir utilisé des drones."Nos forces déployées à proximité de la ville de Kisangani ont mené une opération ciblée visant à neutraliser et à détruire des drones qui s'apprêtaient à être lancés pour massacrer des civils et attaquer nos positions", écrit le groupe antigouvernemental dans un autre communiqué. Pour sa part, les autorités locale de la province de la Tshopo ont déclaré "des drones kamikazes chargés de sous-munitions" ont frappé l'aéroport de Bangboka (aéroport civil) à Kisangani le 1er mars. Une attaque similaire avait eu lieu un mois auparavant.
Pour Kinshasa, la prédation des minerais stratégiques constitue une attitude belliciste de l'AFC/M23, selon le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo, lors d'un rapport en Conseil des ministres le 27 février, rapporte Actualité.cd. Fournissant entre 15% et 30% de la production mondiale de coltan, minerai stratégique pour l'industrie électronique, la cité minière de Rubaya est passé en avril 2024 sous le contrôle du M23. Le groupe armé en tire d'importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, selon des experts de l'ONU.
Conditions précaires des mineurs artisanaux
Sur le terrain, l'insécurité dans la région a un impact sur la sécurité des travailleurs, selon le ministre des Mines qui s'est exprimé à la suite de l'éboulement meurtrier d'une mine de Rubaya qui aurait fait "plus de 200 morts", selon le gouvernement congolais. Un chiffre contesté par certaines sources. "Une mine ne s'écroule pas parce qu'il a plu abondamment. Une mine s'écroule lorsqu'elle a été mal gérée, lorsqu'il y a eu mépris des règles élémentaires de sécurité", déclare-t-il dans un entretien réalisé lors d'un déplacement au Canada.
Dans un communiqué, le ministère des Mines souligne lui que la zone est sous occupation du M23 et lui fait porter la responsabilité. Le Gouvernement "dénonce avec la plus grande fermeté les conditions précaires d'exploitation imposées aux civils dans ces zones hors de contrôle de l'État".
À sa décharge, le ministre Louis Watum Kabamba assure qu'il avait lui-même classé en 2025 les mines de la cité de Rubaya occupée en zone rouge, interdisant ainsi leur exploitation. Reste que des milliers de mineurs artisanaux travaillent chaque jour dans les puits de Rubaya, dans des conditions précaires et sans mesure de sécurité, le plus souvent munis de simples pelles et d'une paire de bottes en caoutchouc.
Déplorant le non-respect des règles de sécurité, le ministre congolais des Mines Louis Watum Kabamba estime que l'instabilité dans la région complique l'accès aux sites et empêche les services spécialisés de l'État d'exercer un contrôle rigoureux, rapporte Radio Okapi. Et d'expliquer que le rétablissement rapide de la paix est une condition sine qua non à la reprise du contrôle total des mines de Rubaya, une gestion responsable et la protection des mineurs artisanaux.
Le Rwanda sous sanctions américaines
Signe d'une pression internationale accrue sur Kigali pour son soutien à l'AFC/M23, les États-Unis ont pris des sanctions contre le Rwanda par le biais de gel des avoirs et l'interdiction de faire des affaires. Elles visent des responsables militaires, mais aussi les Forces armées rwandaises.
"Aujourd'hui, les États-Unis sanctionnent les Forces de défense rwandaises et quatre officiers supérieurs des FDR pour leur soutien opérationnel direct au Mouvement du 23 mars (M23) et à ses affiliés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC)", a indiqué le département d'État dans un communiqué.
L'accord de paix conclu en décembre à Washington avait été salué par Donald Trump comme un moyen de sécuriser des minerais stratégiques provenant de la RDC. Il prévoit une contrepartie économique promettant à l'industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques de RDC qui, autrement, pourraient être acheminés vers la Chine. Dans un communiqué distinct du 2 mars, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les États‑Unis s'attendaient "au retrait immédiat des troupes, des armes et de l'équipement" des FDR.
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