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La vraie crise du Covid-19 est dans les portefeuilles

La vraie crise du Covid-19 est dans les portefeuilles 2021-08-15
Economie
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Aucun secteur ni aucun acteur, public ou privé, n’a été épargné par les conséquences des mesures restrictives liées à l’épidémie.

Alors que Kinshasa surmonte peu à peu la troisième vague de coronavirus, ses habitants continuent d’en subir les effets, notamment au niveau économique. La capitale congolaise, autrefois réputée pour sa vibrante vie nocturne, est désormais quasiment silencieuse. En décembre 2020, pour lutter contre la propagation de la pandémie, le gouvernement a mis en place un couvre-feu. Une mesure qui avait considérablement pesé sur l’économie de nuit, comme l’explique Samuel, chauffeur de taxi, « avant le couvre-feu, on pouvait travailler toute la nuit. On avait toujours des clients. On pouvait en avoir jusqu’à 30 par nuit. Maintenant si on en a 5, on peut s’estimer heureux ».

Un quotidien rendu difficile pour les particuliers

Une situation qui pèse sur son quotidien : « C’est compliqué de payer la scolarité des enfants dans ces conditions. » Mais face au faible nombre de cas de Covid-19, le gouvernement a décidé hier de rouvrir les bars et les discothèques à Kinshasa. Pour Albert Mavungu, patron du Chacha Bar, un rooftop prisé, situé dans le plus ancien immeuble de la capitale, c’est une bonne chose. « On est heureux de voir que le pays va retrouver une certaine sociabilité. On sent que les gens souffrent. Ils ont besoin de sortir de l’isolement », dit-il. Une bonne nouvelle aussi pour ses employés. « Le Chacha emploie 35 personnes, nous confie Albert Mavungu, son propriétaire. Tous sont aujourd’hui dans un état psychologique et financier catastrophique. Certains ont dû partir vivre chez la famille car ils ne pouvaient plus payer leur logement », déplore-t-il. Depuis près de deux ans maintenant, il voit son établissement fermer au gré des vagues de la pandémie. « Je sais que la maladie existe mais nous ne recevons aucun accompagnement de l’État, ce qui fait que notre trésorerie est en dessous du niveau zéro », poursuit-il.

Les entreprises ont beaucoup souffert

Et il n’y a pas que le secteur de la nuit qui soit touché par les restrictions liées à l’épidémie. D’après une étude de la Fédération des entreprises du Congo, « 71 % des entreprises ont connu une forte baisse de leurs revenus par rapport à leurs revenus de l’année dernière ». Face à cette situation et aux fermetures, de nombreux salariés ont perdu leur emploi. Une réalité inquiétante, surtout lorsqu’on sait qu’avant la pandémie, seul un travailleur sur 3 était un salarié si l’on en croit une étude du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), intitulé « Impacts sanitaires et socio-économiques de la Covid-19 en République démocratique du Congo » et publiée en 2020), les autres, évoluant dans le secteur informel et donc non déclaré. Ce qui a un effet direct sur la croissance du pays.

Les temps sont durs pour l’État aussi

En mai dernier, le Fonds monétaire international a dépêché à Kinshasa une équipe chargée de mesurer la santé financière du pays. Le FMI a pu observer que « la faiblesse des recettes et l’augmentation des dépenses liées à la pandémie ont entraîné un déficit budgétaire important. L’inflation a grimpé en flèche, alimentée par une dépréciation rapide du taux de change ».

En effet, depuis le début de la pandémie, le franc congolais a connu une très forte dépréciation. Alors qu’en 2019, 1 dollar valait 1 650 francs congolais, aujourd’hui, 1 dollar vaut 2 000 francs congolais. Le franc congolais perdant de la valeur, les prix ont considérablement augmenté, générant ainsi une inflation dans le pays, ce qui affecte les ménages les plus vulnérables de la capitale.

Les zones rurales sont également touchées

Pour en prendre la mesure, il faut s’éloigner du centre-ville. Dans l’est de Kinshasa, au milieu des collines verdoyantes, se dresse la commune de la N’sele. Dans cette zone semi-rurale, la plupart des habitants vivent de l’agriculture. Du coup, en mars 2020, lorsque les autorités ont décrété un semi-confinement, ils ont été directement impactés quant aux effets négatifs.

« Je suis cultivateur. Avant que la pandémie ne vienne, des commerçants de Kinkole (chef-lieu de la N’sele) venaient récupérer notre production à domicile et en même temps, ils nous amenaient d’autres produits, comme de la viande, du riz ou du sucre que nous pouvions leur acheter, explique Simon-Pierre Ebalassamou, mais lorsqu’il y a eu le confinement, les commerçants ont arrêté de venir. » Si aujourd’hui les trajets ont repris, ils sont moins nombreux qu’avant. « Nous vendons moins, du coup nous gagnons moins d’argent. Avant le Covid, je gagnais 150 000 francs congolais par semaine, maintenant j’en gagne 70 000. Pour se fournir, ils ont dû commencer à parcourir eux-mêmes les 20 kilomètres qui les séparent de la ville. »

Giselle Mabuela, maman de 5 enfants, explique : « On devait prendre une moto pour aller en ville mais les prix ont considérablement augmenté. Avant le Covid, on payait le transport 10 000 francs congolais mais maintenant c’est passé à 20 000*. » Elle ajoute : « Et il n’y a pas que le transport qui a augmenté. Avant, on payait 500 Fc le poisson, maintenant il est à 1 000 Fc ; le riz, c’était à 800 Fc, maintenant il est à 1 400, etc. On n’en peut plus, s’insurge-t-elle. Tout a augmenté alors que nous travaillons moins. On n’a plus les moyens de manger comme avant. »

Le Programme alimentaire mondial au secours des familles

Le 6 avril dernier, le Programme alimentaire mondial tirait la sonnette d’alarme. En effet, en RDC, plus de 27 millions de Congolais, soit une personne sur trois, souffrent gravement de la faim. Dans la commune de la N’Sele, fortement touchée, le PAM a mis en place des distributions d’argent liquide pour aider les habitants à faire face. « On distribue 160 000 francs congolais** par ménage », explique Sarah Kitoko, assistante du chef du programme Cash Based Transfert du PAM. « Le but, c’est qu’ils s’en servent pour relancer leurs commerces, acheter des semences, car avec la crise, ils ont dû parfois les manger pour survivre, et aujourd’hui, ils ne peuvent plus replanter et donc cultiver. Une aide qui leur permet aussi d’acheter des produits non alimentaires », indique-t-elle. « Grâce à cet argent, je peux payer l’école pour mes enfants et enfin acheter des couches à mon bébé”, se réjouit Giselle Mabuela. « Mais lorsqu’il n'y en aura plus, je ne saurai pas comment faire… », conclut-elle.


Le Point / MCP, via mediacongo.net
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