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Guerre en Ukraine : le jeu clair-obscur de Pékin (Point de vue)

2022-03-02
02.03.2022
2022-03-02
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Alors que les troupes de Vladimir Poutine ont attaqué l’Ukraine, que pense la Chine de cette violation de la souveraineté d’un État avec lequel elle entretient des relations diplomatiques depuis 1992 ? Le point de vue de Philippe Le Corre, Chercheur à Harvard Kennedy School.

Le 4 février dernier, alors que s’ouvraient les JO d’hiver à Pékin, la Chine et la Russie publiaient un communiqué commun particulièrement éloquent, appelant à une alliance presque sans limite entre les deux régimes. La défiance envers l’Occident, contre l’Otan et la démocratie était tout aussi claire. Beaucoup ont marqué cette date d’une croix, peut-être comme le début d’une « nouvelle guerre froide ». Un mois plus tard, alors que les troupes de Vladimir Poutine ont attaqué l’Ukraine, que pense la Chine de Xi Jinping de cette violation caractérisée de la souveraineté d’un État avec lequel elle entretient des relations diplomatiques depuis 1992 et dont elle est le premier partenaire commercial ?

En 2022, le jeu géopolitique mondial a changé

Rappelons que la Chine – en théorie opposée à toute immixtion dans les affaires intérieures d’un autre État n’avait soutenu la Russie ni pendant la guerre en Géorgie en 2008, ni en 2014 dans l’annexion de la Crimée. Mais en 2022, le jeu géopolitique mondial a changé. Les relations entre l’Occident et les deux puissances autoritaires (qualifiées depuis longtemps de « révisionnistes » à Washington) se sont grandement dégradées alors même que la puissance chinoise s’est renforcée. Arrivé à la Maison Blanche en 2021, Joe Biden n’a pas ménagé ses efforts pour rétablir le dialogue, mais sans grand succès comme on le voit dans le cas ukrainien.

Par la voix de son ministère des affaires étrangères, la Chine a dès janvier « appelé toutes les parties au dialogue » tout en estimant les préoccupations de la Russie « légitimes en matière de sécurité ». Une façon d’apporter son soutien à un Poutine qui, en échange, lui a donné quitus sur sa politique étrangère, et le soutiendra en cas de guerre avec Taiwan. L’île rebelle, justement, fait l’objet de toutes les spéculations.

Aux yeux de la Chine, Taiwan constitue une partie inaliénable de son territoire – elle n’est d’ailleurs reconnue diplomatiquement que par une poignée d’États. Elle s’autorise toutes les actions (y compris militaires donc) pour la récupérer le moment venu, et nul doute que la réponse occidentale au drame ukrainien est observée de très près par Pékin. Ce dernier prendrait-il le risque de verser du sang chinois, plus de trente ans après le massacre de la place Tiananmen ? Risquerait-il de se retrouver à l’état de paria quand son économie dépend en grande partie de ses interactions commerciales avec le monde occidental ?

Pékin à la rescousse de Moscou ?

Dans le contexte ukrainien la Chine ménage aussi son image, car ses intérêts pourraient être ternis par les sanctions économiques imposées contre la Russie, son proche allié. Certes, il ne paraît pas inconcevable que Pékin vienne à la rescousse de Moscou mais qui peut penser que la Chine se satisfasse du chaos économique qui touchera ses exportations, ses ressortissants et ses infrastructures dont a fait le fer de lance à travers ses « nouvelles routes de la soie » ?

On peut supposer que la direction chinoise, qui nourrit une adversité viscérale vis-à-vis des États-Unis notamment, fera tout pour sortir gagnante de cette nouvelle crise pour mieux montrer sa supériorité idéologique sur les démocraties occidentales. Pour autant, la seule boussole qui lui importe est celle de la politique intérieure et Xi Jinping pourra tenter de modérer son soutien à Vladimir Poutine afin de se parer des habits d’un grand chef d’État. Pour l’heure, son appel à l’apaisement ne trompe personne. Il n’est que la continuité de l’inquiétant communiqué sino-russe du 4 février, juste avant l’ouverture des tristes « festivités » olympiques de Pékin.


Ouest France / MCP, via mediacongo.net
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