
Politique
Le discours – très attendu – du Roi à Kinshasa vient confirmer la volonté du Palais de condamner explicitement une époque. Sans toutefois passer le cap des excuses, réservé au pouvoir politique.
Les ex-puissances coloniales ont souvent du mal à assumer leur histoire. Mais il y a maintenant deux ans, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du Congo, le roi Philippe prenait l’initiative de rédiger une missive historique. Pour la première fois, le Palais reconnaissait, par la voix du Roi, « les actes de violence et de cruauté » commis sous le Congo léopoldien, ainsi que les « souffrances et les humiliations » vécues durant la colonisation du pays par la Belgique.
Deux ans plus tard, à l’occasion de la première visite du couple royal au Congo, le roi Philippe a réitéré, lors de son adresse au président Félix Tshisekedi sur l’Esplanade du Palais du Peuple de Kinshasa, ses « sincères regrets » pour les « blessures du passé » : « Le régime colonial comme tel était basé sur l’exploitation et la domination. Ce régime était celui d’une relation inégale, en soi injustifiable, marqué par le paternalisme, les discriminations et le racisme. Il a donné lieu à des exactions et des humiliations », a encore déclaré le Roi.
Condamnation nette du régime colonial
Une confirmation, donc, des mots forts posés il y a deux ans. Des « regrets sincères » qui ne passeront pas le cap des « excuses » : un terme qui sera réservé au champ politique auquel il reviendra de le prononcer. La question de l’utiliser se posera sans doute quand seront rendues publiques les conclusions de la commission décolonisation, qui se font toujours attendre. Mais un pas de plus a été franchi par le Roi vers une condamnation de plus en plus explicite d’une époque citée précisément, celle du régime colonial. Avec la volonté de regarder les erreurs et horreurs du passé dans les yeux pour relancer une coopération entre la Belgique et le Congo, mise à mal ces dernières années : « Au fil des décennies, la coopération entre nos deux pays a connu des hauts et des bas. Ces dernières années, elle avait même perdu de son dynamisme. Il était temps de la faire revivre. Aujourd’hui, les bases d’un nouveau partenariat bilatéral sont posées », a encore indiqué le Roi. « Le Congo reste ainsi notre partenaire le plus important en Afrique ».
Relancer le moteur de la coopération
Dans un second temps, c’est d’ailleurs la relance du moteur de la collaboration « d’égal à égal », du dialogue et de la coopération militaire qui a animé le discours du Roi à Kinshasa. Evoquant entre les lignes les tensions qui secouent l’Est du Congo – « ces moments difficiles pour votre pays » – le roi Philippe a salué les efforts du président Tshisekedi pour renouer le dialogue avec ses voisins et assuré du soutien belge : « Notre engagement vis-à-vis de la RDC reste le même : celui d’un soutien ferme à la stabilisation et la démocratisation du pays ainsi qu’au respect des droits humains ».
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