
Politique
Enfin, les choses sérieuses se mettent en place. L’Union sacrée de la nation initiée en décembre 2020 peut désormais s’exprimer structurellement et faire face aux autres plateformes politiques à vocation électorale. Félix Tshisekedi, à la manœuvre depuis plusieurs mois, a fini par arrondir les angles avec ses partenaires de la majorité présidentielle. Un travail de titan, tellement les contradictions de vision et d’ambitions se sont affrontées. L’atterrissage des conciliabules ce mercredi 5 avril par l’adoption et la signature de la charte de l’Union sacrée est un exploit.
Félix Tshisekedi franchit ainsi l’une des étapes les plus ardues de son rebondissement politique au niveau national. Longtemps préoccupé par la confusion de coordination de sa plateforme politique, le président Tshisekedi peut se frotter les mains d’avoir contenu les attentes de tous les sociétaires de l’Union sacrée. L’objectif étant de se mettre en posture confortable vis-à-vis des enjeux et par rapport aux forces politiques de l’opposition qui se fédèrent et se structurent tout autant.
Les poids lourds de l’Union sacrée s’engagent

La charte de la plateforme politique qui va accompagner le chef de l’État aux élections de décembre prochain a l’avantage de compter les signatures des grosses pointures de la majorité présidentielle. Comme il fallait bien s’y attendre, le présidium de l’Union sacrée s’affiche bien compartimenté. Jean-Pierre Bemba Gombo, Vital Kamerhe, Modeste Bahati Lukwebo, Christophe Mboso Nkodia Pwanga, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge et Augustin Kabuya. Rien qu’à la journée de mercredi, 308 présidents des partis politiques ont signé la convention de l’Union sacrée, dont la quasi-totalité des partis du Kongo central. « Pour les partis politiques qui n’ont pas signé aujourd’hui, qu’ils soient rassurés que les listes sont ouvertes », a rassuré Christophe Mboso, le président de l’Assemblée nationale. C’est cette même autorité qui a annoncé la sortie officielle de l’Union sacrée le 22 avril 2023.
Une task force électorale au cœur de la stratégie

La plateforme Union sacrée de la nation lance ainsi le plan de campagne de la majorité. Il fixe à la fois la structure interne de l’USN et les règles qui la régissent. Cette coalition poursuit « un seul objectif » : « la matérialisation de la vision de Félix Tshisekedi ». Sur le plan politique, la plateforme se voit attribuer plusieurs missions, dont celle « d’assurer la victoire du candidat Tshisekedi et lui donner une majorité parlementaire stable et cohérente ». Pour y parvenir, l’USN devra, entre autres, « constituer une task force électorale pour obtenir le plus de voix possible à travers tout le pays ». Les partis signataires de cette charte ont aussi « l’obligation de mettre en commun les ressources politiques et stratégiques pour garantir la victoire de l’Union sacrée ». Une coalition certes pléthorique, mais qui se structure efficacement. Tshisekedi fils met ainsi de l’ordre dans ses rangs et prend la main sur plusieurs prérogatives revenant aux partis membres qui, jusque-là, bénéficiaient de marge de manœuvre, notamment sur la nomination des candidats pour les futures échéances électorales.
Les signataires de la charte devront désormais « accepter la liste des candidats retenus par les organes compétents de l’USN, et la soutenir ». Ils ont aussi l’obligation de « défendre le leadership de la haute autorité politique [Félix Tshisekedi] », de « contribuer financièrement au fonctionnement de la plateforme » et de « s’abstenir de toute initiative susceptible de compromettre la réalisation de la vision du chef de l’État ». En cas de non-respect de ces engagements, la charte prévoit toute une gamme de sanctions allant du simple avertissement à l’exclusion, une mesure extrême que seul Félix Tshisekedi est à même de prononcer. Le type d’« infractions » pouvant mener à ces sanctions est aussi vaste que flou. Parmi les fautes disciplinaires citées figurent « le fait d’entreprendre des initiatives institutionnelles et médiatiques isolées susceptibles de créer la confusion et/ou de compromettre l’atteinte des objectifs », « l’incohérence politique dans le comportement général », ou encore, « toute déclaration de nature à remettre en cause les actions de l’USN ou tout comportement de nature à nuire à sa haute autorité politique ».
Selon ce texte, chaque membre de l’Union sacrée « peut dénoncer une faute disciplinaire » en saisissant le présidium, l’un des organes de la plateforme. Ce dernier est composé de Félix Tshisekedi, des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Modeste Bahati Lukwebo et Christophe Mboso, du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge et de trois patrons des Jean-Pierre Bemba (Mouvement de libération du Congo, MLC), Vital Kamerhe (Union pour la nation congolaise, UNC) et Augustin Kabuya (Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS). L’organe suprême au sein de la coalition est le Congrès. C’est notamment lui qui « supervise la participation des partis politiques et des personnalités membres aux échéances électorales ».
L’Union sacrée ne connaîtra pas le sort de FCC-CACH

Pour Kin-Kiey Mulumba, l’Union sacrée qui a une charte, ne connaîtra pas le même sort que le FCC de Joseph Kabila Kabange. Selon le président du parti pour l’Action (P. A), l’Union sacrée est 100 fois plus importante et c’est une véritable machine qui est mise en place. Il soutient que la réélection de Tshisekedi est assurée. D’après une indiscrétion, tous les partis politiques, dont les leaders sont originaires du Kongo central, ont signé la charte de l’Union sacrée, sauf le MPCR de Jean-Claude Mvuemba, président de l’Assemblée provinciale. Ce dernier, très proche de Moïse Katumbi, n’a pas encore donné sa position. Ses proches disent attendre le congrès convoqué au mois de mai pour prendre une décision finale.
C’est aujourd’hui que les problèmes vont commencer. Ayons la sagesse (Augustin Kabuya)

Prenant la parole à cette circonstance, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya Tshilumba a appelé tous les membres de l’Union sacrée à la sagesse et à l’unité. « Tous les problèmes sont réglés à travers notre charte. C’est aujourd’hui que les problèmes vont commencer. Ayons la sagesse, à chaque moment, quand il y aura des petits problèmes entre nous, qu’on les gère avec sagesse au lieu de les placer sur la place publique… Privilégions le dialogue parmi nous et l’esprit de pardon. Supportons-nous mutuellement… Le chef de l’État a besoin de tout le monde pour ce pays », a lancé Augustin Kabuya Tshilumba.
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