
Politique
Jamais, on a osé dire tout haut ce que le monde pensait tout bas. Pour la première fois, Kinshasa prend le courage de toucher le nœud du problème. Après trois décennies de mensonges nourris par une propagande éhontée sur la présence des rebelles hutus rwandais dans l’est congolais, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a adopté une posture de vérité, question de mettre, une fois pour toute, les choses au clair. « Les FDLR sont des Rwandais et qui doivent avoir leur place au Rwanda ». C’est tout dire.
Un ton ferme pour dénoncer ce qu’il considère comme une tentative récurrente de Kigali de justifier une évidence là où tout le monde sait que l’accusateur semble se nourrir des FDLR pour convaincre la présence de ses militaires dans les puits de mines du Kivu.
Dans une vidéo rendue publique sur X, le ministre congolais des Médias a, preuves à l’appui, contesté la lecture rwandaise de la crise sécuritaire dans l’est congolais. Pour Kinshasa, l’argument de la traque des rebelles rwandais ne saurait expliquer certaines opérations menées sur le terrain. Aux yeux des autorités congolaises, cet argumentaire insidieux de Kigali a longtemps ensommeillé la communauté internationale.
« Le gros du dispositif pour ne pas dire l’essentiel des résidus des FDLR se trouve dans la partie du pays sous occupation ». Par cette affirmation, Muyaya démontre que la question des FDLR ne peut servir d’alibi aux tensions actuelles, estimant que leur présence serait concentrée dans des zones échappant au contrôle effectif de l’État.
Le ministre de la Communication s’est montré particulièrement incisif à l’égard des dirigeants rwandais. « Le père et le fils ne devraient même plus revenir sur cette question comme prétexte, parce qu’ils sont censés régler les problèmes ». Une déclaration qui met Kigali devant ses responsabilités.
Au-delà de la guerre des mots, il y a les faits. Le porte-parole du gouvernement congolais rappelle les violences survenues en juillet dernier dans l’est du pays. « Nous n’oublions pas qu’ils ont massacré en juillet près de 300 compatriotes, essentiellement de la communauté hutu ». Ces événements restent, selon lui, une illustration de la tragédie créée et voulue par le Rwanda.
Pire, de nombreuses exactions de l’armée rwandaise sont attribuées à de fausses opérations présentées comme des actions de neutralisation. « Au-delà de ça, il y a d’autres tueries qu’ils commettent au nom de la prétendue traque des FDLR », ajoute Muyaya. Pour Kinshasa, ces interventions affectent en premier lieu des civils congolais.
Derrière ce montage grossier et au quotidien du régime Kagame, le porte-parole du gouvernement congolais tranche enfin sur la nationalité des combattants concernés. « Les FDLR sont des Rwandais et qui doivent avoir leur place au Rwanda ». Une recommandation qui pousse le pouvoir de Kigali de régler ce conflit rwando-rwandais.
À travers cette mise au point, Kinshasa tente d’inverser le narratif. Sur le dossier FDLR, Kigali a longtemps embarqué la communauté internationale avec des prétextes fallacieux. Aujourd’hui, la réalité du terrain a dénudé le plan Kagame pour pérenniser sa domination dans l’est congolais. Voilà pourquoi à la tribune de l’Union africaine, son pire ennemi, le Burundais Évariste Ndayishimiye, devenu président de l’organisation continentale en remplacement de l’Angolais João Lourenço, lui a lancé des piques. « Aucun pays africain ne devrait être recolonisé, envahi ou obligé de se soumettre à un quelconque pouvoir étranger au XXIᵉ siècle ».
Au lieu de rester sur la défensive, le gouvernement congolais adopte une attitude offensive et exige la responsabilisation explicite du régime Kagame sur ce qu’il considère comme un problème à l’origine rwandaise.
La vérité est dite et à haute voix. Kigali est renvoyé dans les cordes, obligé à inventer un nouveau narratif. La question des FDLR demeure l’un des sujets les plus sensibles qui empoisonne les relations entre les deux pays voisins.
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Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement congolais @Photo Droits tiers.