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Politique

Élections de décembre : Ils veulent un énième dialogue, solder le processus démocratique ? ( Isidore Ndaywel et Justin Okana)

2023-07-29
29.07.2023
2023-07-29
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À cinq mois du quatrième cycle électoral depuis le dialogue intercongolais de Sun City en 2003 qui décida le règlement de la question de la légitimité du pouvoir politique en RDC par le recours ultime au souverain primaire (Accord global et inclusif), des voix s’élèvent au sein de la classe politique qui en appellent au report des scrutins de décembre prochain. Et, aussi surprenant que puissent paraître ces appels qui énervent la constitution (adoptée par référendum populaire) en vigueur dans notre pays en ce qu’elle prescrit l’organisation de scrutins électoraux au terme de chaque cycle de cinq années, la préoccupation, pourtant légitime, relative au dépassement de ces délais constitutionnels communément surnommée « glissement de mandat » semble subitement et opportunément reléguée aux oubliettes. Quand bien même beaucoup parmi les Congolais demeurent encore marqués par les troubles populaires qu’elle occasionna dans certaines grandes agglomérations du pays et des morts qu’ils provoquèrent.

Plus surprenant encore est le dernier appel à mettre en veilleuse les élections législatives et présidentielle de décembre prochain, lancé par le Comité Laïc de Coordination (CLC), cette organisation proche de certains évêques catholiques qui, il y a seulement quelques années, se révéla comme le fer de lance et porte-étendard de la lutte contre le phénomène de « glissement de mandat ».

Bis repetita

On rappelle à cet effet que pour la seule période de décembre 2017 à février 2018, le même CLC avait organisé trois marches dites pacifiques, sans itinéraires dans la ville de Kinshasa, qui connurent de diverses fortunes, mais pas toujours heureuses pour tout le monde. À en juger par la tournure que prirent les événements politiques par la suite.

C’est encore le CLC qui, cinq ans plus tard, revient à la charge. « Peuple congolais, il n’est pas trop tard pour se ressaisir » est le titre de l’appel publié le 19 juillet 2023 et signé par Isidore Ndaywel et Justin Okana. Il se fonde sur l’aggravation de la crise sécuritaire qui secoue la RDC et marquée notamment par l’assassinat, le 13 juillet 2023, du député national et ancien ministre, Chérubin Okende Senga, pour avancer une curieuse piste de solution à ces différents problèmes. «L’enjeu, pour nous tous, est d’éviter que les élections aboutissent à un désordre général ou qu’elles conduisent à une solution de force qui ne puisse garantir la légitimité du pouvoir qui en serait issu », avance le CLC pour qui « il n’y a pas d’autre voie de sortie de crise que le dialogue entre le Chef de l’État et les principaux leaders politiques et sociaux du pays […] pour identifier les réponses les plus adéquates et les plus urgentes aux multiples équations du moment ».

Le CLC conclut son appel à mettre entre parenthèses le processus électoral, voire, la démocratisation en cours en RDC elle-même, par une menace : « sans une solution consensuelle à cette crise, il (le CLC donc) se situera en première ligne pour défendre l’intérêt fondamental de la population », préviennent Ndaywel et Okana.

Argumentaire éculé

L’argumentaire développé par les animateurs du CLC ne résiste pas à l’analyse, même la plus superficielle, selon plusieurs observateurs peu enthousiasmés par la perspective de revivre les spectacles qu’offrent généralement les acteurs politiques du pays. Qui s’interrogent sur les motivations réelles de ce qui se révèle pour eux comme un appel à faire table rase des avancées sur la difficile, mais héroïque voie de la démocratisation enclenchée depuis le défunt maréchal Mobutu en 1990.

Emmanuel Langa, finaliste en droit à l’Université Catholique du Congo (UCC), fait observer à cet effet que le CLC fonde son appel à substituer, même momentanément, les élections à un dialogue entre acteurs politiques et sociaux de la RDC sur un principe erroné. Car, s’il faut «éviter que les élections aboutissent à un désordre général ou qu’elles conduisent à une solution de force qui ne puisse garantir la légitimité du pouvoir qui en serait issu », ainsi que le soutiennent Isidore Ndaywel et Justin Okana, cela suppose que la non tenue des élections en décembre 2023 aboutirait à un ‘ordre général’ ou conduirait à ‘une solution pacifique’ susceptible de garantir la légitimité du pouvoir qui serait issu du dialogue proposé. « Rien n’est plus faux », estime-t-il.

L’histoire politique, ancienne et récente de la RD Congo est riche de faits de désordres socio-politiques dont la cause avancée fut la dénonciation des pouvoirs acquis par des voies non démocratiques depuis 1960. De même que toutes les solutions prétendument pacifiques autour de l’exercice du pouvoir ont montré leurs limites intrinsèquement dramatiques : non seulement les consensus issus de dialogues politiques se sont généralement avérés éphémères, sans jamais réussir le pari de l’inclusivité. Rien n’indique qu’un énième dialogue politique en RDC aura plus de succès que les précédents ou qu’il fera l’unanimité, et sera une solution définitive aux problèmes du pays.

Certitudes contre incertitudes

Dans ces conditions, substituer les quatrièmes élections législatives et présidentielle rd congolaises à un dialogue politique aux résultats hypothétiques équivaudrait à substituer des certitudes et des acquis, même imparfaits, à de nouvelles incertitudes peu rassurantes. Le CLC, qui n’en est pas à son premier coup d’essai, engage les Congolais dans un jeu de hasard politique dans lequel « la seule certitude réside précisément dans ce que l’on met en veilleuse. Et nullement dans les promesses mirifiques d’un dialogue politicien de plus », explique, pour sa part, ce professeur de philosophie politique dans la même université catholique, qui a requis l’anonymat.

Il y a donc lieu de s’interroger si le jeu en vaut la chandelle.

Ceux qui s’opposent à cet appel au dialogue du CLC soutiennent, par ailleurs, que la relation entre le consensus à obtenir du dialogue envisagé et l’amélioration de la situation sécuritaire paraît illusoire. Car à lui seul, le dialogue et le consensus hypothétique qui en découleraient ne sont pas de nature à faire taire les armes qui crépitent et endeuillent la RD Congo depuis près de 30 ans.

« L'Accord global et inclusif qui avait sanctionné le dialogue intercongolais de Sun City n’était-il pas supposé instaurer un nouvel ordre politique consensuel qui mette fin à la guerre en RD Congo ? », s’interroge encore Emmanuel Langa, qui tranche, péremptoire, qu’« il n’en a rien été. Sauf à considérer que les compatriotes qui subissent quotidiennement les affres des affrontements armés récurrents dans la partie est du pays ne sont pas des Congolais ».

L’autre solution à la crise

Dans cette dernière hypothèse, sans minimiser les proportions prises par l’insécurité récurrente dans nombre d’agglomérations de la RDC, moins encore la énième agression rwandaise et la menace qu’elle représente pour le processus de démocratisation, il ne faut pas perdre de vue qu’une solution sur le terrain reste possible. «Vaincre l’ennemi sur le terrain militaire et résoudre la question de la criminalité qui sévit dans le pays mérite autant de soutien que le dialogue proposé par les uns et les autres », estiment des analystes interrogés par Le Maximum qui reprochent au CLC et aux acteurs politiques qui en appellent à l’arrêt du processus électoral en cours de profiter de l’émotion ambiante pour « suggérer des solutions qui n’ont de solution que l’apparence ». En effet, si les résultats d’un nouveau dialogue restent incertains, « l'appel à un nouveau saut vers l’inconnu ne vaut pas mieux que la poursuite du processus électoral en cours, même imparfait », selon Jacques Mutombo, spécialiste de géopolitique à l’Université de Kinshasa.

Il est rappelé à cet effet qu’en RDC, la démocratisation est un processus de restitution progressive, mais déterminée, du pouvoir au Souverain primaire afin de régler définitivement la question de la légitimité du pouvoir. En tant que tel, « c'est un chemin jalonné d’obstacles à surmonter », explique ce professeur de droit à l’université de Kinshasa. Qui estime que l’insécurité actuelle est entretenue à dessein pour « empêcher les Congolais de prendre en main leur destinée en se choisissant les dirigeants politiques de leur choix, reste le principal obstacle à surmonter », et ne devrait donc pas être « une occasion pour renoncer aux sacrifices consentis depuis 2006 ».

De ce point de vue, arrêter ou mettre en veilleuse les progrès enregistrés sur la voie de la démocratisation en RDC, c’est faire le jeu des ennemis du peuple congolais qui apprend, petit à petit, à se prendre en charge en votant ses représentants à divers niveaux.


Le Maximum / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 942 jours
Tout le monde compatis Tshilombo, tout le monde pleurniche que le Rwanda nous agraisse. Mais depuis quand et avec quel régime, le Rwanda est devenu une puissance militaire à craindre ? Nous même nous crayons un myte. Myte d'un Rwanda puissant, d'un Tutsi guerrier, quand leurs muami régnaient sur les vaches. Kabila avait combattu les Rwandais et M23 en solitaire sans l'appui de l'opposition. Avec Tshilombo, le Rwanda est devenu un cauchemar national et les M23 des compatriotes.

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Il y a 942 jours
Tout le monde compatis Tshilombo, tout le monde pleurniche que le Rwanda nous agraisse. Mais depuis quand et avec quel régime, le Rwanda est devenu une puissance militaire à craindre ? Nous même nous crayons un myte. Myte d'un Rwanda puissant, d'un Tutsi guerrier, quand leurs muami régnaient sur les vaches.

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Il y a 942 jours
Qu'est ce qu'est le M23 ? Le M23 est une coalition Rwando-ougandaise (RDF+UPDF) dont le siège politique et administratif se trouve à kigali , le siège logistique d'entrainement se trouve en Ouganda avec comme missions /objectifs d'infiltrer les Tutsi rwandais en RDC , de piller les Ressources Naturelles de la RDC et Balkaniser la RDC à travers des tutsi rwandais déguisés en congolais dont les Banyarwanda qui se sont autoproclamer BANYAMULENGE en 1978 sans l'avis du gouvernement congolais . Le M23 est composé à 99% par des Tutsi rwandais et 1% des congolais

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Il y a 942 jours
Vous vous entêtez donc de conduire le pays comme votre boutique privée, vous vous foutez de tous les autres citoyens qui vous mettent pourtant devant vos propres erreurs, nous vous verrons lorsque ça va exploser. Pour vous, ce sont les élections qui comptent alors que tous vos montages sont des fils blancs sur des tissus noirs. Les Ndaywel et autres sont très bons quand ils vous mettent sur la bonne voie. Le peuple congolais, c'est l'ensemble des 450 tribus et non une tribu , et non ces quelques individus qui chantent et dansent derrière quelques politiciens, non encore ceux qui crient " Mukwa tombolo ou Fatsi béton B ". Rappelez vous de la fuite de Mobutu, combien des soldats l'avaient accompagné au Maroc? Et vous, vous fuirez par Mbuji Mayi? Savez vous que les occidentaux se sont emparez de tout l'argent que Mobutu avait ^placé dans leurs banques avant sa mort? Si vous refusez les conseils, on vous verra au tournant.

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Il y a 942 jours
(Suite) Kamerehe et Bahati défendent les intérêts des leurs provinces ou leurs propres intérêts ? L'alliance qui uni les congolais, c'est la constitution et textes des lois. Le fameux snfix de Limete nous a amené l'Afdl, à défaut de la balkanisation programmé. Maintenant nous avons du béton au pouvoir, qui nous amène des armées étrangères et l'est n'ira pas aux élections. Et vous dites dialoguer n'est pas nécessaire. De la folie et bêtise intellectuelle.

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Il y a 942 jours
L'analyse est complètement fauchée, parceque les acteurs de l'opposition sont complètement chargés, ils ne sont pas les mêmes acteurs assoiffés du pouvoir d'hier. Le RDC n'est pas un bien privé d'une personne, pas même d'un clan. Je vois très mal un ancien Président ou voir même Fayulu, prétendre des postes. La dynamique a complètement changé, à tel point que Tshilombo parle d'une opposition ya pete pete. Seulement celui qui a la victoire en poche qui peut refuser le dialogue, donc tricheur qui a peur de perdre. Le respect de la constitution et textes, c'est le dialogue demander par l'opposition d'aujourd'hui. Quel intérêt, ou joie pour un pays, qui tolere la violation des textes et aller aux élections, qui sera élu va jurer sur le même texte violé, la constitution, vous trouvera ça normal. Soyons sérieux. La CLC est poussée par la classe politique pourrie, passive, qui accompagnent les violations des textes . Quel image nous offrons à l'extérieur ? Le choix d'un Roi ou d'un empereur ? Kamerehe et défendent les intérêts des leurs provinces ou leurs propres intérêts ? L'alliance qui uni les congolais, c'est la constitution et textes des lois. Le...

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Il y a 942 jours
Nous avons une classe politique médiocre, que ce soit dans l’opposition ou dans la majorité, qu’elle que soient les modalités des élections organisées ils régleront pas les problèmes du pays . La population commence à se lasser d’eux, ce qui explique la difficulté de l’opposition à mobiliser . Qui peut m’expliquer l’énigme Lisanga Bonganga ?

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