
Science & env.
De quoi parlent les officiels congolais lors de fameuses Conférences des parties à la convention des Nations unies sur le climat, les COP ? Qui négocie quoi au nom de la RDC ?
La mouvance de la société civile, le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire ( CENADEP) en tête, convie le gouvernement à se ressaisir à l’occasion de la COP 28 prévue du 30 novembre au 12 décembre 2023 aux Émirats arabes unis. Selon Report of the High-level commission on carbon, les prix explicites du carbone recensés au 1ᵉʳ août 2022 oscillent entre 1 centime de dollar US et 134 dollars US par tonne de CO2 éq. Cependant, plus de 60 % des émissions régulées par une tarification du carbone sont couvertes par un prix inférieur à 10$ par tonne de CO2 éq. Le consensus scientifique international estime que le plein effet d’incitation de ces mécanismes serait atteint pour des prix entre 40 et 80 $ par tonne de CO2 éq en 2020 et 50 à 100 $ par tonne de CO2 éq en 2030.
En décembre 2020, plus de 2,25 millions de crédits carbone avaient été délivrés au Rwanda par le mécanisme de développement propre et les marchés volontaires du carbone. En outre, le pays développe ses cadres d’échange d’émissions de carbone. Et selon la ministre rwandaise de l’Environnement, Jeanne d’Arc Mujawamariya, le Rwanda, qui a pleinement intégré le marché du carbone en avril 2023, pourrait bénéficier des marchés du carbone, d’une valeur annuelle estimée à 82 milliards de dollars, à 120 dollars par tonne d’émissions de carbone.
Entre-temps, la RDC tâtonne encore dans sa politique sur le climat, quand bien même que l’ancien Zaïre est le tout premier pays du continent à disposer d’un ministère en charge de l’Environnement. Selon le Cenadep, la mouvance de la société civile recommande au gouvernement non seulement de doter le pays d’une politique nationale sur le climat, mais aussi d’élaborer, avec toutes les parties prenantes, une stratégie nationale sur le crédit carbone. En d’autres termes, la RDC navigue à vue dans les COP et d’autres assises internationales ! Pis, l’Autorité de régulation de marché du crédit carbone (ARMC) n’existe que sur papier ! Il est alors aléatoire voire mensonger de prétendre élaborer un registre national carbone en vue de permettre à la RDC d’avoir un droit de regard sur le marché de crédit carbone et de réglementer la clé de répartition des revenus issus de la vente de crédit carbone.
Pourtant, selon le développeur de projets liés aux crédits carbone, DGB, les instruments de tarification du carbone ont généré 53 milliards de dollars en 2020, plus de 100 milliards en 2021, et à fin décembre 2022, le marché mondial des crédits carbone valait 909 milliards de dollars ! Hélas, la RDC ne perçoit que du menu fretin et pas toujours régulièrement. Et ce, malgré son massif forestier estimé à 145 millions d’hectares (ha) pouvant séquestrer un stock de carbone évalué à 40 Gigatonnes (Gt) équivalant à 140.000.000 de t d’émissions potentielles de CO2! .
De plus, la RDC, c’est aussi le plus grand réservoir aquifère du monde, un stock incommensurable des minerais stratégique ! Mais voilà que le pays-continent qui se veut pays- solution face à la crise climatique mondiale mendie plutôt ce qui doit lui revenir en gros lot ! Pendant que les plus gros pollueurs se taillent la part du lion sur le porte-monnaie des crédits carbone. Au Brésil, Bolsonaro puis Lula ont résolu de se passer des restrictions internationales sur l’exploitation forestière de l’Amazonie.
Le président Félix Tshisekedi a plutôt sollicité la compassion internationale pour que la compensation du gel d’exploitation de forêts de la RDC soit réévaluée à 100 dollars la tonne carbone. En juin dernier, à Bonn (Allemagne), la RDC a de nouveau supplié, lors de la Conférence des organes techniques de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) d’appliquer l’équité dans la fixation du prix de vente de crédit carbone. Avis d’experts, aussi longtemps que la RDC se réservera de taper du poing sur la table pour exiger d’être récompensée au diapason de ses auto-restrictions forestières, elle demeurera un laquais de gros pollueurs que sont les États occidentaux et asiatiques. Que vaut le Rwanda en termes de forêts pour gagner 24 fois plus que la RDC ?
Les experts suggèrent que Kinshasa devrait entrer sur le marché de la conformité plutôt que sur les marchés volontaires, car c’est là que se trouve la majeure partie du financement. Et dire que Eve Baizaba et ses services l’ignorent! Nous y reviendrons.
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La forêt équatoriale dans la province de l’Équateur au nord de la République démocratique du Congo.