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Infos congo - Actualités Congo - Premier-BET - 05 février 2024
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Style et Beauté

Joaillerie : les dessous de la guerre des diamants

2023-12-06
06.12.2023
2023-12-06
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La place Vendôme n’avait pas connu un tel bouleversement depuis les perles de culture : les diamants de synthèse font leur irruption en haute joaillerie… Qu’en penser ?

Fred dévoile ses premiers diamants bleus synthétiques. Certifiés par le GIA, ils affichent une taille exclusive, en forme de voile.

Pour mesurer l'importance de l'événement, il suffit de recenser le nombre de mentions de la parure Force 10 Duality de Fred dans la presse écrite et audiovisuelle généraliste, habituellement peu encline à relayer des actualités prisées des rubriques art de vivre des magazines féminins. D'autant plus lorsqu'il s'agit de bijoux dont le prix (compter 240 000 € pour un collier) n'est généralement accessible qu'aux 500 fortunes de France.

« J'ai été tout aussi surpris de l'intérêt du monde économique, pointe Charles Leung, PDG de Fred qui vient donc de franchir le pas… Lors de la présentation trimestrielle des résultats du groupe aux investisseurs et analystes par Jean-Jacques Guiony, le directeur financier de LVMH, de longues minutes furent consacrées à satisfaire la curiosité suscitée par la maison, somme toute relativement petite (au regard des géants du secteur) avec ses 200 millions d'euros de chiffre d'affaires. Du jamais-vu en vingt ans d'exercice.

Unique. Si les diamants de synthèse ont été mis au point par General Electric, dans les années 1950, leur utilisation en joaillerie est récente. En effet, jusqu'à peu, leur qualité n'était pas suffisante pour être exploitée. En France, la première maison spécialisée dans les bijoux en diamants de synthèse, Courbet, s'est installée place Vendôme en 2018. Jem, Unsaid, Vever et d'autres marques lui ont emboîté le pas, tirant profit de la dimension éthique du matériau, de son meilleur rapport qualité-prix ou des innovations esthétiques qu'il rend possibles. En effet, si un diamant de laboratoire est toujours unique et que l'on ne connaît jamais à l'avance le résultat du processus in vitro, il offre, à l'état brut, une forme plus facilement exploitable qu'un diamant de mine. Pensée comme une démonstration de ses capacités, une montre de haute joaillerie masculine TAG Heuer, vendue 350 000 euros, a trouvé son public grâce à des formes et des textures inédites que seules autorisent ces méthodes de production en laboratoire. Pour sa part, Unsaid a remporté le Grand prix Red Dot 2023 avec la bague Réminiscence, composée de 14 diamants de laboratoire en forme de bille, totalisant 1 300 facettes et 35,9 carats.

Dire que la place Vendôme était rétive à l'introduction des diamants de synthèse est un euphémisme. Mais on ne résiste pas au progrès, on le retarde, au mieux. L'initiative de Fred, maison fondée en 1936, a surpris. Elle est pourtant parfaitement cohérente. « Pour se démarquer, Fred Samuel a toujours misé sur l'innovation, quitte à bousculer les règles établies. On lui doit, par exemple, la première boutique d'aéroport, les premiers bijoux mêlant l'or et l'acier et, au tout début de sa carrière, le recours aux perles de culture (controversées en leur temps, comme le sont aujourd'hui les diamants de synthèse) », décrypte Charles Leung, soucieux de ne pas trahir l'esprit iconoclaste et technophile du fondateur.

Convoité. Le positionnement retenu est habile. Seuls des diamants de synthèse de couleur bleue seront utilisés, car ils sont trop rares à l'état naturel pour être proposés dans le cadre de collections. Ils ne représentent en effet que 0,00004 % des diamants de mine. « Début novembre, l'adjudication pour 40,7 millions d'euros chez Christie's, à Genève, du Bleu Royal, un diamant bleu de 17,61 carats, confirme l'extrême rareté de ces pierres de couleur », fait observer Charles Leung. Tout en ouvrant une voie, ces diamants synthétiques ne font pas de concurrence frontale à leurs cousins extraits des mines. Sur une parure Fred, outre la couleur, la taille – en forme de voile de navire, subtil écho au penchant marin de Fred –, permet de distinguer au premier coup d'œil ces pierres de culture des diamants naturels.

Pas d'inquiétude non plus sur une éventuelle industrialisation du processus. « Dix-huit mois de développement ont été nécessaires pour mettre au point ces quelques pierres. Stabiliser la couleur et obtenir des gros caratages relève de la prouesse sinon du miracle », précise le PDG de Fred. Faut-il voir derrière ce lancement et le récent investissement de LVMH dans Lusix, producteur israélien de diamants de synthèse à partir d'énergie solaire, une volonté du numéro un mondial du luxe de soutenir ces nouvelles pierres ? « L'intérêt pour ce marché en pleine croissance est évident, la maison Fred, relativement jeune et portée sur l'avant-gardisme, en teste le potentiel mais nul ne peut prédire l'avenir, la prudence reste de mise », nuance Charles Leung.

Les diamants de synthèse ont en tout cas séduit une célèbre marque italienne de mode, qui devrait présenter le résultat de ses réflexions sur le sujet. Rien d'étonnant à cela : longtemps tributaires des fourches Caudines des conglomérats miniers, les secteurs de la mode et du luxe ont tout intérêt à recourir à ces pierres dont ils peuvent maîtriser la production. Demeure que, symbole de richesse et valeur refuge peu volatile en temps de crise, le diamant naturel est un objet aussi convoité que protégé. Voici donc tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce combat de pierres sans jamais oser le demander.

De quoi parle-t-on ?

Qu'est-ce qu'un diamant et qu'est-ce qui le différencie d'un diamant dit de synthèse ? Manuel Mallen, cofondateur de Courbet, utilise une image choc lorsqu'on l'interroge. « Comparer diamant et diamant de synthèse, c'est comme comparer un bébé et un bébé-éprouvette. Comme dans la nature, il s'agit d'une forme cristallisée de carbone : le diamant de synthèse est donc un corps pur. À la différence du diamant de mine, il n'est pas apparu dans la nature, mais grâce à la main de l'homme, via des procédés de très haute technologie. Pour prendre corps, ce diamant et les atomes de carbone qui le composent ont été soumis aux mêmes conditions de température et de pression que sous la terre (pour la technique haute pression haute température ou HPHT) ou dans l'espace (pour la technique de dépôt chimique en phase vapeur ou CVD). Même le meilleur gemmologue du monde ne peut distinguer un diamant de mine d'un diamant de laboratoire à l'œil nu, ce qui prouve que l'on est bien en présence d'une pierre tout aussi exceptionnelle d'un point de vue esthétique, chimique, optique. »

Raluca Anghel, directrice Europe du Natural Diamond Council (NDC), syndicat regroupant les sept plus grands producteurs de diamants, n'est pas de cet avis. « Affirmer qu'il serait impossible de différencier un diamant synthétique d'un diamant naturel est faux. À l'état brut, la différence est flagrante. C'est une fois passée l'étape du polissage qu'elle s'amenuise. Les cristaux de carbone, c'est-à-dire les diamants, ne se forment pas de la même manière dans la nature, la structure de ces derniers est donc distincte. » Produits en quantité en quelques semaines, les diamants de synthèse présentent des caractéristiques et des inclusions spécifiques liées à une croissance rapide dans un environnement artificiel, qui peuvent être détectées à l'aide d'instruments professionnels. « C'est exact, mais cela n'affecte en rien le rendu définitif de la pierre », conclut Manuel Mallen.

La bataille des mots

« En France, nous avons la chance de disposer d'une loi claire au sujet des appellations, que le monde nous envie, se félicite la représentante du NDC. Le décret du 14 janvier 2002 a établi une terminologie : le mot diamant seul désigne toujours un diamant naturel. Seuls trois termes peuvent être employés pour désigner un diamant synthétique : « diamant synthétique », « diamant de synthèse » et, hors de France, « diamant de laboratoire ».

La qualification française est jugée dévalorisante. « La terminologie à laquelle nous sommes soumis est inexacte : il n'y a aucune synthèse dans la fabrication d'un diamant. On ment donc au client en lui faisant croire qu'il achète une fausse pierre, ce qui n'est pas le cas. L'appellation internationale « lab-grown diamond » (diamant créé en laboratoire) nous semble plus juste mais nous n'avons pas le droit de l'utiliser en France », déplore Manuel Mallen.

« Tout marché établi réagit avec dénigrement, hostilité et désinformation quand il est chahuté. C'est normal. Surtout quand il s'organise autour de peu d'acteurs. Le diamant de laboratoire est un vrai diamant. Il ne s'agit que d'accélérer son processus naturel de création. Nous ne pouvons pas en prévoir la forme ou la pureté », enchérit Philippe Nobile. Le président de la marque Unsaid, lancée en 2022, entend lutter contre l'image d'ersatz dont a pâti le diamant de synthèse.

Quel est le plus vertueux ?

L'épineuse question de la durabilité est au cœur du débat, les fabricants de diamants de synthèse faisant du caractère éthique et écologique de leur produit un argument controversé de marketing. Si celui-ci a pu faire mouche, c'est aussi parce que les diamants de mine ont parfois été qualifiés de « diamants de sang » (car leur extraction alimente la violence dans des pays africains en zone de guerre). Depuis, des normes draconiennes ont été mises en place pour nettoyer cette fâcheuse réputation.

L'approvisionnement éthique est à présent garanti par de nombreux piliers de conformité établis tout au long de la chaîne. À cet égard, le processus de Kimberley a marqué un tournant. Il s'agit d'une initiative tripartite – réunissant les représentants des États, de l'industrie du diamant et de la société civile – visant à réduire la commercialisation de « diamants de conflits ». L'industrie du diamant naturel a dans le même temps entamé un parcours de décarbonation. Les membres du NDC lancent de nouveaux projets de développement d'énergies renouvelables, souvent en partenariat avec des pays en voie de développement où l'approvisionnement en énergies de ce type est plus difficile. Des projets de compensation carbone sont en cours : De Beers s'engage, par exemple, à la neutralité carbone d'ici à 2030. Des programmes d'investissement dans la séquestration du carbone – à travers la minéralisation des déchets miniers – sont également en cours. « L'industrie du diamant naturel protège la biodiversité d'une région environ quatre fois supérieure à la zone d'exploitation. Les roches constituent 99 % des déchets issus de l'extraction des diamants, et 84 % de l'eau consommée au cours du processus est recyclée. La filière obéit par ailleurs à des normes nationales et internationales strictes. Avant toute opération d'extraction, l'obtention d'une autorisation officielle locale est impérative, et s'assortit d'une obligation d'établir des contrôles continus, des rapports et une stratégie de fermeture », détaille Raluca Anghel, du NDC.


le Point/ MCP, via mediacongo.net
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