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Politique

Tsunami à l’Assemblée nationale !

2015-10-09
09.10.2015 , Kinshasa
Politique
2015-10-09
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Au Bureau du Sénat, le vide laissé par la démission du rapporteur Modeste Mutinga a été très vite comblé. Après sa brillante élection, mercredi 7 octobre, Flore Musendu a pris ses nouvelles fonctions. A l’Assemblée nationale, le remplacement des démissionnaires Norbert Ezadri (rapporteur) et Charles Mwando Nsimba (1er vice-président) devient plus compliqué qu’on ne l’aurait cru, à première vue.

Les députés se donnent du temps pour mettre de l’ordre au niveau des groupes parlementaires secoués par la défection du G7. Ils veulent aussi régler le sort des députés qui ont désavoué les chefs des partis. A l’arrivée, deux autres membres du Bureau, ayant perdu le soutien de leurs partis, Kombo Nkisi (2e vice-président pour le compte de l’UDPS) et Elysée Munembwe (questeur dans le quota de l’ARC) sont dans l’œil du cyclone. S’il devrait en être ainsi, nul membre du Bureau ne serait totalement à l’abri.

L’Assemblée nationale traverse sa première grande crise. Une crise causée par le départ du G7 de la Majorité présidentielle, depuis le 14 septembre dernier, à la suite d’une lettre exigeant le respect absolu de la Constitution. Les consultations ont commencé pour déterminer les nouveaux rapports de force à l’hémicycle. La Majorité présidentielle, réunie à Kingakati, a revendiqué 315 parlementaires, essentiellement des députés avec 47 sénateurs confondus. A la réunion de l’hôtel Venus, Emmanuel Shadari, président du groupe parlementaire PPRD, annonçait 330 députés pour la famille politique du président de la République. 

Au même moment, le Palu Willy Makiashi parlait de 300 députés. Les frondeurs du G7, pour leur part, évaluaient leurs soutiens à l’Assemblée nationale autour de 80 députés. L’Opposition parlementaire, en temps normal, compte 162 députés. Des chiffres difficiles à vérifier dans une Assemblée nationale d’un maximum de 500 députés. Une conférence des présidents des groupes parlementaires est prévue ce samedi 10 octobre. Ceux-ci vont examiner, pendant deux jours successifs, les conclusions des consultations initiées, jeudi 8 octobre, pour jauger la température. 

Le président du Bureau de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a fixé les règles du jeu. En réalité, il n’a fait que rappeler les principes directeurs devant guider toute action parlementaire. Ce sont les lois de la République notamment, la Constitution et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il a insisté, comme pour expliciter sa pensée, que chaque député national jouit pleinement de toutes ses prérogatives contre qui que ce soit. Non seulement contre les membres du Gouvernement, mais aussi à l’égard de tout membre du Bureau. 

Après que les différentes forces se sont parlées, parce qu’il n’y a pas d’autre solution, le cadre formel pour rendre compte sera la conférence des présidents. Dans tous les cas, la tâche du président du Bureau de l’Assemblée nationale n’est pas très facile.  Puisqu’il est  écartelé  entre l’idée de sauver les meubles et le souci d’appliquer rigoureusement les dispositions légales. En témoigne, la multitude de correspondances déposées au Bureau au sujet de la reconfiguration des groupes parlementaires.

L’Opposition parlementaire, par exemple, évoque l’article 22 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour amener tous les députés qui, à la demande de la MP, n’ont pas suivi les dirigeants des partis membres du G7,  à  tirer les conséquences de leurs actes. Les opposants estiment, en effet,  que la logique qui a prévalu pour exclure les dissidents, au niveau de la Majorité présidentielle, devrait s’appliquer à l’endroit des députés boudeurs.

Une commission spéciale sera mise en place pour se pencher sur le dossier. C’est l’unique démarche jugée transparente et objective par Aubin Minaku, pour éviter des malentendus et des interprétations inutiles. Quoiqu’il arrive, le calendrier provisoire de l’élection des membres du Bureau de l’Assemblée nationale prévoit le dépôt des candidatures à la date du lundi 12 octobre, l’examen des candidatures, le 14 octobre, la campagne électorale, le 14 octobre, et, enfin, l’élection proprement dite, le 15 octobre.

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