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Des chars israéliens aux portes de Rafah. Cette grande cité du sud de Gaza abrite près d'1,5 million de Palestiniens. Certains fuient depuis 48 heures et l'intensification des frappes. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu avertit : « Israël va mener une offensive terrestre de grande ampleur contre cette ville », où seraient retranchés les dirigeants du Hamas. Si l'armée passe à l'action à Rafah, Washington menace d'interrompre ses livraisons d'armes, ce qui provoque également de remous aux États-Unis.
Dans le cadre des efforts visant à obtenir une trêve dans la bande de Gaza, des représentants du Hamas palestinien et d'Israël ont quitté Le Caire « après deux jours de négociations », a rapporté ce jeudi le média Al-Qahera News, proche du renseignement égyptien. Les efforts de l'Égypte et des autres pays médiateurs, Qatar et États-Unis, « se poursuivent pour rapprocher les points de vue des deux parties », précise Al-Qahera News, citant une source égyptienne de haut niveau.
En attendant, la population de Rafah est déjà sous les bombes : ce sont des déflagrations au loin, entendues depuis le centre-ville. C’est la partie orientale qui est ciblée par les frappes israéliennes. Et de temps en temps, un interlocuteur gazaoui, Youssef, explique qu'un obus peut s’abattre de manière aléatoire. Encore sous le choc après un bombardement, son témoignage depuis le centre de Rafah est rapporté par notre envoyé spécial permanent à Jérusalem, Sami Boukhelifa.

"Je panique, j’ai peur pour mes enfants. Je n’en peux plus, je n’en peux plus... Les frappes [sont tombées] à quelques mètres. Ce n’était vraiment pas loin de chez moi. Je suis sorti, j’ai couru après le bombardement. J’ai vu plein d’enfants blessés... Que Dieu nous protège."
En théorie, le centre de Rafah n’est pas concerné par l’ordre d’évacuation émis par l’armée israélienne, qui affirme cibler uniquement l’est de la ville. Mais certains habitants du centre comme Asma n’ont pas confiance. Ils préparent leur départ, direction la ville voisine de Khan Younès.
Asma et sa famille ne souhaitent pas précipiter leur départ, car cette seconde ville a été au cœur d’une violente offensive militaire israélienne durant de longs mois. Sur place, les maisons et infrastructures sont détruites. Il n'y a pas d'eau, pas d'électricité.
"On a pris nos affaires, nos matelas. Mais on va attendre deux ou trois jours avant de rentrer à Khan Younès. On espère aussi qu’il y ait une trêve."
Une menace « difficile à entendre et très décevante »
Ce jeudi, une équipe de l'Agence France-Presse a également fait état de frappes et de nombreux tirs d'artillerie à Rafah. Défiant les mises en garde internationales, l'armée israélienne a mené depuis mardi des incursions qualifiées de « ciblées » dans l'est de la ville, et pris le contrôle du passage frontalier avec l'Égypte, rappelle l'AFP, verrouillant la principale porte d'entrée pour les convois d'aide humanitaire vers le territoire assiégé.
Mercredi, l'armée a indiqué avoir rouvert Kerem Shalom, fermé durant trois jours après des tirs de roquettes revendiqués par le Hamas. Mais l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'Unrwa, affirme ne pas pouvoir récupérer d'aide : « Nous n'avons pas reçu de carburant depuis dimanche », a déclaré Juliette Touma, une porte-parole de l'agence onusienne.
Sur CNN, mercredi, Joe Biden a haussé le ton au sujet d'Israël : pour la première fois, le président américain a posé des conditions à la livraison d'armes à Israël, dont les États-Unis sont un allié historique et le premier soutien militaire. Si les soldats israéliens « entrent à Rafah, je ne leur livrerai pas les armes qui ont toujours été utilisées [...] contre des villes », a-t-il dit, citant notamment des « obus d'artillerie ».
L'ambassadeur israélien à l'ONU lui a répondu ce jeudi, qualifiant de « difficile à entendre et très décevante » sa menace. « C'est une déclaration très dure à entendre et décevante de la part d'un président à qui nous avons été reconnaissants depuis le début de la guerre », a confié Gilad Erdan à la radio publique israélienne. Et d'ajouter : « Il est assez clair que n'importe quelle pression sur Israël, n'importe quelle restriction qui lui est imposée, même de la part d'alliés proches soucieux de nos intérêts, (...) donnent espoir (à) nos ennemis. »
« Joe-la-Crapule prend le parti de ces terroristes »
Campagne présidentielle oblige, Donald Trump a été plus direct, pour sa part : avant d'entrer dans la salle d'audience du tribunal de New York, pour son procès, le candidat républicain a accusé Joe Biden de « prendre le parti » du Hamas. « Ce que fait Biden à propos d'Israël est une honte », a-t-il dit. « Il a totalement abandonné Israël », a-t-il ajouté. Et de renchérir encore son son réseau social : « Joe-la-Crapule prend le parti de ces terroristes » du Hamas, promettant après son éventuelle victoire qu'il « exigerait la paix via la force ».
Le porte-parole du conseil américain de sécurité nationale John Kirby, à la Maison Blanche, a réagi quelques heures plus tard : « L'idée selon laquelle nous serions en train de délaisser ce rôle (de soutien d'Israël) et que nous ne serions pas prêts à les aider à vaincre le Hamas, n'est tout simplement pas confirmée par les faits », a-t-il dit. « Vaincre durablement le Hamas reste l'objectif d'Israël et nous partageons cet objectif », estime John Kirby. « Entrer en force dans Rafah ne permettra pas d'atteindre cet objectif », conclut-il.
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