
Politique
Après plusieurs jours d’intenses tractations, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont franchi une étape majeure vers la paix en paraphant un accord bilatéral à Washington, sous l’œil vigilant de la sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques, Allison Hooker. La signature officielle de cet accord interviendra le 27 juin, avec la participation attendue de Marco Rubio, actuel secrétaire d’État des États-Unis.
Mais au-delà de cet acte diplomatique important, une question sensible reste en suspens : celle de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par Kigali et à l’origine d’une déstabilisation persistante de l’est congolais.
Selon plusieurs sources proches du dossier, la gestion de la crise liée au M23 ne figure pas directement dans l’accord de Washington. Elle a été confiée au processus parallèle de Doha, conduit sous la médiation du Qatar. Ce choix stratégique découle de l’échec du précédent accord de Luanda, qui n’avait pu être signé en décembre dernier, notamment à cause du différend sur le traitement du dossier M23.
Un haut responsable rwandais, interrogé par ACTUALITE.CD, confirme cette réorientation : « La question du M23 a été confiée à Doha. L’accord de Washington prévoit simplement un engagement conjoint de Kinshasa et Kigali à soutenir ce processus. Washington n’a jamais eu l’ambition de régler directement les questions sécuritaires liées au M23. »
Les deux pays se sont donc entendus sur la nécessité d’appuyer sans réserve la médiation qatarie. Cette volonté politique transparaît dans les engagements pris à Washington, où les parties ont convenu d’accompagner jusqu’à son terme le dialogue en cours entre le gouvernement congolais et le M23 à Doha. Toujours selon le responsable rwandais : « Les négociations avec l’AFC/M23 sont en cours, sous l’égide du Qatar. L’accord de Washington nous engage à les soutenir, en vue de parvenir à un règlement durable. »
Relancées début mai après une période de stagnation, les négociations à Doha semblent entrer dans une nouvelle phase. D’après des sources impliquées dans le processus, les discussions abordent désormais les « questions fondamentales du conflit » dans l’est de la RDC. « Une proposition a été soumise aux deux parties par la médiation qatarie. Chaque délégation a été invitée à consulter ses autorités respectives avant de reprendre les discussions. La prochaine session sera décisive. »
Depuis plusieurs mois, Doha accueille ainsi les émissaires de Kinshasa et les représentants du M23, dans un cadre confidentiel et diplomatiquement sensible. L’objectif : parvenir à un accord global sur les causes profondes du conflit, en vue de ramener la paix dans l’Est congolais, ravagé par des années d’instabilité.
L’architecture actuelle du dialogue – avec Washington comme garant politique et Doha comme plateforme de résolution sécuritaire – marque une approche diplomatique inédite dans la région des Grands Lacs. Tandis que la communauté internationale observe avec attention les prochaines étapes, l’implication croissante du Qatar offre un levier inédit pour débloquer un dossier explosif.
La signature attendue du 27 juin à Washington pourrait ainsi devenir une pierre angulaire d’un processus de paix plus large, à condition que les pourparlers de Doha aboutissent à un compromis concret sur le sort du M23.
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