
Provinces
À Kinshasa, l’insécurité s’installe et se généralise. Ce qui relevait autrefois de faits isolés ou cantonnés à quelques quartiers est désormais un fléau quotidien : braquages à mains armées, coups de feu en pleine nuit, cambriolages ciblés et agressions dans les rues. Des bandes organisées, souvent armées, multiplient leurs incursions jusque dans les communes autrefois réputées calmes.
Malgré les dispositifs annoncés par les autorités, la situation continue de se dégrader, alimentant un sentiment d’abandon et de peur parmi les habitants. Face à ce climat de tension, la population réclame des mesures plus fermes, allant jusqu’au retour de l’opération “Likofi”, symbole controversé d’une riposte musclée contre les gangs urbains.
De ce fait, la lutte contre la criminalité peine à porter ses fruits.
Face à cette situation, la colère et la lassitude montent. Dans les marchés, les transports publics ou les quartiers résidentiels, les conversations se rejoignent sur un même point : l’appel au rétablissement de l’opération “Likofi”, cette initiative musclée des forces de l’ordre lancée il y a plusieurs années et perçue par une partie de la population comme un moyen radical mais efficace pour briser l’élan des bandes criminelles. « Nous demandons au gouvernement de faire revenir l’opération ‘Likofi’ pour maîtriser la situation à Kinshasa », réclament bon nombre de Kinois, reprenant un sentiment largement partagé.
L’alerte du député Éric Tshikuma
Le député national Éric Tshikuma Mwimbayi, élu de la circonscription de Funa, dit recevoir quotidiennement des plaintes et alertes des habitants. Le phénomène des “Kuluna” – ces gangs de jeunes armés de machettes ou d’armes artisanales – n’épargne plus aucun quartier.
À ces violences s’ajoutent, selon lui, des tracasseries policières. Dans une correspondance officielle, l’élu interpelle directement le gouvernement et le ministère concerné, détaillant une série de mesures à prendre sans délai : « Face à cette situation préoccupante, et représentant les intérêts des habitants de cette circonscription, je recommande respectueusement à votre autorité : le renforcement immédiat des effectifs policiers et des moyens logistiques dans les zones vulnérables concernées ainsi que la permutation des responsables des Sous-Commissariats ; la mise en place effective de patrouilles nocturnes mixtes, associant forces de l’ordre et structures communautaires, et l’intensification de l’opération Ndobo en vue d’une riposte proactive et coordonnée ; l’audit et la régularisation urgente de tous les parkings non officiels avec l’établissement d’un mécanisme de contrôle transparent et de régularisation de ces espaces ; l’ouverture d’enquêtes disciplinaires sur tout agent de police impliqué dans des actes d’extorsion ou de complicité criminelle, assorties de sanctions exemplaires ; l’appui au développement de cellules communautaires de vigilance et d’alerte en étroite collaboration avec les notabilités et la société civile locale ».
Pour Éric Tshikuma, la gravité de la situation actuelle exige « une réponse urgente, coordonnée et durable » de la part du gouvernement.
Kuluna et “Tshikata” : deux menaces distinctes mais convergentes
Si les “Kuluna” continuent de semer la terreur dans les quartiers populaires et jusque dans des zones naguère préservées comme Gombe, un autre phénomène nourrit la défiance envers les forces armées : le comportement des éléments de la garde républicaine, surnommés “Tshikata”.
Ces militaires, censés protéger des installations stratégiques comme l’aéroport de Ndolo, sont accusés par les habitants de Limete, quartier Funa, de tracasseries systématiques. Certains patrouilleraient hors de leur zone d’affectation, intimidant la population locale.
« À Limete, au quartier Funa, les éléments de la garde républicaine commis à l’aéroport de Ndolo, parfois, ils errent pour tracasser la population de cette partie de la commune », déplore un riverain.
Dans d’autres communes, des inciviques violent, volent et agressent sans crainte. Pire, des responsables de sous-commissariats sont soupçonnés par des habitants de collaboration avec les criminels pour extorquer et intimider la population.
Un défi sécuritaire majeur pour le gouvernement
Le gouvernement, déjà sous pression pour des raisons économiques et sociales, voit se dessiner un dossier explosif. Entre l’appel populaire à des mesures musclées comme “Likofi” et les accusations de bavures ou de complicités au sein même des forces de sécurité, l’exécutif doit trouver un équilibre difficile : restaurer l’ordre public sans rallumer les critiques sur les méthodes expéditives du passé.
Dans l’attente, Kinshasa vit au rythme des alertes nocturnes, des vidéos virales d’attaques et des témoignages de victimes. La capitale, vitrine du pouvoir congolais, joue ici sa crédibilité en matière de sécurité intérieure.
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