
Politique
La République démocratique du Congo traverse une période sombre où l’État se délite sous nos yeux, non par manque de moyens, mais par absence de vision et de volonté politique.

Le premier responsable de ce naufrage, le président Félix Tshisekedi, n’a cessé de proclamer que la justice, l’armée, l’éducation et toutes les institutions de la République sont « pourries ».
Mais à quoi sert-il de diagnostiquer bruyamment un mal, si ce n’est pour s’y complaire et chercher des boucs émissaires à ses propres échecs ? Gouverner, ce n’est pas gémir ni désigner des coupables imaginaires, mais proposer des solutions et tracer une voie.
Le contraste de deux héritages
À 29 ans, Joseph Kabila a hérité d’un pays émietté, divisé en quatre micro-États, miné par des dettes colossales, sans Constitution, sans armée nationale digne de ce nom, frappé par l’hyperinflation et rongé par des guerres attisées de l’extérieur.
Il a choisi la voie du rassemblement, accepté de partager le pouvoir avec les belligérants, reconstruit une armée nationale sous embargo, réduit la menace des groupes armés, doté le pays d’une Constitution démocratique, organisé trois cycles électoraux, remboursé les dettes auprès des institutions financières internationales, stabilisé le cadre macroéconomique, modernisé les infrastructures et, fait rarissime en Afrique, organisé une alternance pacifique.
Cet héritage de stabilité, Félix Tshisekedi l’a reconnu en 2019 lors de la passation du pouvoir : un pays uni, une armée classée parmi les plus performantes du continent, un M23 défait depuis 2013. Mais à peine investi, il s’est employé non pas à consolider ces acquis, mais à les dilapider dans la confusion, l’improvisation et les règlements de comptes politiques.
La dérive de la justice

Le procès politique intenté à l’ancien Président de la République illustre la faillite du système judiciaire instrumentalisé.
Le ministère public, incapable d’apporter des preuves crédibles, s’est embrouillé dans des contradictions grotesques : identification d’un prévenu par la Haute Cour confirmant sans équivoque sa nationalité congolaise, puis volte-face orchestrée par des avocats improvisés, recrutés non pour la vérité, mais pour la cause partisane.
Les prétendus « témoignages » reposent sur des rumeurs invérifiables, des enregistrements douteux, sans contradictoire ni vérification.
Un procès où l’accusation et la défense se contredisent dans le même camp, où l’on change l’identité de l’accusé en cours de route, où l’on brandit la thèse absurde d’une « double tête », n’est pas une justice, mais une farce. C’est un théâtre politique qui abîme la dignité de l’État et ridiculise l’idée même de droit.
L’obsession du bouc émissaire
Félix Tshisekedi et son régime ont fait de l’ancien Président Joseph Kabila le paratonnerre de leurs échecs. Plutôt que d’expliquer pourquoi le M23, défait en 2013, a été invité à Kinshasa, logé et nourri aux frais du Trésor public pendant 14 mois, plutôt que de rendre compte des négociations opaques menées à Doha et à Washington, plutôt que de clarifier les accords militaires conclus avec l’Ouganda alors que les massacres continuent en Ituri, on préfère fabriquer une fiction : Kabila, « parrain du M23 ».
Mais si tel était le cas, pourquoi Félix Tshisekedi aurait-il lui-même reconnu en 2019 hériter d’un pays uni et pacifié ? Pourquoi aurait-il négocié en catimini avec Kagame, qu’il jurait ne jamais rencontrer ? Pourquoi aurait-il signé des accords humiliants qui consacrent le Rwanda et le M23 comme acteurs majeurs de la crise congolaise, au mépris de la souveraineté nationale ?
Le vrai danger
Le vrai danger n’est pas Kabila. Le vrai danger, c’est une gouvernance erratique, populiste et revancharde qui fragilise l’unité nationale et ouvre la voie à la balkanisation. C’est une justice transformée en instrument de persécution, au lieu d’être la gardienne de l’équité et de la cohésion.
C’est un pouvoir obsédé par la diabolisation de l’adversaire, pendant que les Congolais meurent chaque jour à Beni, en Ituri, au Nord-Kivu.
Pour une vraie justice
La République a besoin d’une justice forte, indépendante, équitable. Une justice qui protège les faibles et non qui sert les forts. Une justice qui réconcilie au lieu de diviser. Une justice qui rend possible le dialogue inclusif, sous l’égide d’institutions crédibles comme la CENCO et l’ECC, seules encore respectées par notre peuple.
Sans ce retour à la raison et à l’État de droit, la RDC court vers la fragmentation et la révolte. L’histoire retiendra que ceux qui ont transformé la justice en arme politique auront creusé le lit du chaos.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku. Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
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