
Politique
« Nous sommes ici pour discuter de partenariat, mais le sens du terme varie selon les personnes. Pour certains, il s’agit de donner des instructions et de faire des conneries. Pour d’autres, il s’agit de se plaindre ». Voilà en clair la substance de la réponse de Paul Kagame à la main tendue de Félix Tshisekedi pour faire la paix. Alors que le chef de l’État congolais estime que l’heure de la désescalade du conflit qui endeuille l’est de la RDC a sonné, son homologue rwandais lui, ne voit pas les choses de cette manière. Kagame se dédouane et invite Tshisekedi à éteindre lui-même le brasier congolais.
Paul Kagame n’est pas prêt à saisir la main tendue de Félix Tshisekedi et fumer le calumet de la paix. Pour la première fois depuis le début de la crise, le dirigeant congolais a, à l’occasion du « Global Gateway Forum 2025 » tenu à Bruxelles, lancé jeudi un appel au dirigeant rwandais pour restaurer la paix, en lui demandant d’ordonner le retrait des troupes du M23 soutenues par son armée. Une demande pas au goût de Kigali. Du côté rwandais, la réaction n’a pas tardé. Paul Kagame a répondu avec ironie en qualifiant Félix Tshisekedi d’une personne qui fait du bruit avec un tambour vide. Le dictateur rwandais poursuit en haranguant que « face à une telle personne, il faut tout simplement l’ignorer ».
Dans ce torrent de réactions, le ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, surnommé « ministre des réseaux sociaux », n’a pas raté l’occasion de compléter son patron. Il affirme que seul le président Tshisekedi peut mettre fin à l’escalade en arrêtant d’afficher, selon lui, une attitude belliqueuse, notamment des menaces publiques d’invasion du Rwanda ou de bombardement de Kigali, sans mentionner des insultes indignes contre le président Kagame.
Dans sa diatribe, le jeune disciple du maître de Kigali demande au chef de l’État congolais de cesser de soutenir « des génocidaires FDLR, en les expulsant de son armée et en les neutralisant, comme l’exige l’accord de paix de Washington ». Il peut le faire en désarmant la milice criminelle Wazalendo, qu’il a créée, armée et financée, une milice qui est aujourd’hui passée maître dans les discours de haine et dans la persécution des Congolais tutsi. Il peut le faire en cessant de recourir « aux soldats burundais et aux mercenaires, hier roumains et aujourd’hui colombiens, ce qui est une violation flagrante d’une résolution de l’OUA de 1977 et d’une Convention de l’ONU de 1989 ».
Le chef de la diplomatie rwandaise ne s’arrête pas là. Olivier Nduhungirehe conseille le successeur de Kabila « d’arrêter les bombardements quotidiens de ses avions de chasse et ses drones d’attaque dans l’est de la RDC, y compris sur les villages des Banyamulenge et des zones densément peuplées, en violation de l’accord de paix de Washington et la déclaration de principes de Doha ».
Arrogant, le ministre Nduhungirehe décrit avec mépris l’appel du président Tshisekedi comme une comédie politique ridicule qui consiste à abuser d’une tribune d’un sommet important de partenariat économique, comme le Global Gateway Forum, pour lancer des accusations et mensonges éhontés contre un chef d’État, avant de se faire passer pour une victime d’un conflit qu’il a lui même provoqué.
Tshisekedi stratège ?
Même les Congolais ont été surpris par l’attitude adoptée par le président Félix à Global Gateway Forum 2025. Certains analystes estiment que Tshisekedi joue la carte de la haute diplomatie, en prouvant au monde sa bonne foie de vouloir mettre fin au conflit qui l’oppose à son voisin. Prenant la parole pour s’adresser à plusieurs dirigeants du monde, il a invité directement Paul Kagame à agir pour mettre un terme à l’escalade des tensions, tout en exprimant sa volonté de suspendre toute demande de sanctions contre le Rwanda en attendant la réponse de Kagame. « Je préfère retarder mon appel à des sanctions contre le Rwanda pour l’instant, jusqu’à ce que le président Kagame réponde à ma demande. Je n’ai jamais manifesté une attitude belliqueuse envers le Rwanda, l’Ouganda, ou l’un de mes neuf autres voisins. Nous sommes les seuls à pouvoir arrêter cette escalade. L’Afrique a besoin de passer à autre chose. Prenons le courage de nous regarder en face, de dire ce qui ne va pas et de prendre les bonnes décisions pour nos populations », s’est-il adressé frontalement à Kagame.
En costume de pacifiste, Félix Tshisekedi plaide pour un rapprochement entre les deux capitales (Kinshasa et Kigali) et une meilleure entente entre les peuples du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Toutefois, cela nécessite, de l’avis de Tshisekedi, que Kagame ordonne aux troupes du M23, soutenues par les RDF, de se retirer du territoire congolais en vue de mettre un terme à la guerre.
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Paul Kagame refuse la main tendue de Félix Tshisekedi pour faire la paix @Photo Droits tiers.