
Provinces
Le sourire aux lèvres, Jean-Paul, cultivateur de la région, charge sac après sac de haricots dans un camion stationné à Komanda. « Pendant près de deux ans, mes récoltes pourrissaient sur place. Aujourd’hui, l’espoir renaît avec cette route qui nous reconnecte au reste du pays », confie-t-il, les mains encore terreuses du labeur des champs. Comme lui, des milliers d’agriculteurs de l’Ituri respirent enfin après la réouverture tant attendue du tronçon Luna-Komanda.
Cette réhabilitation routière de 70 kilomètres sur la RN4 représente bien plus qu’une simple voie de circulation. Elle symbolise la reconquête d’un territoire longtemps paralysé par l’insécurité. Comment une région considérée comme le grenier de l’Ituri et du Nord-Kivu pouvait-elle rester isolée, ses richesses agricoles condamnées à l’enfermement ? La question hantait les esprits depuis que les rebelles ADF avaient rendu cet axe impraticable.
Le partenariat entre l’ONG PREMIDIS et l’armée ougandaise a permis de relever ce défi sécuritaire et technique. « Sans le déploiement des militaires ougandais pour sécuriser le chantier, nous n’aurions jamais pu travailler normalement », reconnaît un responsable des travaux. Les interruptions répétées dues aux menaces des groupes armés avaient considérablement ralenti l’avancement du projet pendant ces deux années de lutte contre le temps et l’insécurité.
Les conséquences de cette réouverture dépassent largement le simple confort des usagers. « Désormais, nos produits agricoles pourront atteindre les marchés de Bunia et Beni en quelques heures au lieu de jours entiers de détour », se réjouit Marie, commerçante à Luna. Le désenclavement du Nord-Kivu et de l’Ituri ouvre des perspectives économiques immenses pour une région dont le potentiel agricole restait entravé par l’isolement.
Mais au-delà des retombées économiques, la réhabilitation de la route Luna Komanda revêt une dimension stratégique cruciale. Les sources sécuritaires s’accordent sur un point : cet axe va considérablement faciliter les opérations militaires contre les ADF. La mobilité des troupes et le ravitaillement logistique deviennent possibles, offrant un avantage tactique longtemps attendu dans la lutte contre l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Les transporteurs, premiers bénéficiaires de cette réouverture, gardent cependant une prudence mesurée. « Avant, nous devions emprunter des trajets deux à trois fois plus longs par Mambasa ou Kainama. Maintenant, nous appelons le gouvernement à déployer des militaires le long de la route pour sécuriser définitivement le trafic », plaide un chauffeur de poids lourd. La mémoire des attaques sous escorte militaire reste vive dans les esprits.
Les autorités coutumières des centaines de villages riverains voient dans cette infrastructure bien plus qu’une simple voie de circulation. « Cette route, c’est notre cordon ombilical avec le monde extérieur. Elle signifie la fin de l’isolement pour nos écoles, nos centres de santé et nos marchés », souligne un chef traditionnel. Le désenclavement apporte avec lui l’espoir d’un développement longtemps différé.
La réhabilitation de la route Luna Komanda pose cependant une question fondamentale : jusqu’à quand cette victoire contre l’enclavement durera-t-elle ? L’entretien régulier et la sécurisation permanente restent les prochains défis à relever. Les habitants, tout en célébrant cette avancée, gardent les yeux tournés vers l’avenir, espérant que cette réouverture marque le début d’une nouvelle ère de stabilité et de prospérité pour toute la région.
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