
Politique
La scène politique congolaise offre aujourd’hui un spectacle de division qui contraste singulièrement avec la stabilité affichée par le pouvoir. Alors que l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila se faisait récemment adouber chef de file du mouvement «Sauvons la RDC » lors d’un conclave à Nairobi, cette tentative d’unification de l’opposition semble déjà avoir échoué avant même d’avoir véritablement commencé.
La réunion de Nairobi, que Kinshasa n’a pas hésité à qualifier de « complot » contre la République, a surtout révélé les profondes fractures qui traversent l’opposition congolaise. L’absence notable de Martin Fayulu et de Delly Sesanga, deux figures majeures de la contestation, sonne comme un désaveu cinglant pour Joseph Kabila et sa prétention au leadership de l’opposition.
Cette division n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui une dimension particulièrement criante. Chaque leader semble poursuivre sa propre stratégie, défendre ses intérêts particuliers et contester la prééminence des autres.
Le mouvement « Sauvons la RDC » apparaît ainsi, non pas comme une force unie, mais comme une coalition de circonstance dont les bases sont déjà fragilisées.
TSHISEKEDI, BENEFICIAIRE DIRECT DES DIVISIONS ADVERSES
Face à cette opposition qui évolue en ordre dispersé, le Président de la République, Félix Tshisekedi, se trouve dans une position de force incontestable. Fort de la majorité conquise au sein de l’Union sacrée de la nation, le Chef de l’État peut constater que ses principaux adversaires s’épuisent dans des querelles de leadership et de luttes d’influence.
Cette dispersion des forces de l’opposition profite, à tout point de vue, au pouvoir en place. Elle lui permet de consolider son assise, de mener ses réformes sans résistance structurée et de préparer sereinement les prochaines échéances électorales de 2028.
Félix Tshisekedi apparaît ainsi comme le seul acteur capable de rassembler et de diriger, du moins dans le camp présidentiel.
QUEL AVENIR POUR L’OPPOSITION CONGOLAISE ?
La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si l’opposition parviendra à surmonter ses divisions, avant les prochaines échéances électorales. Les tentatives d’unification comme celle de Nairobi montrent leurs limites, et la désignation d’un leader commun semble plus compromise que jamais.
Pendant ce temps, Félix Tshisekedi continue de consolider sa position, profitant de l’incapacité de ses adversaires à former un front commun.
Le paysage politique congolais ressemble de plus en plus à une partie d’échecs où Félix Tshisekedi jouerait contre plusieurs adversaires qui refusent de s’allier.
À moins d’un sursaut rapide et improbable de l’opposition, Tshisekedi semble donc parti pour rester le seul maître du jeu politique congolais pour longtemps encore. Une situation qui, si elle arrange le pouvoir en place, n’est pas sans inquiéter les défenseurs d’une démocratie vivante et pluraliste.
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