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Politique

Diongo saisit l’ONU contre la « dérive autoritaire » du régime

2025-11-07
07.11.2025
2025-11-07
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Franck Diongo, le radical opposant au régime Tshisekedi @Photo Droits tiers.

Depuis Bruxelles, un cri d’alarme retentit aux portes des Nations unies. Dans une lettre solennelle adressée le 4 novembre 2025 à Mr Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, l’opposant Franck Diongo, coordonnateur général du Mouvement radical pour le changement (MRC) et président du Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), dénonce ce qu’il qualifie de « dérive liberticide sans précédent » en République démocratique du Congo.

Ancien prisonnier politique, Diongo s’érige en porte-voix d’une opposition qu’il juge « asphyxiée, bâillonnée et menacée d’éradication pure et simple ». Dans sa correspondance de plusieurs pages, il alerte sur les atteintes manifestes aux libertés politiques, au pluralisme démocratique et aux droits fondamentaux, après que le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a pris une série d’arrêtés suspendant plusieurs partis d’opposition, avant de saisir le Conseil d’État pour leur dissolution définitive.

 Une décision jugée « arbitraire et illégale » 

Les formations visées ne sont pas des moindres : PPRD, MLP, LGD, PISTE, UDA, ATD, COFEDEC, PNEC, UPC, ADCP, MPCR et AAP figurent toutes sur la liste noire du ministère. Selon le communiqué officiel du 31 octobre 2025, ces suspensions seraient motivées par des « violations de principes de consolidation de l’unité nationale, de préservation de la souveraineté de l’État et de la sécurité du territoire », des justifications que l’opposition qualifie de fallacieuses et politiquement instrumentalisées.

Pour le leader du MLP, ces décisions ont été prises en dehors de tout cadre légal, « sans notification préalable, sans audition ni procédure contradictoire », violant ainsi les principes élémentaires du droit de la défense et les garanties constitutionnelles fondamentales. Le radical opposant invoque nommément les articles 22 et 23 de la Constitution congolaise, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. « Il s’agit d’une tentative manifeste d’éliminer toute opposition politique organisée, dans un climat de répression, d’arrestations arbitraires et de musellement des libertés », écrit-il, accusant le pouvoir en place d’instrumentaliser les institutions publiques à des fins partisanes.

 Une saisine internationale pour briser le silence 

Face à ce qu’il qualifie de « tournant périlleux pour la démocratie congolaise », le MRC en appelle à une intervention urgente du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Diongo réclame expressément :

1. L’interpellation du gouvernement congolais sur la légalité de ces décisions ;

2. L’envoi d’une mission d’enquête internationale pour évaluer la situation des libertés politiques et du respect de l’État de droit ;

3. La levée immédiate des arrêtés de suspension et l’arrêt des procédures de dissolution ;

4. L’ouverture d’un dialogue politique inclusif, seul gage, selon lui, de paix et de stabilité institutionnelle.

La démarche de Diongo s’inscrit dans le cadre d’une diplomatie de la résistance. Sa lettre a également été transmise à António Guterres, Josep Borrell, Louise Mushikiwabo, Volker Perthes, ainsi qu’à plusieurs missions diplomatiques occidentales à Kinshasa.

 Une République sous tension politique 

Dans son communiqué, le ministère de l’Intérieur justifie ces mesures drastiques par le contexte sécuritaire et les exactions commises par la coalition M23/AFC, accusée d’agir en supplétif de l’armée rwandaise. Le texte officiel évoque 123 cas d’assassinats, 223 viols, des centaines d’enlèvements et de recrutements forcés, ainsi que des bombardements de zones habitées dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Des accusations graves, utilisées selon l’opposition comme prétexte politique pour réduire au silence toute voix dissidente.

Le ministère affirme également fonder ses décisions sur la loi n°04/002 du 15 mars 2004 relative à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques, notamment ses articles 5, 29, 30 et 31. Mais pour les partis suspendus, cette invocation du droit n’est qu’un habillage juridique d’une offensive politique visant à confisquer l’espace démocratique, à la veille d’échéances électorales internes cruciales.

 Une stratégie mise à nu 

La lettre de Franck Diongo, empreinte de rigueur juridique, se veut avant tout un plaidoyer pour la survie du pluralisme congolais. « Ces dérives compromettent dangereusement la crédibilité du processus démocratique et la stabilité nationale », a-t-il averti. Derrière ce cri d’alarme, se lit la peur d’un retour à l’État parti unique, où la contestation politique serait assimilée à la subversion. Le ton, mesuré mais implacable de l’opposant au régime, s’adresse autant à la communauté internationale qu’à l’opinion publique congolaise, rappelant que « la démocratie congolaise ne saurait se réduire au monologue du pouvoir ».

Le MRC, dans sa conclusion, réaffirme son attachement indéfectible à la justice sociale et aux droits fondamentaux, et appelle à la vigilance internationale pour éviter que le Congo ne bascule dans une ère de censure et d’intimidation institutionnalisée. Depuis son exil bruxellois, Franck Diongo se dresse, tel un héraut de la mémoire démocratique congolaise, contre ce qu’il décrit comme une « confiscation méthodique de l’opposition ».

Son geste consistant à saisir directement le Haut-Commissariat des Nations unies traduit la perte de confiance d’une partie de la classe politique dans les mécanismes internes de recours, désormais perçus comme inféodés à l’exécutif.

Le bras de fer entre le pouvoir congolais et l’opposition entre dans une phase d’escalade institutionnelle. Et à travers cette lettre ouverte au monde, Franck Diongo et ses pairs ne demandent pas seulement justice, ils réclament le droit de continuer d’exister politiquement.

Chrioni Kibungu
Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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ki rebellions ezo simba lisusu te yango bazongeli ONU

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Il y a 98 jours
Bakangaki yo kuna te pona nini?

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