
Société
Ce vendredi 2 janvier 2026, la République démocratique du Congo commémore le douzième anniversaire de l’assassinat du colonel Mamadou Ndala Moustapha, figure emblématique des Forces armées de la RDC (FARDC), tombé le 2 janvier 2014 dans des circonstances jamais totalement élucidées.
Héros national, Mamadou Ndala s’était illustré en 2013 dans la lutte contre la rébellion du M23 au Nord-Kivu, en tant que commandant du 42ᵉ bataillon commandos de la force de réaction rapide. Aux côtés du général Jean-Lucien Bahuma Ambamba, il fut l’un des principaux artisans de l’opération militaire « Pomme Orange », qui avait permis de neutraliser le M23 et de le contraindre à fuir vers le Rwanda et l’Ouganda, après plusieurs semaines de combats intenses, notamment autour de la ville stratégique de Goma.
Fort de cette victoire, l’officier supérieur avait été redéployé à Beni pour lancer des offensives contre les terroristes ADF, responsables de massacres ciblés contre les populations civiles. Mais avant même l’ouverture effective des hostilités, Mamadou Ndala est assassiné à Ngadi, dans le territoire de Beni. Élevé à titre posthume au grade de général de brigade, il demeure, douze ans après, un symbole de courage, de discipline et d’efficacité militaire.
Douze ans après la disparition de ce vaillant soldat, le constat est amer. La RDC se retrouve confrontée à la même rébellion qu’en 2013, dans un contexte sécuritaire encore plus préoccupant. Le M23, que l’on croyait définitivement vaincu, a refait surface avec une capacité militaire renforcée et un contrôle territorial sans précédent.
Contrairement à 2012, où la rébellion n’occupait que le territoire de Rutshuru, une partie de Nyiragongo et, brièvement, la ville de Goma, le M23 contrôle aujourd’hui cinq des six territoires du Nord-Kivu : Rutshuru, Masisi, une partie de Walikale, une partie de Lubero et une partie de Nyiragongo. Dans le Sud-Kivu, plusieurs territoires, notamment Kalehe, Walungu et Fizi, sont également affectés par le conflit.
Ce retour en arrière pose une question fondamentale : la RDC a-t-elle réellement tiré les leçons de la victoire militaire de 2013 ? L’absence de réformes profondes des services de sécurité, la persistance des infiltrations, ainsi que la faiblesse de la réponse stratégique face à l’agression rwandaise présumée, semblent avoir annihilé les sacrifices consentis par les FARDC, dont celui de Mamadou Ndala.
Douze ans après, l’héritage du colonel Mamadou Ndala apparaît ainsi comme un rappel douloureux : sans vision stratégique durable, sans réforme structurelle et sans volonté politique ferme, les victoires militaires restent fragiles et réversibles.
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