
Politique
L’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémie Mwilanya, a rompu le silence sur les coulisses du départ de l’ex-Président congolais du pouvoir, évoquant un « sacrifice politique » dicté par la volonté d’éviter un bain de sang et de préserver l’unité nationale. Sur TV5 Afrique, il attribue ce choix à de fortes pressions internationales consécutives à la révision du Code minier ; accuse le régime de Félix Tshisekedi d’avoir cédé sur la souveraineté des ressources naturelles ; et estime que l’expérience du pouvoir actuel a, selon lui, permis aux Congolais de « redécouvrir » le véritable bilan de Joseph Kabila.
Invité sur le plateau de TV5 Afrique, le professeur Néhémie Mwilanya est longuement revenu sur les circonstances du départ de son ancien patron du pouvoir ainsi que sur sa lecture critique de la gouvernance actuelle de la République démocratique du Congo. Une intervention marquée par un plaidoyer en faveur de l’héritage de Joseph Kabila et une charge sévère contre le régime de son successeur, Félix Tshisekedi.
Interrogé sur les raisons ayant conduit Joseph Kabila à quitter le pouvoir alors qu’il était encore jeune et solidement installé à la tête de l’État, Néhémie Mwilanya évoque un « sacrifice politique » motivé, selon lui, par l’amour du pays et la volonté d’éviter une déstabilisation majeure. L’ancien directeur de cabinet soutient que le Président sortant a fait le choix de partir afin de préserver la paix et permettre la première alternance pacifique de l’histoire politique congolaise, au prix de son propre pouvoir.
À en croire Néhémie Mwilanya, le tournant décisif est intervenu au moment de la révision du Code minier. Il affirme que cette réforme, destinée à renforcer le contrôle de l’État congolais sur l’exploitation de ses ressources naturelles et à accroître les retombées sociales pour la population, avait suscité de fortes résistances au sein de certaines puissances occidentales et d’intérêts multinationaux. Il évoque des pressions, des menaces et des tentatives d’intimidation visant, selon lui, à contraindre le régime de l’époque à renoncer à cette politique minière souverainiste.
Dans cette logique, l’ancien collaborateur de Joseph Kabila soutient que plusieurs mouvements citoyens et organisations de la société civile avaient émergé dans un contexte de tensions politiques exacerbées, avec pour objectif "de fragiliser le pouvoir en place et de ternir l’image du chef de l’État d’alors". Une lecture contestée par ces organisations, mais que Néhémie Mwilanya assume pleinement dans son analyse.
Comparant la gestion des ressources naturelles sous Joseph Kabila à celle de l’actuel chef de l’État, Néhémie Mwilanya accuse Félix Tshisekedi d’avoir cédé, selon ses termes, aux pressions étrangères, notamment américaines, en acceptant des accords qu’il juge défavorables à la souveraineté économique de la RDC. Il estime que ces choix auront, à moyen et long terme, des conséquences lourdes pour la population congolaise, en particulier sur le plan social et fiscal.
L’ancien directeur de cabinet établit également un lien entre ces orientations économiques et la situation sécuritaire dans l’est du pays, affirmant que la perte de contrôle de certains territoires et la persistance de l’insécurité "traduisent un affaiblissement de l’État sous l’actuelle gouvernance". Là encore, il oppose cette situation à la période antérieure, qu’il présente comme plus stable sur le plan sécuritaire.
Sur le plan social, Néhémie Mwilanya dénonce une pression fiscale qu’il juge excessive sur une population déjà appauvrie, citant notamment la multiplication des taxes et le coût élevé de certains services administratifs. Il s’appuie sur des données attribuées à la Banque mondiale pour affirmer que la majorité des Congolais vivent aujourd’hui dans une précarité extrême. Une situation qu’il considère comme inédite depuis l’indépendance.
En conclusion, Néhémie Mwilanya affirme que le recul historique permettrait, désormais, aux Congolais de distinguer la « propagande » de la réalité du bilan de Joseph Kabila. Il estime que l’expérience du pouvoir actuel a contribué à réhabiliter, dans l’opinion publique, l’image de l’ancien Président.
« L’histoire nous jugera », a-t-il martelé, convaincu que le débat sur la gouvernance passée et présente de la RDC restera ouvert.
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Le Professeur Néhémie Mwilanya lors d’une interview accordée à TV5 Afrique [photo d’illustration]