
Politique
Alors que la République Démocratique du Congo s’achemine vers un nouveau cycle de concertations politiques, les réactions se multiplient au sein de la classe politique et de la société civile. La voix de Jean-Claude Katende, acteur engagé de la société civile congolaise, est l'une des voix qui s’élèvent avec gravité. “ Un dialogue sans justice, c'est un dialogue qui ne changera rien. Il y a trop de récidivistes dans ce pays. Attendons voir.”, peut-on lire dans un message publié dans son compte X.
Cette déclaration, brève mais lourde de sens, résume les inquiétudes qui entourent la perspective d’un dialogue national présenté par ses initiateurs comme dialogue national pour apaiser les tensions, restaurer la confiance et consolider la cohésion nationale. Les partisans du processus estiment qu’un cadre inclusif réunissant majorité, opposition, société civile, confessions religieuses et représentants des forces vives permettrait d’aboutir à des réformes consensuelles.
Mais pour de nombreux observateurs, l’histoire récente du pays invite à la prudence. La notion de « récidivistes » évoquée par Jean-Claude Katende fait référence, selon plusieurs analystes, aux acteurs politiques accusés d’avoir participé à des accords antérieurs sans en respecter les engagements. Les dialogues passés, bien que porteurs d’espoir, ont parfois débouché sur des compromis temporaires, suivis de nouvelles crises.
Pour une partie de l’opinion, le problème ne réside pas dans le principe du dialogue en lui-même, mais dans l’absence de mécanismes contraignants garantissant l’application des résolutions adoptées. Les violations des accords, les détournements de fonds publics ou les atteintes aux droits humains ont rarement donné lieu à des poursuites judiciaires exemplaires. « Un dialogue sans justice » signifie donc, pour ses détracteurs, un processus politique qui ignorerait les responsabilités individuelles et collectives dans les crises passées.
Sans vérité ni reddition des comptes, préviennent-ils, le dialogue risque de se transformer en simple arrangement politique. Entre-temps, dans les rues de Kinshasa comme dans d’autres grandes villes, les avis sont partagés. Certains citoyens voient dans le dialogue une opportunité de désamorcer les tensions et d’éviter une escalade. D’autres redoutent un scénario déjà connu, c'est-à-dire, négociations à huis clos, partage de postes et maintien du statu quo.
La question centrale demeure celle de l’inclusivité et de la transparence. Qui participera réellement aux discussions ? Les victimes des violences et des abus seront-elles entendues ? Les conclusions du dialogue seront-elles juridiquement contraignantes ? Pour plusieurs organisations de défense des droits humains, la crédibilité du futur dialogue dépendra de l’intégration d’un volet justice clair, enquêtes indépendantes, poursuites contre les auteurs des infractions graves, respect de l’État de droit et garanties de non-répétition.
Sans cela, préviennent-elles, le processus pourrait renforcer le sentiment d’impunité et fragiliser davantage la confiance des citoyens envers les institutions. En déclarant « Attendons voir », Jean-Claude Katende exprime une attente prudente, presque résignée. Entre volonté d’apaisement et exigence de justice, le dialogue à venir apparaît comme un test majeur pour la maturité politique du pays. La réussite de cette initiative dépendra moins des discours que de la capacité des acteurs à rompre avec les pratiques du passé et à placer la justice au cœur de la réconciliation nationale.
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