
Politique
C’est une initiative historique et courageuse. Alors que la République Démocratique du Congo traverse une période critique d’agression étrangère et de négociations fragiles, une proposition de loi vient cristalliser l’exigence de dignité et de souveraineté longtemps bafouée. Portée par l’honorable Trésor Lutala Mutiki, élu de Mwenga au Sud-Kivu, cette proposition de loi vise une chose simple, évidente, et pourtant révolutionnaire dans le contexte congolais: empêcher que ceux qui ont pris les armes contre la Nation, qui ont semé la terreur et tué des Congolais, ne puissent un jour se retrouver aux commandes de ses institutions souveraines.
Il est temps de nommer les choses par leur nom. Pendant des décennies, le cycle infernal a persisté: la rébellion, la violence, puis, au nom d’une paix bancale, l’intégration des chefs rebelles dans les hautes sphères de l’armée, de la police, du renseignement ou de la diplomatie. On a récompensé la trahison. On a institutionnalisé l’impunité. On a confondu dialogue avec capitulation morale.
Le message envoyé était désastreux: prendre les armes contre l’État pouvait être un raccourci vers le pouvoir et les privilèges. La proposition de loi Mutiki un est verrou. Il vient briser ce mécanisme pervers. Son objectif est d’une clarté et d’un bon sens absolus: sanctuariser les institutions républicaines. Comment, en effet, imaginer qu’un individu ayant combattu pour détruire l’État, ayant versé le sang de ses concitoyens, puisse ensuite prétendre le défendre, le représenter ou en rendre la justice? C’est une contradiction fondamentale, une insulte à la mémoire des victimes et un poison pour la confiance des citoyens en leur République.
Cette loi n’est pas un acte de vengeance, mais un acte fondateur de justice et de prévention. L’Honorable Mutiki le dit avec force: «Cette loi n’est pas une arme contre qui que ce soit, c’est un bouclier pour la Nation». Un bouclier contre l’infiltration, contre la déloyauté chronique, contre la banalisation de la haute trahison. Elle trace une ligne rouge républicaine infranchissable: on peut, et on doit, œuvrer à la réinsertion des combattants dans la vie civile. Mais la gestion des leviers de sécurité et de souveraineté de l’État est réservée à ceux qui y ont toujours cru, qui l’ont servi et défendu.
Dans le contexte actuel des pourparlers de Doha, cette initiative est un rappel salutaire. Elle affirme que la paix n’a pas de prix, mais qu’elle a des conditions. La principale est que la paix ne doit pas se construire sur l’amnésie et le reniement des principes. «La paix ne doit plus être un marché politique, mais une promesse de justice», déclare le parlementaire. Il s’agit de construire une paix durable, fondée sur la force et l’intégrité des institutions, et non sur leur fragilisation par la cooptation de leurs anciens bourreaux. Le large soutien politique transpartisan que cette proposition commence à recueillir est le signe d’une maturation collective. Il traduit une volonté de rompre enfin avec les errements du passé pour bâtir une RD-Congo forte, intègre et respectée. C’est une question de cohérence nationale et de survie de l’État de droit.
Le mur Mutiki est bien plus qu’un texte législatif. C’est une déclaration d’indépendance morale pour le pays entier. C’est l’affirmation qu’un pays ne se relève pas en courtisant ceux qui l’ont détruit, désacralisé et abattu, mais en honorant ceux qui sont restés fidèles et en se dotant de règles qui protègent son avenir. C’est une proposition de bon sens, de courage et de véritable patriotisme. Le Parlement et le Gouvernement ont aujourd’hui l’occasion historique de l’adopter pour envoyer un message sans équivoque: en RD-Congo, la trahison ne sera plus une voie d’accès au pouvoir. La Nation se protège, pour de bon.
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