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Le siège de la FECOFA, sur l’avenue de la Justice à Kinshasa, n’a jamais aussi bien porté son nom. Au moment où le football congolais cherche son nouveau souffle, deux noms sortent du chapeau pour la présidence. Deux anciens buteurs, deux carrières européennes, mais deux histoires radicalement opposées vis-à-vis du drapeau.
D’un côté, Shabani Nonda. De l’autre, Aziz Makukula. Si le terrain les a parfois réunis par le talent, l’histoire, elle, les sépare par la loyauté.
Nonda : Le mécène des années de braise
Il faut avoir la mémoire longue pour comprendre pourquoi le nom de Shabani Nonda fait vibrer les cordes sensibles du Grand Marché de Kinshasa jusqu’aux plateaux de Fizi / Baraka.
Au début des années 2000, le football congolais n’était qu’un champ de ruines. Les « Simba » de l’époque ne voyageaient pas en jet privé, ils erraient dans les aéroports, mendiant presque leur logistique.
À cette époque, Nonda n’était pas seulement le « Prince de Monaco » ou le successeur du champion du monde 98’ D. Trezeguet sur le Rocher. Il était le poumon d’une sélection à l’agonie.
Combien d’interventions ponctuelles ont été réglées de sa propre poche pour éviter l’humiliation d’un forfait ? Nonda n’était pas qu’un capitaine ; il était l’État là où celui-ci avait démissionné. Il a choisi de porter le maillot bleu-jaune quand il pesait des tonnes de plomb, risquant sa carrière et ses genoux pour une nation qui ne pouvait rien lui offrir en retour, si ce n’est l’amour de son peuple.
Makukula : L’éclat de la Seleção, le silence du pays
Face à lui, Aziz Makukula présente un CV clinquant. Séville, Benfica, le Portugal. Mais c’est bien là que le bât blesse pour les passionnés du foot congolais. Pendant que Nonda transpirait dans l’anonymat des stades africains délabrés pour sauver l’honneur national, Makukula, lui, arborait fièrement le maillot de la Seleção et profitait aisément d’un climat méditerranéen.
Certes, le talent ne se discute pas. Mais la légitimité pour diriger le destin du football national se forge dans l’adversité, pas dans le confort des centres d’entraînement de Lisbonne.
À l’époque où la RDC criait à l’aide, Aziz Makukula écoutait l’hymne portugais aux côtés de Deco ou Cristiano Ronaldo. Son attache avec la terre de ses ancêtres était alors un lointain souvenir, une identité mise entre parenthèses au profit d’une ambition européenne.
Peut-on aujourd’hui réclamer les clés de la maison du football national quand on n’a pas aidé à en colmater les fuites lors des grandes tempêtes ?
Le candidat du peuple
Pour les électeurs comme pour la rue, ce choix dépasse la simple gestion administrative : c’est une question de dette morale. Shabani Nonda est le candidat du peuple, celui qui a « mangé la poussière » aux côtés des supporters. Il incarne cette figure paternelle ayant préservé le football congolais de la noyade.
Son projet de société mérite amplement d’être mis en œuvre, notamment pour:
Si la FECOFA doit entamer sa révolution, elle ne pourra le faire qu’avec un homme qui connaît la valeur du sacrifice national.
Shabani Nonda n’a pas seulement marqué des buts ; il a maintenu l’espoir. Entre le mercenaire de luxe et le soldat fidèle, le peuple a déjà choisi son Président.
Le fauteuil de la FECOFA n’est pas un trophée de plus pour une vitrine personnelle, c’est un poste de combat et d´engagement pour le bien-être social et intégral des footballeurs, toute catégorie confondue.
Et à ce jeu-là, Nonda a déjà prouvé qu’il savait monter au front quand les caisses étaient vides.
Le verdict du terrain est attendu, mais le verdict du patriotisme, lui, est déjà tombé dans le cœur du peuple!
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(g à d) Shabani Nonda et Aziz Makukula