
Politique
C’est une fin de semaine décisive sur le plan politique que s’apprêtent à vivre les Congolais. Ce mercredi 28 décembre, dans le courant de la journée, le Premier ministre, Samy Badibanga, sera à l’Assemblée nationale pour présenter l’économie du projet de Budget de l’Etat pour l’exercice 2017. Il veut se donner les moyens d’exécuter les priorités de son programme gouvernemental.
Dans son discours d’investiture, le 22 décembre, le Premier ministre a fait beaucoup de promesses. Les Congolais ont retenu, entre autres, la gratuité de l’accouchement des femmes. La gratuité de l’école aura été l’une des promesses phares de Samy Badibanga. Il y a deux jours, le nouveau Gouvernement a sollicité et obtenu de l’Assemblée nationale, l’ouverture des crédits provisoires. Le 1/10ème du Budget rectificatif 2016. Environ 500 millions de dollars américains. Mais, avant de s’en aller, l’ancien Premier Ministre, Matata Ponyo, avait revu à la baisse le projet de Budget 2017, déposé à la fin du mois d’octobre à l’Assemblée nationale, qu’il n’a, malheureusement, pas pu défendre pour défaut de qualité, après la signature de l’Accord politique du 18 octobre dernier, à la cité de l’Union africaine. De 6 milliards en 2016, le Budget de l’Etat est descendu à 4 milliards Usd. La présentation de la loi de finances 2017 et, surtout, le débat général qui s’en suivra, permettra aux observateurs de s’apercevoir s’il sera possible d’organiser les élections dans les échéances.
Défis
Les échéances dont il est question, ici, sont celles fixées dans l’Accord du 18 octobre 2016. L’Accord qui a prévu des élections présidentielle et législatives nationales et provinciales combinées en une seule séquence et le même jour, en avril 2018. C’est de cet Accord qu’est issu le Gouvernement Samy Badibanga. Parallèlement, la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) annonce la reprise des négociations directes entre les signataires de l’Accord du 18 octobre et l’Opposition non-signataire incarnée par le Rassemblement et le Front pour le respect de la Constitution.
En principe, la signature d’un nouveau protocole d’Accord devrait intervenir le vendredi 30 décembre 2016. Dans ses grandes lignes, l’Accord politique à conclure prévoit le maintien pour une année du Président Kabila aux affaires. L’élection présidentielle et les législatives nationales seront organisées en décembre 2017. Le protocole d’Accord prévoit également que le Président Kabila fasse une déclaration de non-représentation. La Constitution, pendant la période transitoire, ne subirait aucune modification. Le Rassemblement obtient, en contrepartie, la direction du Comité de suivi chargé d’imposer le respect de l’Accord.
Le Rassemblement exige, au fait, qu’il puisse piloter le Gouvernement d’union nationale. Ce que refuseraient les signataires de l’Accord du 18 octobre. La Ceni est à restructurer, du moins, partiellement. Comme n’importe qui peut s’en rendre compte, deux logiques s’affrontent sur la scène politique rd-congolaise. Les uns veulent appliquer intégralement l’Accord du 18 octobre, quitte à torpiller la démarche de la CENCO ; les autres, par contre, soutiennent absolument la médiation de la CENCO pour la conclusion d’un Accord inclusif. Où donner de la tête ? Difficile à dire.
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